Service de Magharebia
Par: Bakari Gueye

La drogue continue à faire des ravages à travers le monde. Selon un rapport de l’ONU, rendu public en juin dernier, la consommation d’opiacés a augmenté de 35,5% entre 1998 et 2008, celle de cocaïne de 27% et celle de cannabis de 8,5%.
Aujourd’hui, le Maghreb est au centre du trafic de drogue.
C’est ainsi que de la Libye à la Mauritanie, en passant par la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, sans oublier leur itinéraire transsaharien, un vaste réseau fait la pluie et le beau temps.
C’est dire que ce fléau gangrène la société maghrébine où consommateurs et trafiquants pullulent.
Le Maroc, où le phénomène a pris une ampleur inquiétante, vient d’adhérer au Groupe Pompidou, une adhésion derrière laquelle le royaume a couru longtemps mais qui pourrait aider ce pays et au-delà tous les autres pays du Maghreb à renforcer leurs capacités de lutte contre ce fléau des temps modernes.
Il n’y a pas encore si longtemps, le royaume chérifien détenait le triste record de premier producteur de résine de cannabis dans le monde.
Il faut ajouter à cela les énormes quantités de drogue que les trafiquants arrivent à faire passer par le territoire marocain qui est l’une des portes vers l’Europe.
Ce n’est donc pas un hasard si Bruxelles accepte d’ouvrir les bras à ce pays en l’intégrant au sein de cette instance.
L’objectif derrière cette intégration, ce n’est pas seulement l’échange d’informations dans le domaine du trafic de stupéfiants, mais c’est aussi le renforcement de la coopération sécuritaire, la lutte contre la migration illégale, le crime organisé ainsi que le terrorisme.
Et quand on sait que le Maroc est le seul pays non européen du groupe, on peut légitimement penser qu’il s’agit là d’un privilège qui lui est accordé.
Cette adhésion aura sans nul doute des incidences positives sur la lutte menée d’arrache pied contre le trafic des stupéfiants. Elle devrait impliquer un appui dans les domaines de la formation, du renforcement des capacités et du contrôle des itinéraires suivis par les différentes filières du trafic.
Dans une seconde phase, on peut espérer que cette précieuse aide s’étende aux autres pays du Maghreb qui en ont cruellement besoin. C’est en tout cas à ce prix que l’Europe pourrait espérer réduire l’intense trafic qui met à mal et sa jeunesse et son économie.
Mais, comme il faut toujours s’y attendre en pareille circonstance, il y a une contrepartie que le Maroc devrait à son tour rendre à l’Europe : surveiller de près ses frontières.
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