Accepter les autres tels qu'ils sont, et non pas comme nous voulons qu'ils soient

Abdelaziz_karraky-250 Par: Abdelaziz Karraky

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Les autorités pouvaient, jusqu’à très récemment, définir les limites de la liberté d’expression à leur guise, en la rendant conforme à une perception préétablie. Il était possible de : confisquer les journaux, ou interrompre leur parution quand ils outrepassaient les limites des libertés définies à l’avance ; brouiller les programmes des stations de radio pour perturber leur réception par le public avide en quête de liberté ; contrôler et adapter les programmes diffusés par la télévision pour convenir aux exigences des cahiers de charges qui devaient être acceptés lors de la création d’une station de télévision privée ; et contrôler les chaînes de télévision publiques, chose qui est facilement faisable pour les autorités.

Toutefois, il est très difficile de contrôler l’exercice de libertés dans l’espace large de l’Internet, car n’importe qui peut s’assoir devant un ordinateur, se connecter au web, et naviguer dans un monde sans restrictions où il peut partager ses idées, principes, et croyances avec les autres de par le monde. Cela est particulièrement mis en évidence par certains sites web qui offrent des services gratuits à ceux qui veulent s’y exprimer avec une liberté absolue. Cela vaut pour Facebook, dont le nombre des membres et visiteurs augmente chaque jour.

Cependant, ce qui menace la liberté n’est pas toujours les intimidations des autorités ; les individus et les groupes limitent également le droit des autres à la liberté d’expression, en allant parfois trop loin. Les autorités sont même obligées parfois de suivre le rythme de la société ; de peur d’être accusées de ne pas être le principal gardien des valeurs collectives, et pour éviter d’être dépassées par les événements, les autorités se conforment à la volonté des masses.

Que faire alors quand les individus qui ont trouvé un débouché sur les sites web, commencent à sentir que leurs libertés y sont également menacées ?

Ceux qui respectent la liberté ne peuvent que se montrer solidaires avec ceux dont les droits et libertés ont été censurés. La société civile peut-elle mettre au point des mécanismes qui vont mettre un terme à ce phénomène ?

Les experts en technologies de l’information pourraient éventuellement établir des programmes et des plans pour assurer la protection des sites web de ceux qui ne partagent pas les idées et les opinions de leurs propriétaires, mais cela va-t-il mettre fin aux restrictions sur les libertés ?

La société civile a encore un long chemin à parcourir en termes de sensibilisation sur l’exercice des libertés. Dans de nombreuses communautés, les individus acquièrent – par le biais de divers mécanismes de socialisation – une culture qui n’accepte pas le droit d’être différent, et des valeurs qui encouragent une sorte de glorification de soi qui rejette tout ce qui est différent. Au niveau des comportements individuels et collectifs, cela se transforme en une réaction d’exclusion au lieu de la coexistence et la tolérance. Par conséquent, la société civile doit s’impliquer aujourd’hui dans la diffusion d’une culture axée principalement sur la liberté dans son sens le plus noble, en acceptant les autres tels qu’ils sont, et non pas comme nous voulons qu’ils soient.

Vos commentaires

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Anonyme Il y a plus de 2 ans

Cher professeur, je tiens tout d’abord à vous remercier de poser cette question très délicate au débat.
Accepter l’autre tel qu’il soit est primordial surtout au niveau des relations humaines, tandis qu’au sein de la société, au niveau général et public la question prend une autre forme, ou un autre aspect, parce que la discussion à ce stade est très importante et la liberté de l’expression doit être acquis surtout au niveau de l’Etat de droit et de la loi. Si nous prenons le Maroc comme exemple ne nous pouvons pas nier que les choses ont changés, les gens aussi, ces derniers sont maintenant très conscients par les opportunités qui leur sont offertes par les autorités locaux pour exprimer en toute liberté, leurs attentes, et de définir en toute clarté les contraintes qu’ils vivent chaque jour, et de demander des interventions urgentes et des changements efficaces.
Si cette liberté de s’exprimer à coûter cher jadis aux individus qui la réclamer, aujourd’hui des chances sont offertes et ne demandent qu’à être saisi. Le ballon maintenant et dans le clan de la société civil, les associations, les différents acteurs sociaux et même les individus pour participer aux changements, pour lutter contre l’exclusion social, et savoir écouter les autres, surtout les démunis, de les comprendre, et de trouver des solutions à leur problèmes, et à leur situations défavorables.
La question qui se pose aujourd’hui à ce stade ce n’est plus la liberté de s’exprimer et d’accepter l’autre tel qu’il est, mais la façon ou la possibilité d’associer et de réunir les idées et les efforts pour réaliser les attentes pour un monde meilleur et pour un développement durable .
cordialement MAYA

