Service de Magharebia
Par: Ali Meghazi

Laissons le Maghreb loin des adjectifs ethniques et religieux. Ne l’appelons pas un Maghreb « arabe » comme le font les nationalistes à l’esprit fermé ; ni « islamique » comme le fait Al-Qaïda ; ou encore « amazigh », qui est plutôt une réaction aux appellations précédentes.
Une fois ces adjectifs exclus, on se retrouve avec le « Grand Maghreb », ce nom géographique qui nous renvoie à des extensions africaines, moyen-orientales et euro-méditerranéennes.
Au cours de leurs déplacements à travers l’histoire, les maghrébins ont confronté plusieurs questions d’identité.
Pourtant, dès qu’on trouve des réponses même partielles, de nouvelles questions plus complexes et plus profondes émergent.
Les dimensions imbriquées de cette cohésion géographique (africaine, moyen-orientale et euro-méditerranéenne) façonnent la personnalité du « Grand Maghreb », qu’on peut simplement tenter de définir mais pas de manière définitive.
Le Sahara ― ce prolongement naturel de l’Afrique ― occupe une grande zone géographique du Maghreb et dispose d’un grand réservoir de ressources variées.
Ainsi, la dimension économique de cette partie de l’Afrique a dominé sur ses aspects culturel, religieux, ethnique et social.
Par exemple, on ne peut pas dissocier la danse africaine au Maghreb du soufisme répandu parmi les Sahraouis. En outre, la structure sociale et le sentiment d’appartenance tribale dans ces régions négligées du Grand Maghreb, sont deux facteurs qui rendent leur soumission à l’État une tâche difficile, à moins qu’il intègre la soi-disant « l’extension africaine ».
L’influence du Moyen-Orient sur le Maghreb a une longue histoire. Le Caire, cet ancien centre culturel, a produit une génération de nationalistes qui aspiraient à « l’arabisation » du Maghreb même au détriment de ses caractéristiques uniques.
Au cours des dix dernières années, le conflit entre les capitales orientales et celles du Golfe s’est répercuté sur le Grand Maghreb, en suscitant la colère de ses minorités non-arabes et en donnant lieu à la soi-disant crise d’identité du Maghreb.
Riyadh a également profité de son pouvoir religieux, sectaire et financier pour renforcer sa présence dans le Grand Maghreb, à travers des mouvements islamiques œuvrant pour éliminer les caractéristiques uniques de la société maghrébine afin de la transformer en un modèle typique.
L’extension euro-méditerranéenne et l’histoire de l’Andalousie ont permis aux maghrébins de s’ouvrir sur l’Europe.
Ainsi, le Grand Maghreb est appelé à approfondir ses relations africaines, moyen-orientales et euro-méditerranéennes, sans laisser aucune partie dominer sur les autres.
Cette approche inclusive permettra au Maghreb d’améliorer les échanges mutuels et prévenir les conflits.
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Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a 8 mois
En réponse à la remarque de l’appellation du Maghreb qui va regrouper les six pays de la région et non cinq, l’idéal c’est de prononcer le Maghreb des Peuples.Merci
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Anonyme Il y a 8 mois
c’ est ce qu’on peux dire de mieux pour avoir un grand magreb qui convient à l’avenir des magrébains de notre siècle
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Anonyme Il y a 8 mois
bonjour
j’ai pas tout le texte mais je suis pour ce principe
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Anonyme Il y a 8 mois
Nous pouvons nous débarrasser de toutes les choses comme les traditions, les comportements et les ethnies, mais nous ne pouvons pas éliminer la religion. Seuls les inconscients acceptront de rejeter cette dimension existentielle. Allah dit “Je (Allah) n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent 56. Je n’ai pas besoin de provisions de leur part, et Je n’ai pas besoin qu’ils Me nourrissent.” Tenter d’appliquer l’expérience européenne au Maroc porte préjudice aux richesses islamiques antiques, qui ont débarrassé le Maroc de l’ignorance, du sous-développement, de l’arriération et de la dépendance envers les Byzantins qui pratiquaient un colonialisme brutal (“colonisateurs” est une erreur fréquente, le terme correct devrait être “destructeurs”). Les Romains étaient présents dans le Maghreb avant cette période, puis l’islam est arrivé et a sauvé la région des Romains, apportant justice, sécurité et prospérité à ses habitants. En ce qui concerne l’Europe, elle a été mal orientée par ses croyances erronées et a répandu l’ignorance, fait la promotion de mythes, abusé et volé les populations au nom de la religion. Si vous lisez l’histoire, vous verrez que l’expérience européenne est l’opposé du Maghreb post-islamique, qui était prospère et développé dans tous les domaines. La crise actuelle d’identité au Maghreb est un résultat inévitable de la disparition des sectes qui cherchaient l’harmonie, conformément au principe selon lequel Dieu veille sur les individus et les groupes, donnant ainsi à la société cohésion et sécurité.
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Anonyme Il y a 8 mois
L’Algérie est le coeur du Maghreb, là où existent toutes les cultures de la région. Le Grand Maghreb, pour les Algériens, est constitué par l’Algérie uniquement et n’a aucun lien avec les autres pays maghrébins.
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Anonyme Il y a 7 mois
Cette proposition par laquelle l’auteur cherche justifier au mpoyen de la géographie les dimensions historiques, culturelles et ethniques sans provoquer de sensibilité susceptible d’éveiller la suspicion des populations est d’une importance extrême. Je remercie mon frère Meghazi et j’espère connaître vos réflexions à propos de ce qui se passe au Mali.
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Anonyme Il y a 5 mois
C’est difficile, mais pas impossible. La vérité qu’on ne peut ignorer concerne ces situations, points de vue et intérêts spéciaux au centre de l’autorité de chaque état, qui entrave la réussite de nombreuses choses. Il ne s’agit pas seulement de coutumes et de traditions ou d’idéologies, mais au-delà de ça, de ce qui appartient à des mains cachées, surtout à l’ère actuelle.
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