Service de Magharebia
Par: Said Chekroun

À mesure que le temps passe, les signes de la religiosité sont ostensibles dans les pays du Maghreb. L’islamisation rampante constatée dans le sillage du printemps arabe s’accompagne, paradoxalement, de velléités liberticides nourries par les courants religieux qui se recrutent dans la mouvance des salafistes.
C’est que l’avènement des libertés publiques a donné libre cours à des bigoteries longtemps dissimulées, autrefois, dans des dévotions fardées. Cachées pour avoir été traquées par les régimes despotiques en place.
Chaque jour, la vie quotidienne répercute ici et là, en Algérie, en Tunisie, au Maroc ou en Libye des manifestations d’intolérance orchestrées par ceux qui ne font pas mystère de leur intention de faire appliquer la charia.
Les adeptes du salafisme s’inspirant des fatwas des conservateurs les plus rétrogrades, consistant en l’application à la lettre du Coran, sont en passe de répandre leurs idées. Et de les faire appliquer, par la persuasion, sinon par l’intimidation violente.
En pratique, cette tendance est circonscrite à l’accoutrement vestimentaire. Tunique, calotte et barbe pour les hommes ; voile ou tchador pour les femmes. Dans les villes algériennes, jupes et robes se raréfient. Les femmes qui s’obstinent à s’en nipper suscitent les railleries et les sobriquets des passants et des jeunes désœuvrés, sensibles aux arguties islamistes.
Un stratagème tout trouvé qui rime avec pression. Beaucoup d’entre elles ont cédé à celle-ci pour avoir la paix. En attendant de pouvoir supprimer la mixité dans les lieux publics.
Dans le fond, les milieux salafistes ne désespèrent pas de régenter la société à l’aune de leurs convictions, en scindant le comportement des gens en deux catégories : ce qui est licite, conforme aux préceptes religieux ; et ce qui ne l’est pas, qui relèverait, selon leur interprétation, de l’hérésie.
Cela se traduit par des atteintes graves aux libertés individuelles. Les tenanciers de bars, de débits de boisson l’apprennent chaque jour à leurs dépens.
En Algérie, l’administration et la mouvance islamiste semblent se donner le mot sur le principe du rétrécissement du nombre de bars et de débit de boissons alcoolisées. Le stratagème est simple : susciter une pétition des riverains, organiser un attroupement s’il le faut, et la licence est retirée à l’établissement du coin.
Dans certaines wilayas, c’est le préfet qui prend l’initiative d’interdire la commercialisation de l’alcool sur le territoire de sa circonscription. C’est le cas notamment à Jijel, Constantine, et Boumerdes.
Cela ne semble pas refreiner, cependant, le volume de la consommation puisqu’un marché parallèle clandestin se substitue aux fermetures.
Dans les localités reculées, loin des centres urbains, les groupes islamistes armés se font eux-mêmes justice.
En Kabylie où une forme de résistance semble s’imposer face à cette avancée, les descentes violentes dans les bars sont légion.
Ces expédients violents s’accompagnent d’un endoctrinement savamment entretenu dans les mosquées dont les imams jettent l’opprobre sur les arts, la musique, la culture et le monde occidental. Et vouent aux gémonies les mécréants. La liberté sous cette lorgnette, est paradoxalement celle qui s’autodétruit.
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Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a 6 mois
pauvre idiot que tu es . ce langage est dépassée , la vérité a éclaté . nul n’arrêtra la marche vers le droit chemin.
kada
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Anonyme Il y a 6 mois
Je suis très surpris par votre article car votre description des signes de religiosité n’est que des allégations et des apparences qui n’ont rien à voir avec l’islam ou la religion. Vous exagérez en disant que ces courants dominent l’Algérie, à tel point que les femmes évitent de porter des jupes et des robes. Ce fut probablement le cas pendant la décennie noire, mais cela est maintenant limité à certaines régions éloignées. C’est très regrettable de rejeter l’application des enseignements de la vraie religion (sans radicalisme ni extrémisme) dans notre vie quotidienne, et de séparer plutôt la religion et l’État, car l’islam est notre fierté et la source de notre force. Grâce à l’islam, nous étions la meilleure nation sur terre, et sans lui, nous sommes devenus des pays sous-développés et tiers-mondistes…
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Anonyme Il y a 6 mois
Karl Marx disait que le religion est l’opium du peuple. Est-ce que cela qui s’applique dans la religiosité galoppante de la population désoeuvrée du pays? Le martyre pour la défense de la liberté individuelle et des droits humains n’est pas donné à tout le monde. Courage !
Johan Miltenburg
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eisha Il y a 6 mois
Monsieur, vous pouvez être laïc, et vous êtes libre de vos choix et de vos goûts, mais vous n’avez pas le droit de défier les valeurs fondamentales de la société algérienne. Vous pouvez critiquer les salafistes autant que vous voulez, mais ne critiquez pas le hijab et la barbe. Et si vous aimez les minijupes, alors ne regardez pas une femme décente qui porte le hijab.
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