Service de Magharebia
Par: Azzeddine Bensouiah

Même avant l’élimination d’Abu Yahya Al-Libi par un tir de drone au début du mois courant, l’idée de transférer l’activité d’al-Qaïda, ailleurs que le Waziristan, avait fait son chemin.
La mort de l’un des hauts dirigeants d’al-Qaïda connu sous le nom de Younis al-Sahrawi porte un sérieux coup à cette organisation déjà soumise à de fortes pressions dans ses fiefs traditionnels.
On a cru que la zone du Sahel africain offrait les meilleures conditions pour ce redéploiement. Mais, contrairement à l’Afghanistan et au Pakistan, le Sahel a ses contraintes que la nébuleuse terroriste ne peut dépasser.
L’apparition de groupuscules terroristes dans la région, d’abord affiliés à AQMI, ensuite, ceux qui s’autoproclament indépendants, fait, certes, planer le risque d’une « afghanisation » de la région.
Mais, à y voir de plus près, l’on se rend compte que ces groupes n’ont ni le poids, encore moins le leadership charismatique pouvant faire d’eux une force inquiétante pour la stabilité de la région.
Aucun leader terroriste, activant dans le Sahel, ne peut se prévaloir d’une quelconque représentativité. Même Abou Zeid, qui aurait négocié l’adhésion du GSPC au réseau al-Qaïda, n’a aucune prise sur les groupuscules terroristes qui activent dans cette vaste étendue désertique.
C’est, donc, à travers le kidnapping, qui est une source non négligeable de financement que ces groupes parviennent à survivre et à faire parler d’eux.
La décomposition de l’organisation terroriste se poursuit et la crise malienne aura été une occasion de plus pour confirmer les difficultés qu’éprouve al-Qaïda pour organiser ce qui lui reste comme troupes.
L’échec cuisant de la nébuleuse terroriste à prendre le train des révoltes arabes lui a fait perdre davantage de terrain. al-Qaïda a discerné une occasion dans le Mali.
Toutefois, cela ne s’est pas déroulé comme prévu.
En voulant peser dans le conflit qui oppose les Touareg au gouvernement central de Bamako, al-Qaïda s’est embourbée dans un conflit qui la dépasse et s’est mise à dos les rares soutiens dont elle disposait dans la région.
Les appels désespérés d’Ayman al-Zawahiri le 10 Juin en direction des jeunes du Maghreb confirment cette difficulté qu’éprouve al-Qaïda à trouver de nouveaux adeptes, du moins à recruter de nouveaux leaders dans la région capables de donner un second souffle à l’organisation fondée par Oussama Ben Laden.
Le meurtre du chef d’al-Qaïda Abou Yahya al-Libi dans un… plus
Le meurtre de n’importe quel chef d’al-Qaïda signifie le retrait… plus
Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a 8 mois
Que voulez-vous ? On n’arrive plus à distinguer le bien du mal.
Signaler un abus