Service de Magharebia
Par: Saloua Charfi

Le réseau tunisien sur Facebook avait l’air d’un pays dévasté par un attentat terroriste. Pour certains c’était le 11 septembre du net. Des cyber terroristes ont annoncé le « Djihad sur internet » contre ceux qui ont une opinion différente de la leur. Ils ont fait disparaître 200 profils en une semaine.
Les victimes sont connues par leur intense activité : des journalistes connus, des artistes célèbres et surtout des militants des droits de l’homme qui dénoncent le discours misogyne de certains chaînes de télévision arabes.
Ces brigades virtuelles de la mort annoncent que : « les laïcs, les athées, les homosexuels, les féministes, les fans de l’ancien président Bourguiba, ceux qui se déclarent d’origine berbère, le groupe des Juifs tunisiens, ceux qui encouragent les relations sexuelles libres et ceux qui appellent à la normalisation avec Israël, doivent disparaître d’internet. »
Les auteurs des attentats prétendent « agir au nom de Dieu et de la patrie » Ils ont crée deux groupes qu’ils ont nommés « la chaise électrique » et « insecticide ». Des dénominations qui donnent froid dans le dos et qui rappellent les fours crématoires et les chambres à gaz nazies.
La connotation nazie de leur discours ne s’arrête pas là. Ils prétendent attaquer « les profils de ceux qui portent préjudice à une Tunisie musulmane, arabe et hétérosexuelle »
Un internaute ironise : « Aujourd’hui, comme dans l’Allemagne d’Hitler où il fallait être un bon Aryen, dans la Tunisie de ces illuminés, il faut être un bon tunisien arabo-musulman. »
Un de leurs slogans est emprunté à une célèbre expression d’Hitler qu’ils appliquent à leurs adversaires : « Nous aurions pu tuer tous les athées mais nous avons laissé quelques chiens en vie pour que les gens sachent pourquoi nous les avons exterminés. »
Pour désactiver un profil sur Facebook, il suffit qu’un groupe assez consistant en nombre dénonce un profil comme étant un faux profil ou en l’accusant de racisme, de prosélytisme ou d’incitation à la haine, pour que celui-ci soit suspendu, et cela, sans vérification aucune. Ils profitent donc d’une faille dans le système de Facebook.
Les Tunisiens qui ont parié sur Facebook comme moyen d’expression et de débat viennent de découvrir qu’internet ne constitue pas un remède contre le mal de la pensée unique.
Pour le moment les « djihadistes » ont réussi à réduire le champ de la communication. Combien de temps cela prendra t-il avant qu’ils ne passent à l’agression physique de ceux qui ne pensent pas comme eux ?
Les sites de réseautage social, tels que Facebook et Twitter,… plus
Les autorités pouvaient, jusqu’à très récemment, définir les limites de… plus
Aborder le phénomène de l’extrémisme idéologique, nous conduit forcément à… plus
Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a plus de 2 ans
Non au terrorisme intellectuel.. Oui à la liberté d’expression..
Signaler un abus
Anonyme Il y a plus de 2 ans
La pompe à Fly-Tox au dessus de l’article trahit l’identité des pirates de Facebook. J’ai signalé plus haut la réaction d’un sbire de Ben Ali datée du 10-7-2009 à mon post critiquant le blocage de Facebook en Tunisie. Il s’adresse à moi comme ‘toi, le moustique’ et me fait savoir ’qu’ils ont pendant les périodes de chaleur des moyens puissants pour se débarrasser de moi sans trop de frais’. Tout le monde sait qu’en été dans presque tous les foyers Tunisiens la pompe à Fly-Tox est incontournable. Tout le monde sait aussi que les sbires du régime désignent les critiques comme étant des moustiques et des chiens. Pourquoi ont-ils parodié cette fois-ci le ‘Yes we can’ du président Américain Obama? A cause du voyage aux Etats-Unis du ministre des affaires étrangères de Ben Ali, Kamel Morjane? Avait-il besoin d’un ‘incident’ pour convaincre les Américains que son patron mène lui aussi un ‘Combat’ pour sauver la civilisation? Saloua Charfi, professeur de communication chargée de former les journalistes du régime, a invoqué les nazis. Oui, le régime nazi était maître lui aussi dans la provocation: incendie du Reichstag et invasion de la Pologne entre autres. Le 27 février 1933, le parlement Allemand ou Reichstag a été incendié. Juste un mois auparavant Hitler a été nommé chancelier du Reich par le président Hindenburg. Hitler a tout de suite exploité l’incendie pour obtenir du président une loi d’urgence abrogeant les libertés civiles. Un handicapé mental, Marinus van der Lubbe, a été inculpé de l’incendie et guillotiné. En 1980 un procureur Américain du tribunal de Nuremberg a cassé le jugement nazi comme étant un faux. En 2008 le procureur Fédéral Allemand a jugé le verdict illégal car reposant sur des prescriptions injustes des nazis. Goebbels aurait commandité l’incendie.
Signaler un abus