Le trafic d'armes dans le Maghreb : Un nouveau défi pour les gouvernements

Zghidi_salah-250 Par: Salah Zeghidi

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Le trafic d’armes dans le Maghreb était une préoccupation majeure pour les chefs d’États maghrébins durant cette dernière décennie, surtout depuis l’émergence de la version maghrébine d’Al-Qaïda. Les pays abritant ce groupe ont tenu plusieurs réunions et conclu différentes alliances, avec une participation active de la France et des États-Unis qui ont même pris part dans des battailles contre les terroristes d’AQMI.

La lutte contre Al-Qaïda a réalisé un certain succès durant ces deux dernières années. En effet, les combattants de cette organisation terroriste se sont orientés vers la prise en otages des citoyens européens, en exigeant des rançons exorbitantes contre leur libération.

Cependant, les événements se sont accélérés dans la région à la lumière de ce que certains aiment appeler « le printemps arabe ». Le début fût en Tunisie, où le régime de Ben Ali a été renversé le 14 Janvier 2011, et où Ennahda – le représentant de l’islam politique -, a eu un succès énorme et inattendu le 23 Octobre dans les élections de l’Assemblée constituante avec 41 pour cent des sièges. Ennahda se prépare actuellement pour former et diriger le nouveau gouvernement avec le soutien de ceux qui ne voient pas de contradictions entre être « progressiste » et être un allié des forces vétéranes… La suite était en Égypte avec la chute de Moubarak et la montée des Frères musulmans à l’avant-garde de la scène politique, en attendant d’atteindre une position forte dans les prochaines élections… Enfin, il y a eu les événements de la Libye avec la chute de Kadhafi et son régime, après de violents combats entre les forces de Kadhafi d’une part, et les groupes rebelles, y compris les forces du mouvement islamique en première ligne, d’autre part.

Ces événements successifs ont mis en lumière deux éléments importants et interdépendants : La contrebande d’armes et le sort des activités des terroristes islamistes dans le Maghreb. Les derniers développements soulèvent beaucoup de questions et de paradoxes.

1 – Après la montée de l’islam politique à la scène politique, voire au gouvernement en Tunisie, en Libye, et peut-être en Égypte ; et vu la progression prévue du Parti de la Justice et du Développement au Maroc dans les prochaines élections ; la présence et l’influence des groupes terroristes islamistes d’Al-Qaïda vont-elles diminuer ? Ou bien les partisans d’Al-Qaïda seront-ils motivés par les réalisations des partis de l’islam politique pour continuer leur approche radicale et terroriste ?

2 – Quelle serait la position des gouvernements ayant une forte participation des partis de l’islam politique, au sujet de la présence et des activités de l’islam terroriste, tout en sachant que certains analystes n’hésitent pas à considérer l’islam terroriste comme étant l’autre facette, ou le bras armé, de l’islam politique ? Les gouvernements de l’islam politique vont-ils agir comme des États ayant des responsabilités surtout sécuritaires, et des obligations régionales et internationales, ou agir comme un mouvement ou une révolution, et considérer les jeunes d’Al-Qaïda au Maghreb comme un « réveil islamique », comme l’a déclaré Rached Ghannouchi en avril 2010 ?

3 – Comment les pays du monde vont-t-ils traiter avec cette situation, après avoir fourni tout son poids politique, militaire, diplomatique et médiatique pour soutenir la montée des islamistes au pouvoir en Tunisie, en Libye et en Égypte ? Trouvera-t-elle écoute et obéissance de la part de ses nouveaux alliés, surtout quand elle leur demandera de faire face fermement et par tous moyens, y compris militaires, à leurs cousins spirituels, à savoir les groupes terroristes islamistes ?

C’est difficile de prédire les réponses à ces questions, et c’est évident que les mois à venir seront riches en événements, interactions, paradoxes et surprises…

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