Agir au niveau de l'éducation et des médias pour une nouvelle interprétation du Coran

Salwa_pass Par: Saloua Charfi

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Si nous partons du fait rarement contesté, que le Coran est un texte ouvert permettant des interprétations multiples et différentes, nous pouvons annoncer avec R. Barthes " que le texte n’est pas le reflet du réel mais l’interprétation de son auteur du réel ".

Il est donc permis de conclure que l’interprétation du texte coranique ne saurait être identique à celle d’il y a 15 siècles. Le locuteur originel n’intervenant plus, les interprétations postérieures sont assumées par le récepteur.

Or jusqu’ici, les foukaha, exclusivement de sexe masculin, avaient monopolisé ce droit et relu le coran à travers le filtre d’une culture patriarcale.

Mais depuis l’accession de la femme à l’éducation et au monde du travail, nous avons observé l’émergence d’une lecture plus favorable aux droits des femmes. En Tunisie, par exemple, où l’on parle d’une féminisation du secteur de l’éducation, et où l’enseignement religieux est assumé en grande partie par des femmes, d’aucun est tenté de conclure que cette approche nouvelle est le fruit de l’intervention des femmes dans ce domaine.

Or nous pensons qu’il faut tempérer ce jugement, car s’il est vrai que la subjectivité du récepteur entre en jeu lors de l’interprétation, elle n’est pas uniquement due à la variable sexe, mais aussi et surtout, au poids de l’idéologie. Elle est donc surtout le fruit des valeurs qui guident nos pensées, paroles et actions.

C’est la raison pour laquelle nous pouvons observer que les interprétations du Coran dans un sens moderniste ou passéiste n’est pas forcément liée au facteur sexe. Aujourd’hui, des hommes et des femmes appellent à une réforme qui doit répondre aux besoins de notre réalité, face à d’autres hommes et femmes qui exigent le retour " aux fondement purs de l’islam ".

La bataille se déroule donc aux niveaux des idées qui se forment essentiellement par l’éducation et les médias.

Il serait donc judicieux d’agir sur ces deux secteurs, si nous aspirons à faire évoluer la situation de la femme par une interprétation plus adéquate à notre réalité moderne.

Vos commentaires

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Anonyme Depuis plus de 2 ans il y a

L’interprétation du Coran, avec ce que nous appliquons des sens clairs et cachés, est une énorme responsabilité. Les décideurs ne doivent pas permettre à n’importe qui de jouer avec, ni d’en faire l’objet d’une compétition futile en utilisant des termes qui sont loin d’appartenir à une méthode de débat équilibrée, perspicace, et efficace, comme «la féminisation de la religion", et “les idéologies masculines”. C’est un domaine qui a ses experts et ses érudits qui craignent Dieu le Tout-Puissant, et qui maîtrisent les paroles de Dieu le Tout-Puissantpar l’étude, la lecture et la compréhension.

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Anonyme Depuis plus de 2 ans il y a

Sur un site ayant pour but d’encourager la communication et les échanges d’idées, et ouvert à monsieur et madame Tout-le-Monde, il serait bien venu d’énoncer clairement ce que vous voulez dire au lieu de rechercher des expressions qui ne sièraient pas mal aux Précieuses de Molière. En tant que femme Arabe, supposée musulmane, il aurait été plus intéressant, en parlant de l’islam, de vous voir citer un auteur musulman au lieu de vous suffire de Barthes. Je trouverais ridicule un académicien Européen écrivant sur le christianisme avec pour seule et unique référence un auteur musulman. Ceci dit, vous contournez la question au lieu d’y apporter une réponse et ne nous apprenez rien concernant le rôle joué ou qui pourrait être joué par les femmes Tunisiennes dans l’éducation religieuse. Est-ce parce que le domaine religieux a été entièrement accaparé par votre président qui s’en sert pour sa propagande personnelle? Le dictateur précédent, Bourguiba, a demandé de graver sur sa tombe l’expression: Libérateur de la Femme. Ce féminisme d’état est l’ennemi numéro 1 des mouvements d’émancipation féminine car il les prive du droit de revendication. Les seuls acquis des femmes deviennent des cadeaux accordés par la seule grâce du dictateur au lieu d’être des droits naturels ou culturels. Les organisations féminines Tunisiennes ont été dès l’indépendance dirigées par des femmes inféodées au régime et nommées par lui. Elles se sont toujours faites le chantre de la dictature qui a instauré l’égalité entre hommes et femmes. Seulement, cette égalité n’est qu’un slogan fallacieux et trompeur qui détourne l’attention du vrai problème, celui des droits. Dire que la femme tunisienne est l’égale de l’homme revient à dire qu’elle est dépourvue de droits, car la dictature a spolié l’homme de ses droits politiques et humains. L’égalité dont il est question ne s’applique qu’au niveau des organes génitaux qu’elle met sur un pied d’égalité. Dire qu’une brebis est l’égale d’un mouton, une chèvre l’égale d’un bouc et une vache l’égale d’un boeuf (castré bien sûr), n’est qu’une supercherie pour faire croire aux femmes Tunisiennes qu’elles auraient des droits quelconques. D’autre part, ceci est conforme à la philosophie (si je peux utiliser ce mot) du régime Tunisien qui ne considère l’homme que sous l’angle biologique. Ben Ali a par sa duplicité convaincu l’ex-président Français Chirac, en visite officielle en Tunisie en 2003, de la justesse de cette vue. Ce qui a fait dire à Chirac, répondant aux journalistes qui s’inquiétaient des violations des droits de l’homme en Tunisie, que le premier des droits était celui de manger. D’après ses constatations, les Tunisiens jouissaient encore de ce droit. Il faut rendre à Ben Ali cette justice qu’il n’a pas encore retiré le droit en question. Revenons aux femmes Tunisiennes. Au lieu de droits universels, il y a des privilèges consentis par la dictature aux collaboratrices du régime, ce qui explique leur fanatisme à le défendre dans les enceintes nationales et internationales. Pour me résumer, je dirais que l’état totalitaire, jaloux de ses prérogatives, n’accepte même pas une lecture libérale du Coran qui pourrait induire les femmes à revendiquer des droits en se référant à des textes religieux. Les femmes Tunisiennes jouissent de l’égalité des brebis qui leur est concédée par la générosité du dictateur dont les bienfaits sont répétés à cor et à cri chaque vendredi dans les prêches des mosquées écrits par le laquais de service du ministère des Affaires Religieuses à Tunis.

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Massinissa Depuis plus de 2 ans il y a

L’auteur semble intéressée par la production d’une eisegesis coranique plutôt que par une exégèse. Elle semble être une personne totalement dépourvue de toute intégrité ou sincérité intellectuelle. Quant à ses appels salafis aux musulmans pour réinterpréter leurs textes sacrés à la lumière des temps modernes… ils se font un peu vieux. C’est ce que nous faisions durant les 200 ans passés, et nous n’avons pas encore réalisé quoi que ce soit.

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