La somalie a besoin d'une solution politique

Mahmouad_belhimer-250 Par: Mahmoud Belhimer

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L’Union Africaine, ainsi que l’Organisation de l’Unité Africaine, et la communauté internationale tout entière, auraient dû jouer un rôle plus important en Somalie depuis la chute du régime du président Mohammed Siad Barre, qui a fui le pays sur un char en 1991. Mais la Somalie a été abandonnée depuis lors plongée dans une guerre civile qui l’a complètement détruite.

Les chefs d’Etat et de gouvernement africains ainsi que les autres grandes puissances n’étaient pas intéressés par ce qui se passait en Somalie pendant près de 18 ans (les forces américaines ont quitté le pays en 1995). Cela a produit une situation complexe qui est maintenant difficile a résoudre par l’Union africaine toute seule. Cette situation requiert une attention particulière de la part des grandes puissances qui ne devraient plus persister dans l’erreur qu’elles avaient commises depuis le début en ignorant les problèmes de la Somalie, étant convaincues que les combats qui s’y déroulent ne représentent aucune menace pour leur sécurité et leurs intérêts. Toutefois, ces grandes puissances ont soudainement pris conscience de l’épouvantable catastrophe : le pays est devenu un havre pour les organisations extrémistes (terroristes) qui représentent une menace pour la sécurité non seulement des pays voisins, mais aussi des grands pays comme les États-Unis. La Corne de l’Afrique est devenue un foyer de piraterie maritime et des organisations jihadistes liées à al-Qaïda.

C’est seulement maintenant que la situation en Somalie est devenue une préoccupation internationale vu que des organisations extrémistes islamiques, telles que le " Mouvement des Jeunes Moujahidin ", mènent une guerre à la manière d’al-Qaïda, en accusant le gouvernement de Sheikh Sharif, qui dirigeait les tribunaux islamiques, d’apostasie.

Il est difficile de s’attendre à ce que l’Union Africaine réussisse sa mission en Somalie si elle se concentre uniquement sur les aspects militaires et sécuritaires. Il y a actuellement environ 5.000 soldats africains de maintien de la paix en Somalie sur 8.000 soldats, mais ce nombre n’est pas suffisant. L’Union Africaine ne dispose pas de moyens suffisants pour résoudre la crise qui se déroule en Somalie militairement parlant, pour plusieurs raisons, notamment : le ressentiment des Somaliens envers les forces étrangères sur leur territoire, la complexité de la guerre en cours entre les extrémistes et le gouvernement central transitoire qui est fragile et inconsistant et qui ne dispose pas des moyens nécessaires pour assurer la sécurité du pays, l’existence de tribus se disputant le pouvoir, en plus des forces extérieures (principalement l’Éthiopie) qui ont des ambitions au détriment de la Somalie.

L’Union Africaine peut jouer un rôle considérable dans la quête d’une solution à la crise somalienne si elle ne se contente pas de soutenir le gouvernement de transition sur le plan militaire, en jouant un rôle actif dans l’établissement du dialogue politique entre les différentes forces en guerre dans le pays. La solution doit être politique en premier lieu, et doit convaincre les parties belligérantes que leurs intérêts seront protégés dans le cadre d’un État qui préserve les droits de tous. Les Africains peuvent jouer un rôle important dans cette direction, à condition qu’il existe un soutien militaire pour la solution politique sur laquelle les principaux acteurs somaliens conviendront.

Les efforts de l’Union Africaine pour une Somalie stable ont besoin du soutien des grandes puissances, au lieu des interventions irréfléchies telles que le soutien américain de l’intervention éthiopienne en Somalie pour traquer les tribunaux islamiques dirigés par Sheikh Sharif qui est accusé d’extrémisme, pour innocenter ce dernier par la suite des accusations de terrorisme et le reconnaitre en tant que Président du Gouvernement de transition aujourd’hui.

Vos commentaires

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Anonyme Il y a plus de 2 ans

Bonsoir, frère Mahmoud. Permettez-moi de commencer mon commentaire par la conclusion de votre article. Solliciter le soutien des grandes puissances – surtout les États-Unis – pour rétablir la stabilité en Somalie est très probable (c’est même probablement la plus grande préoccupation des États-Unis eux même), non pas pour les beaux yeux de la Somalie ni des Africains, mais plutôt afin de faire sécher les canaux par lesquels les éléments d’Al-Qaïda s’échappent, comme le hadith le stipule, « le croyant ne se fait pas mordre (ou piquer) deux fois du même trou ». Cependant, l’équation ne peut pas être résolue par la force, et les expériences passées ont démontré cela. Par conséquent, il sera également nécessaire d’apporter des laboratoires privés en vue de remplacer l’idéologie qui produit l’extrémisme, et de trouver des tentations qui pourront séduire et récupérer les éléments perdus. Je suis donc tout à fait d’accord avec vous qu’il devrait y avoir une solution politique, en parallèle avec une intervention sécuritaire. NAT ALGERIE

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