Conflits idéologiques et guerres des chaînes

User Par: Iheb Chaouch

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L’Union de radiodiffusion des États arabes classifie les chaînes de télévision en trois catégories : gouvernementales, lucratives, ou religieuses. Ainsi, les chaînes religieuses ne sont pas classées parmi celles qui pourraient réaliser des profits ou des pertes.

Toutefois, il est bien connu dans le secteur audio-visuel que les chaînes non-rentables ferment. Et pour être rentable, une chaîne doit atteindre des taux d’audience élevés et générer d’énormes revenus publicitaires.

Les chaînes religieuses ne comptent pas principalement sur la publicité, mais elles n’enregistrent jamais de pertes non plus. En effet, 35 nouvelles chaînes religieuses ont vu le jour entre 2010 et 2011. Les secteurs idéologique et politique constituent clairement un marché rentable pour les investisseurs.

Les hommes d’affaires n’auraient jamais investi dans des chaînes religieuses si elles n’avaient pas un grand impact sur l’opinion publique.

Après la chute des dictatures en Tunisie et en Libye, on a assisté à la montée de gouvernements islamistes qui non seulement encouragent la religiosité, mais aussi ferment les yeux sur les groupes religieux radicaux et extrémistes, sous prétexte que les moyens répressifs avaient échoué à les contenir dans le passé.

Ces nouveaux gouvernements sont convaincus que le dialogue est le moyen le plus efficace pour lutter contre l’extrémisme. Par conséquent, les manifestations de la religiosité sont devenues largement répandues.

La Tunisie a connu trois expériences majeures en termes de relation entre la politique et la société d’une part, et les chaînes religieuses ou islamistes d’autre part.

Le premier exemple est la chaîne Al-Jazeera basée au Qatar, qui a contribué au renversement du régime de Ben Ali et au soutien des islamistes pour arriver au pouvoir.

Le deuxième exemple est la chaîne religieuse Zitouna, qui est devenue très vite populaire, et a commencé à concurrencer les chaînes privées de divertissement. Zitouna était possédée par le gendre de Ben Ali, avant qu’elle ne soit nationalisée après la Révolution.

La mission principale de Zitouna était de “promouvoir l’islam modéré", mais elle visait en réalité à sévir contre les mouvements extrémistes religieux, en vue de les contenir et de les contrôler.

Le troisième exemple est la chaîne Al-Mustakilla basée à Londres, et détenue par Hechmi Hamdi, le président de la Pétition populaire, un parti islamique d’opposition.
Cette chaîne est un exemple pertinent sur l’impact des médias visuels sur la politique. Alors que personne ne faisait attention, Hamdi faisait la promotion de son parti et de ses orientations à travers sa chaîne, et il a réussi à obtenir le deuxième plus grand nombre de sièges à l’Assemblée constituante, en dépassant facilement le plus ancien parti tunisien.

La Tunisie vit actuellement un conflit entre deux tendances de société : Une tendance moderniste à la “Bourguiba”, ou ce que certains critiques appellent le courant d’occidentalisation ; et une tendance conservatrice arabe que le mouvement islamiste Ennahda soutient et essaie d’enraciner progressivement dans la société tunisienne.

Chaque partie cherche à imposer ses idées et son style de vie à travers la télévision. Tandis que les modernistes soutiennent des chaînes laïques ou de gauche, les islamistes soutiennent des chaînes religieuses.

Par conséquent, les conflits idéologiques et les tentatives visant à imposer un mode de vie particulier passent inévitablement par la télévision.

Vos commentaires

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Anonyme Il y a 7 mois

Je suis avec vous.

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Anonyme Il y a 7 mois

Aucun produit ne peut survivre sans consommateurs. Dans un marché comme celui-ci, le consommateur demeure le principal élément pour la survie du produit et le succès de l’appareil productif. Le marché des politiques et des idéologies est un marché de productions et de polarisations tellement variées que le consommateur peut les suivre toutes sans aucune considération philosophique ou d’appartenance. On est sceptique quant à l’événement et au projet. On peut presque connaître le sujet des traits et du sourire. Le discours ennuyeux et usé est à peine différent des discours historiques passés qu’on ne peut plus reproduire. Des chaînes au financement suspect, contrôlées et aux orientations restreintes telles des missionnaires. Elles tournent toutes autour des mêmes sujets, afin d’attirer le consommateur et lui injecter de nouvelles appartenances et tendances. Mais le consommateur se déplace entre les idéologies à la recherche de la survie et d’un gagne-pain.

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Anonyme Il y a 7 mois

je pense que la télévision a réalement un rôle dans la prospérité et développement du peuple. elle peut être son messagé comme elle peut critiqué ses idées pour les dirigés vers d’autres; en essayant de lui inculqué une idéologie. c est à télé spectateur d’avoir une auto critique pour se protéger de toute influence.

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