Service de Magharebia
Par: Abdelaziz Karraky

La déclaration des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine de rendre 2010 une année de paix et de sécurité dans le continent les place face à de nombreux défis, notamment : la démocratisation, l’éradication de la famine, et la promotion de la paix. Tous ces défis sont interdépendants et chevauchants, mais nous allons mettre l’accent surtout sur la paix. La crise en Somalie semble être un véritable défi pour l’Union africaine, et ce pour diverses raisons : 1) Cette crise n’est ni nouvelle, ni passagère, c’est une crise qui avait commencé il y a plusieurs années ; 2) Cette crise est le résultat de la guerre froide qui a changé beaucoup de données géopolitiques, et qui a conduit au déclin de l’importance de nombreuses régions qui ont bénéficié de cette guerre sur plusieurs niveaux, y compris la tolérance, l’absence de démocratie et l’acceptation de toutes sortes d’oppression et de violations en échange de l’adhésion à des traités quelconques. La Somalie était l’un des pays qui ont énormément bénéficié de cette situation, vu que la force de l’ancien Président Siad Barre, chassé du pouvoir le 26 Janvier 1991, avait augmenté, laissant la porte ouverte à toutes les possibilités et interprétations.
De nombreux clans qui composent le peuple somalien ont réapparu, notamment : Isa, Isaaq, Hawiye, Darod et Madjan. Le pouvoir de certains de ces clans – comme Hawiye – s’étend aux pays voisins. Mais le danger réel réside dans l’extrémisme rampant dans cette région, qui a commencé à s’inspirer des techniques d’al-Qaïda. Les batailles ne distinguent pas entre les gens, et se concentrent principalement sur l’objectif de faire tomber un maximum de victimes par les attaques terroristes. C’est ce qui s’est produit récemment lorsque deux voitures piégées ont explosé dans la base militaire africaine à Mogadiscio, ce qui constitue une preuve indéniable de la propagation du style terroriste d’al-Qaïda en Somalie, et du début de l’exploitation idéologique qui vise toutes les régions où les autorités de l’État sont faibles. De telles circonstances encouragent la pénétration des régions isolées et l’attraction davantage de personnes dans le but de mener des attentats suicides. On ne peut pas nier que les troupes africaines en Somalie jouent un rôle significatif dans l’établissement de la paix et la sécurité dans le pays, mais la question qui se pose est la suivante : l’armée peut-elle – avec toute sa force et ses moyens – éliminer l’extrémisme ? Surtout que l’extrémisme se base avant tout sur une certaine idéologie simple qui aide à rassembler des gens désespérés avec beaucoup d’aisance, pour bien les préparer avant de les engager dans des actions armées. En d’autres termes, la force de l’extrémisme réside dans le fait qu’il est basé sur une idéologie particulière, alors que la présence des armées africaines est basée sur d’autres aspects qui concernent principalement le maintien de légitimité. Par conséquent, on peut soulever ici une autre question cruciale : peut-on éliminer un mode de pensée par la force ? La réponse est certainement négative, car cela dépend de la création d’une idéologie opposée, qui, à mon avis, sera le véritable moyen pour lutter contre l’extrémisme, non seulement en Afrique mais dans le monde entier.
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Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a plus de 3 ans
Al-Batoul Bent Ismail, j’ai vraiment apprécié votre idée sur le fait que l’extrémisme est principalement basé sur une idéologie, et qu’il nécessite une autre idéologie pour le combattre. C’est vrai que cette idée est généralement correcte, mais je pense que la lutte contre l’extrémisme passe par un certain nombre d’étapes. Tout d’abord, sur le court terme, il devrait y avoir une intervention par le biais d’une approche de sécurité. Ensuite, les solutions doivent être planifiées sur le moyen et long terme, en invitant les intellectuels et tous les intervenants de la société à s’engager dans un processus intellectuel qui vise d’abord à étudier l’idéologie sur laquelle l’extrémisme est basé, pour créer ensuite une contre-idéologie qui promet le pluralisme, l’acceptation des autres, et le respect des libertés et des droits.
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Anonyme Il y a plus de 3 ans
Bonsoir, Professeur. Je ne suis pas d’accord avec vous cette fois sur ce que vous avez dit dans votre article, pour de nombreuses raisons, principalement : 1) la Somalie qui est devenue aujourd’hui une préoccupation tant pour les africains que pour la communauté internationale, est la même la Somalie qui a été abandonnée pour faire face à son sort toute seule, sans obtenir aucune aide pour la débarrasser de la famine et de l’instabilité ; 2) L’Union Africaine qui parle aujourd’hui de la promotion de la paix en Afrique, est la même Union qui a contribué à faire répandre l’instabilité dans certaines régions, comme le Sahara marocain, en acceptant le Polisario en tant que membre, tout en sachant que l’existence d’une entité artificielle dans cette région pourrait donner de la force et du soutien à l’extrémisme associé au terrorisme, ce qui constituera une menace pour l’Afrique et le monde entier, 3) Comment l’Union Africaine peut-elle parler de paix, alors qu’un pays qui établit l’action politique en Afrique, et qui supporte un grand nombre de mouvements de libération, n’est pas représenté dans l’Union, à savoir le Royaume du Maroc ? Hamoudi Oueld Bih.
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