Vivement l’intégration économique

Khattat Par: Mohamed Mohamedou Khattat

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Déjà, en début de l’année en cours, une équipe d’experts maghrébins et onusiens avait planché et même parachevé, à Rabat, l’élaboration d’une vision stratégique visant à assurer la sécurité alimentaire dans les pays de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) à l’horizon 2030.

Il s’agissait pour ce faire, selon un communiqué du secrétariat général de l’UMA, d’encourager, notamment « la production des céréales, le développement du niveau général des échanges entre les pays de l’Union, le renforcement de la résistance collective aux parasites affectant notamment l’agriculture, et la gestion durable des ressources naturelles ».

Et comme le souvenir de la crise alimentaire d’il y a deux ans est encore très présent dans les esprits, voire a été accentué par les pertes de récolte inattendues dans certains grands pays exportateurs, suivies d’interventions de politique nationale et de comportements spéculatifs qui ont provoqué une hausse de plus de 50% depuis début juillet au niveau des marchés internationaux, il est fort à craindre que la pénurie alimentaire se profile à nouveau à l’horizon au Maghreb, certains de nos Etats étant des pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV).

D’où l’impérieuse nécessité donc pour nous de recourir à « de nouvelles mesures pour enrayer la volatilité des prix alimentaires et gérer les risques », les experts ayant reconnu, lors de leur réunion de septembre dernier à Rome, que les brusques hausses de prix « sont une menace sérieuse pour la sécurité alimentaire ».

Pire, la FAO qui est préoccupée par la vitesse à laquelle les prix des denrées alimentaires ont augmenté, a publié récemment un rapport montrant la montée en flèche de 60-80% des cours internationaux du blé depuis juillet et de 40% de ceux du maïs.

C’est dire qu’à l’heure où le prix des denrées alimentaires atteint des sommets et où les céréales se raréfient sur les marchés mondiaux alors qu’elles sont utilisées comme aliments pour les animaux et que cela pourrait aussi faire monter le prix des produits laitiers, des œufs et de la viande, les pays de l’Union du Maghreb Arabe se doivent de rassembler les décideurs politiques afin de trouver des solutions.

Ils se doivent surtout d’accélérer leur intégration économique laquelle passe, comme l’a déjà souligné un ancien ministre de l’Agriculture algérien, « par la mise en œuvre de mécanismes et de règles institutionnelles permettant l’intensification des échanges directes de toutes natures intra-maghrébines ou entre les agents économiques ».

En Mauritanie, un rapport conjoint établi en février dernier par le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) et le Programme alimentaire mondial (PAM), montrait que plusieurs milliers de personnes sont en insécurité alimentaire, essentiellement dans les espaces plus fragiles du pays, notamment les zones Est et Sud, avec un taux de prévalence de l’insécurité alimentaire de : 4,5% pour l’insécurité sévère et 7% pour l’insécurité modérée.

Et même si, pour le moment, les marchés sont bien approvisionnés en denrées alimentaires importées, parce qu’« en cas de déficit, on recourt automatiquement à l’importation pour compléter la production nationale », rien n’empêchera la hausse des prix de se faire sentir plus vivement. Et d’affecter très sérieusement les dépenses des ménages.

Or, « le peuple qui n’arrive pas à se nourrir correctement ne pourra jamais être stable ».

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