Service de Magharebia
Par: Saloua Charfi

La reconnaissance du Conseil national de transition libyen (CNT) par la communauté internationale est nécessaire au renforcement de la légalité du nouveau pouvoir libyen.
Un pouvoir non légal et quelque soit sa légitimité est un pouvoir fragile et sujet à l’instabilité. L’expérience de la Tunisie après le départ de Ben Ali et l’instauration d’un gouvernement provisoire non légitime et non légale, a démontré qu’un tel pouvoir est sujet à toutes les convoitises. Celle de l’ancien régime, celles des partis forts et même celle des hors la loi.
En Libye il existe aussi le risque de conflits internes. Certaines tendances voudront monopoliser le pouvoir en opérant un coup d’Etat à l’intérieur du conseil national de transition libyen pour mettre la communauté internationale devant le fait accompli.
La reconnaissance poussera les différentes parties à travailler ensemble sur le principe du consensus en attendant des élections démocratiques et ceux qui sont tentés par un coup d’état sauront qu’ils auront beaucoup de difficultés à être reconnus par une communauté qui a déjà accordé la légitimité au conseil tel qu’il est maintenant avec ses différentes tendances.
Si la reconnaissance du CNT continue à ce rythme lent, la Libye risque de basculer dans la guerre civile entraînant dans sa chute toute la région qui est déjà fragilisée par les changements en Tunisie et en Egypte, l’instabilité chronique en Algérie, la main mise d’al-Qaïda sur le sud de la région et le conflit entre l’Algérie et le Maroc.
Il en va donc de l’avenir de toute la région.
Au plan interne, un pouvoir non reconnu n’aura pas les moyens nécessaires pour entamer une reconstruction sur une base solide.
La Libye ne dispose pas du minimum vital en matière de culture démocratique puisque Kadhafi n’a pas instauré cette culture même formellement comme ce fut le cas en Tunisie et en Egypte où des élections régulières avaient lieu et des institutions modernes fonctionnaient et où les élèves apprenaient dès leur jeune âge des rudiments du fonctionnement démocratique des institutions.
La Libye végétait dans un système qui n’existe nulle part ailleurs. Donc rien que pour instaurer une telle culture il faut non seulement du temps mais de la stabilité pour que des formateurs bénévoles ou non acceptent de s’installer pour aider l’effort de construction culturel à travers la formation d’ONG et l’enseignement.
Sans cette culture la Libye ne pourra pas entamer l’exercice de la démocratie sur terrain.
Au plan sécuritaire, et comme l’a démontré l’expérience tunisienne, un pouvoir non légitime engendre l’anarchie : sit-in chroniques, barrage des routes, règne des hors la loi, tentatives des terroristes de mettre la main sur le pays, effondrement économique.
Les tunisiens sont aujourd’hui prêts à accepter n’importe quelle tendance au pouvoir pourvu qu’elle soit assez forte pour les sortir de l’instabilité. Cette expérience ne doit pas se répéter avec la Libye, la communauté internationale en portera la responsabilité si elle ne se hâte pas pour poursuivre la reconnaissance du Conseil national de transition libyen.
Jusqu’à très récemment, la Libye n’était connue que pour son… plus
Le Conseil national de transition libyen (CNT) est une… plus
Il est vrai que, même Kadhafi chassé du pouvoir, sa… plus