Hommes et femmes peuvent être cheikhs et émettre des fatwas

Said_lakhal Par: Said Elakhal

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Dans le monde arabo-musulman, la femme est systématiquement exclue du domaine de l’Ifta qui reste exclusif aux hommes. Cette exclusion résulte de la mentalité masculine qui considère la voix et le corps féminins comme des Awrah, dans le but de maintenir les femmes loin des affaires publiques, y compris l’émission des fatwas et l’explication des questions religieuses tant aux femmes qu’aux hommes.

Cette image des femmes s’est renforcée depuis l’âge de la décadence au 4ème siècle de l’Hégire, et s’est aggravée encore plus avec l’émergence du wahhabisme et de l’islam politique dont les idéologies ont dominé même les politiques religieuses des régimes au pouvoir. Cela a conduit à une défection culturelle et intellectuelle au cœur même de l’Égypte, ce pays qui fut le berceau du mouvement arabe des Lumières avec Qasim Amin, Muhammad Abduh, Ali Abdel Raziq, Huda Shaarawi, et autres. Les réalisations des femmes étaient censées s’améliorer et s’élargir pour inclure l’Ifta, la justice et l’autorité publique en Égypte et ailleurs ; et l’attitude de dénigrement et d’objectivation des femmes était censée disparaître. Malheureusement, la réalité est toute autre.
L’Égypte vit une véritable défection qui a fortement bouleversé les réalisations féminines. Ainsi, il est devenu impossible de discuter du droit des femmes à remplir des fonctions judiciaires et d’ifta sans provoquer de controverse parmi les théologiens et les organisations religieuses. Lorsque Dr Souad Saleh – ancienne Doyenne de la faculté des études islamiques et arabes à l’Université al-Azhar – a annoncé en 2008 qu’il était permis aux femmes de donner des leçons religieuses aux hommes dans les mosquées, elle a été contestée par des érudits des deux sexes, comme Dr Mohja Ghalib, professeure de hadith à la Faculté des études islamiques, et Dr Rajaa Hazin, Doyenne de la Faculté des études islamiques. Dr Souad Saleh a cité comme exemple la première époque de l’islam, durant laquelle les femmes enseignaient les gens et leur expliquaient les questions religieuses, tout comme les hommes. Dans une interview avec le site Islam Online, Dr Saleh a dit : « Depuis l’époque du Prophète, paix et salut sur lui, femmes et hommes partageaient les mosquées pour écouter les sermons, prier et apprendre religion. Le Prophète encourageait ses femmes à parler aux deux sexes, et leur émettre des fatwas, en particulier Aicha qui était une référence pour les grands compagnons. »
Dr Saleh pense donc que l’islam n’interdit pas aux femmes d’occuper des postes de jurisprudence, et que « selon l’islam, les femmes et les hommes sont égaux en termes de qualifications religieuses et de participation sociale, et l’ifta est l’un des domaines où l’égalité est assurée. Les théologiens ont convenu que la masculinité n’est pas requise pour émettre des fatwas. Par conséquent, les deux sexes peuvent émettre des fatwas tant qu’ils remplissent les conditions requises, à savoir : être musulman, chercher la justice, avoir un savoir religieux, et émettre les fatwas en se basant sur le Coran et la Sunna. Allah dit : « les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable et interdisent le blâmable ». Au cours de l’histoire islamique, plusieurs femmes ont eu le titre de cheikhs et émit des édits religieux, notamment :
- Khadija Bint Imam Sahnoun, que l’imam al-Qadi Iyad qualifiait de « ‭sage, savante et pieuse. Les femmes demandaient son avis en matière de religion et suivaient son exemple dans les situations difficiles. »
- Fatima bint Al-Moundhir : les hommes tenaient à assister à ses leçons, et les savants étaient fiers qu’elle leur ait enseigné le hadith.
- Fatima bint Abi Abbas Al-Fath, qui a été décrite par Ibn Kathir comme l’une des théologiennes les plus vénérées commandant le convenable et interdisant le blâmable, et qui était capable de faire ce que les hommes ne pouvaient pas faire.
Au Maroc, le Roi Mohammed VI a adopté une résolution pour nommer des femmes en tant que membres du Conseil suprême de la science, du Comité des Fatwas, et des conseils régionaux. Sa Majesté a également ordonné de former des prédicateurs femmes pour enseigner la religion aux femmes dans les mosquées, et a permis aux femmes de donner des leçons durant le mois du ramadan en sa présence et devant ses invités, y compris des théologiens, ambassadeurs et hommes d’État. Cette résolution a restauré le respect des femmes et ainsi que leur crédibilité religieuse et théologique. Une théologienne est plus proche des femmes, connaît leurs problèmes mieux que quiconque, et peut fournir des fatwas qui répondent à leurs aspirations à la justice, à l’égalité, à la dignité et à l’équité, et qui les libèrent de l’oppression et de l’exploitation. Ainsi, il faut encourager la jurisprudence des femmes et annuler l’interdiction de leur interprétation du Coran et la Sunna avec une perspective féminine.

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Anonyme Il y a environ un an

EXCELLENT ARTICLE, AVEC PLEIN D’INFORMATIONS. AUJOURD’HUI, NOS INFORMATIONS AU SUJET DE L’ISLAM SONT FILTRÉES PAR LE MOUVEMENT WAHHABITE, QUI EST UNE INNOVATION RÉCENTE DU 19ÈME SIÈCLE. IL A POUSSÉ L’ISLAM MODERNE À S’ÉLOIGNER DES RÉFORMES ÉGALITAIRES APPORTÉES PAR LE PROPHÈTE MUHAMMAD (PSSL)

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