La société civile en tant que nouveau partenaire dans le développement durable

Jemal-oumar Par: Jemal Mohamed Oumar

101117-zawaya-photo

Les organismes de la société civile jouent un rôle majeur dans la construction sociale des pays du Maghreb arabe. Ce rôle s’est accentué davantage durant les dernières décennies du 20e siècle, suite aux changements politiques, économiques et sociaux qui ont envahi le monde entier, y compris les pays maghrébins qui n’en étaient pas restés à l’abri en raison de leurs intérêts communs avec les autres pays.

En effet, les gouvernements maghrébins ont abandonné une grande partie de leurs rôles économiques et sociaux suite à la pression venant des institutions financières internationales après la crise économique qui a affecté la majorité des systèmes politiques arabes. Cela a conduit à la réduction des dépenses publiques consacrées aux services sociaux et programmes d’aide sociale, ouvrant ainsi la voie à la société civile en tant que nouveau partenaire assumant une partie de la responsabilité dans le domaine social.

Cette pression économique a été accompagnée par des changements démographiques et sociaux dans les pays maghrébins, ce qui a conduit à l’émergence de nouveaux besoins et d’une croissance urbaine qui n’a pas été suivie par un développement économique. En plus de leur usage de la pression pour mettre en œuvre les programmes de libération économique et d’ajustement structurel, les institutions financières et internationales ont cherché à avoir de nouveaux partenaires non-gouvernementaux. En outre, l’Organisation des Nations Unies a insisté sur l’implication de la société civile dans la formulation des plans de développement et des politiques économiques.

Ces établissements ont effectivement commencé à collaborer directement avec les organisations non-gouvernementales et organismes de la société civile afin de combler le vide laissé par l’Etat et sauver les victimes de la libéralisation économique.

La contribution de la société civile au développement durable dans le Maghreb dépend de deux points : le premier est lié à la nature de la relation entre la société civile et l’État, et le second concerne la société civile elle-même.

L’impact positif de la société civile sur le processus de développement dépend de la nature du cadre juridique établi par l’État pour réglementer les organismes de la société civile et leurs activités, à savoir si c’est un cadre juridique structuré ou restreint. Cela dépend aussi de la manière avec laquelle l’Etat et ses diverses institutions répondent aux demandes de la société. S’il y a une volonté sérieuse à ce niveau, il y aura un changement positif et substantiel en termes de développement durable, vu que la société civile est plus qualifiée pour communiquer avec le peuple et plus efficace dans le traitement des préoccupations des groupes ciblés.

Sinon, les organisations non-gouvernementales deviennent de simples licences ou des moyens pour gagner de l’argent à des fins personnelles, comme c’est arrivé en Mauritanie à la fin des années 90 du siècle dernier.

D’autre part, de nombreux déterminants affectent l’aptitude de la société civile à influencer le développement, en fonction des capacités administratives et institutionnelles de ses organisations, telles que l’établissement des structures organisationnelles, et le développement d’un esprit d’équipe parmi les militants, ainsi que l’efficacité de leurs compétences communicationnelles, et leur capacité à établir des plans stratégiques, ou ce qu’on appelle le processus de renforcement des capacités.

D’autres déterminants sont liés à l’aptitude d’établir un équilibre de pouvoir et d’influence en réussissant à tisser des alliances et des réseaux entre les organismes de la société civile d’une part, et entre eux et toutes les parties prenantes dans le processus de développement localement et mondialement d’autre part. En outre, il y a la capacité de la société civile à identifier les besoins de la communauté locale, chose qui exige la participation de cette dernière dans le choix des projets, leur planification, la gestion de leur financement, leur mise en œuvre et leur suivi. Cela nécessite de tisser des relations avec les communautés locales et d’instaurer la confiance de celles-ci vis-à-vis des organisations non-gouvernementales.

En conclusion, s’il y a un partenariat fructueux entre l’État et la société civile, cette dernière contribuerait au processus de développement durable. Le Maroc, par exemple, a réussi à ce niveau comme l’a prouvé le forum tenu récemment à Agadir. En effet, 5 000 associations ont participé au processus local de développement, plus de 3 400 activités génératrices de revenus ont été lancées, et 40 000 emplois ont été créés entre 2005 et 2010.

Vos commentaires

comments

Anonyme Il y a plus de 2 ans

C’est un excellent rapport

comments

Anonyme Il y a plus de 2 ans

Bonjour

Autant que président de l’association Tanger des Arts Plastique je trouve que le commentaire de Jamal Mohamed Oumar est excéllent. Nous autant qu’une partie de la société civile marocaine, nous voulons bien participer à la constuction artistique du grand Maghreb Arabe. A cette occasion nous envisageons d’organiser cette année le deuxième festival Tanger des arts plastique sous le thème " couleurs du grand Maghrébe Arabe" ou il yaurait une participation des artistes marocains,algeriens,tunisiens,lybiens et mauritaniens.Pour le soutien de ce Festival j’aimeras bien savoir comment peut-on faire pour réussir ce festival.

comments

Anonyme Il y a environ un an

Ce sujet est à la fois excellent et utile. Nous vous souhaitons du succès. Dr. Hamida de la Libye.

comments

Anonyme Il y a environ un an

Pour permettre aux institutions de la société civile de jouer leur rôle au sein d’un développement durable et de répondre aux souhaits des individus, nous devrions réviser les lois qui avaient été établies dans l’intérêt des dirigeants, pour donner aux institutions de la société civile une véritable liberté d’action et leur permettre de contribuer réellement à la construction du pays.

comments

Anonyme Il y a 11 mois

Oui, c’est en cours. En tant que membre de l’Association « Ensemble sur le chemin du développement humain », nous voulons que la société civile établisse l’État, et non pas l’inverse. Nous espérons que les dirigeants arabes changeront pour qu’Allah les aide à affronter l’avenir, qui est entre les mains de leurs peuples. Les dirigeants devraient apprendre de leurs prédécesseurs, et éviter de déployer leurs ressources pour freiner leurs peuples, et viser plutôt à construire la nation afin de rétablir sa dignité parmi les autres nations. Bonne chance. Salem Mohamed.

comments

Anonyme Il y a 6 mois

Les institutions de la société civile devraient suivre la formation et le fonctionnement du gouvernement, ainsi que la mise en œuvre des projets humanitaires avant qu’ils ne se transforment en projets privés monopolisés par une minorité au nom de ces institutions. Les institutions de la société civile ne doivent pas se contenter d’organiser des campagnes de collecte de dons, mais doivent en plus implémenter des programmes de développement et d’investissement visant à former les personnes dans le besoin afin de les préparer pour le marché du travail. Cette énergie productive profitera à la société et cessera d’être un fardeau. La question dépasse des sacs, des sceaux, des signatures, des voyages, des expositions et des conférences au nom des personnes handicapées, des chômeurs, des orphelins, et d’autres groupes, pour être une mission humanitaire qui a besoin de gens honnêtes et patriotes visant à promouvoir le progrès et la prospérité. Cette responsabilité incombe aux ingénieurs, aux médecins, aux enseignants, aux étudiants, aux paysans, aux soldats, aux hommes, aux femmes, aux personnes instruites, aux personnes ignorantes et à chaque être humain.

comments

Anonyme Il y a environ un mois

merci un bon proget

Publiez vos commentaires immédiatement ! Enregistrer

1800 caractères restants (1800 max)

Entrer les chiffres
Button

Autres opinions

Les infos de Magharebia