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Anonyme Il y a plus de 2 ans

J’ai beaucoup aimé la phrase avec laquelle vous avez conclu votre article. Je pense que si vous n’aviez pas écrit d’autres phrases, la signification de l’article serait profonde et claire, et il correspondrait à ce que disent les philosophes, le meilleur discours est celui qui n’a pas besoin d’autres mots. Oui, l’éducation que nous avons reçue ne respecte pas les autres. Quand nous parlons des autres, nous le faisons d’habitude dans le but de les insulter. Si les autres ne sont pas compatibles avec nous, même si nous avons tort, alors ils sont rejetés. À mon avis, le premier pas vers le changement est de commencer par la conclusion de votre article. Abdul Qader bin Sheikh.

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Anonyme Il y a plus de 2 ans

Je lis souvent Zawaya, mais je n’ai jamais voulu commenter pour plusieurs raisons. Toutefois, le titre de votre article m’a provoqué cette fois, et m’a incité à écrire. Je m’arrête seulement au titre ; vous avez vraiment fait du bon travail dans l’analyse de ce problème, car nous ne sommes jamais satisfaits avec les autres sauf s’ils sont en harmonie avec nous, sinon nous les considérons comme inférieurs. Pourtant, nous devons prendre en compte une donnée intéressante, à savoir les valeurs adoptées par la société. Devons-nous respecter ceux qui dépassent le pouvoir et décident de défier la société et les lois, du fait qu’ils adoptent des idées différentes de la plupart des individus dans la société ? Je pense que ce dont nous avons besoin est une synergie entre la liberté et les droits d’autrui. Mehdi Fertout.

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Anonyme Il y a plus de 2 ans

Je pense que l’éducation reçue par les gens dans de nombreux pays, et le volume d’autorité présente dans leurs vies, influence grandement leurs actes, surtout quand il s’agit de l’exercice de liberté. Cela devient évident sur internet, comme il est difficile pour ceux qui ont grandi dans des environnements où la pensée et opinion unique prévalent, d’accepter la liberté des autres et de croire en leurs comportements. Dans le monde arabe, les gens vivent depuis leur naissance jusqu’à la mort sous l’égide de l’autorité, et ils ne prennent pas librement les décisions les plus cruciales dans leurs vies. Par autorité, je n’entends pas seulement le pouvoir politique, mais toutes sortes d’autorité existant dans la société. Par conséquent, les gens ne se comportent pas bien quand ils vont en ligne, où le monde d’internet est basé principalement sur la liberté, dans son sens le plus large.

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Anonyme Il y a plus de 2 ans

Que la paix soit sur vous. Comme vous l’avez dit, il était possible de limiter la liberté d’expression, ainsi qu’il était possible de confisquer les journaux et les magazines ou de censurer les stations de radio. Cependant, l’internet est très difficile à contrôler compte tenu de son vaste espace. L’internet permet à beaucoup de gens d’exprimer leurs propres opinions, sans aucune contrainte ou condition, parce que ces opinions reflètent les points de vue de ces individus, et non pas de ceux des sites en question. Donc, si un extrémiste supprime le compte de quelqu’un, cela ne limiterait pas la liberté de ce dernier, car il peut toujours créer un autre compte, et publier ce qu’il veut, et aucune autorité ne peut l’en empêcher. Par conséquent, nous ne pouvons pas changer les opinions des gens comme nous le souhaitons et désirons; nous devons plutôt accepter les autres tels qu’ils sont, et non comme nous voulons qu’ils soient.

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Anonyme Il y a environ un an

NUL BLOG UUUUUUUUUU

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Anonyme Il y a environ un an

ouais,c’est trop coooooooooooool !! BRAVO

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Anonyme Il y a environ un an

Liberté et justice sociale

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Anonyme Il y a 3 mois

Enfin quelqu’un qui comprend ‘’la race’’ humaine.

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Anonyme Il y a 2 mois

ou le dossier de l’acceptre les autres

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