Loyauté réciproque entre les mouvements religieux

Said_lakhal Par: Said Elakhal

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Les mouvements religieux appliquent le principe : « Assiste ton frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé ».

Dans le monde musulman, tous les mouvements religieux – qu’ils soient radicaux ou modérés, jihadistes ou réformistes, engagés dans la politique ou la boycottant, intégrés à la scène politique ou marginalisés – partagent les mêmes objectifs politiques, à savoir établir un État islamique, appliquer la charia, et respecter la loi de Dieu.

Cependant, ces mouvements emploient des méthodes et des tactiques différentes pour atteindre leurs objectifs.

Les mouvements extrémistes et jihadistes pensent que la violence pourrait accélérer l’effondrement des régimes autoritaires et la création d’un califat islamique.

Les mouvements islamiques modérés engagés dans la politique et ayant participé aux élections estiment que la participation politique leur permet d’accéder aux institutions étatiques en vue de réaliser des objectifs politiques importants, notamment entraver des législations jugées contraires à la religion et adopter des lois découlant de la charia.

Ces mouvements prônent l’islamisation progressive de la société, de l’État et, éventuellement, du système de gouvernance.

C’est le cas justement au Maroc, où le Parti de la Justice et du Développement (PJD) a intégré les institutions étatiques.

Les mouvements modérés croient au changement progressif en commençant par la société et les lois n’affectant pas le système de gouvernance, pour arriver aux politiques publiques dans tous les secteurs.

Les mouvements radicaux, quant à eux, croient au changement en commençant par le régime, et c’est pour cette raison qu’ils font recours à la violence comme leur seule option.

Les expériences politiques marocaines et tunisiennes ont démontré que les mouvements religieux se soutiennent entre eux en dépit de leurs différentes méthodes de travail et de leurs attitudes variées envers le régime politique.

Au Maroc, le PJD a joué un rôle majeur dans la défense du courant salafiste jihadiste, en créant des organismes de droits humains spécialisés dans les cas des salafistes accusés de terrorisme.

En contrepartie du soutien et des services du PJD, les membres des mouvements religieux radicaux ont voté pour les candidats de ce parti aux élections législatives. Ce soutien a permis au PJD d’obtenir des sièges parlementaires additionnels, d’emporter les élections et, par conséquent, de présider le gouvernement.

Pour les partis islamiques, soutenir les autres mouvements religieux est un « devoir religieux » visant à renforcer l’unité islamique contre l’occidentalisation et la laïcité.

La Tunisie a vécu le même scénario, vu que les salafistes ont voté pour les candidats d’Ennahda.

Le soutien mutuel entre ces mouvements est régi par le dogme, et non par la politique.

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