Service de Magharebia
Par: Abdelaziz Karraky

Quand le gouvernement malien et l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement (ADC) ont signé l’Accord d’Alger le 4 juillet 2006, on a estimé que le problème touareg au Mali était résolu définitivement, évitant ainsi au pays la séparation du nord, et réduisant le problème au développement et à la redistribution des richesses entre les différentes régions.
Toutefois, la révolte récente dans certaines villes maliennes prouve que la question a une autre dimension, vu que la population paniquée fuit pour vivre en tant que réfugiés dans d’autres régions.
Aujourd’hui, la révolte touareg vient dans un contexte marqué par : 1) la croissance du séparatisme, 2) la chute du régime du leader Moamer Kadhafi qui attisait les conflits régionaux, et 3) la transformation de certaines zones du Sahel en un terrain fertile pour al-Qaïda, compte tenu de la répression que cette dernière subit dans d’autres régions. Cela signifie que les efforts déployés par les pays du Maghreb pour lutter contre l’extrémisme et le terrorisme pourraient être confrontés à des défis inattendus.
L’effondrement du régime de Kadhafi est à l’origine de la prolifération de grandes quantités d’armes dans la région. Bon nombre de touaregs servaient le dirigeant libyen d’une manière ou d’une autre, et à leur retour dans leurs régions aujourd’hui, ils sont confrontés à plusieurs difficultés qui pourraient les transformer en des combattants à l’affût d’une nouvelle cause. Cela signifie que n’importe quelle idée radicale peut trouver des partisans.
Cette situation risque de donner naissance à une alliance entre le mouvement touareg et al-Qaïda, similaire au pacte de cette dernière avec les Talibans en Afghanistan. Les répercussions d’une telle alliance menaceraient non seulement la région, mais aussi l’Europe. Le commerce mondial sera également touché, ce qui mettra l’économie mondiale à rude épreuve.
Si cette révolte continue, elle risque d’affaiblir le gouvernement malien engagé dans la lutte contre toutes formes d’extrémisme et de terrorisme. Ces événements vont certainement se propager dans la région, encourageant ainsi le séparatisme qui va envahir plusieurs pays, et offrir aux extrémistes un espace plus large pour circuler et pratiquer leur trafic de drogues, d’armes et d’êtres humains.
Par conséquent, une guerre civile pourrait éclater dans la région, et personne ne saura prévoir ses conséquences.
La lutte contre l’extrémisme dans la région exige une approche globale, en commençant par le Polisario qui est susceptible de devenir l’allié principal des Touaregs, puisque beaucoup des membres des deux parties ont combattu aux côtés des milices du Colonel. En outre, de nombreux Occidentaux ont été enlevés du Polisario et transférés vers le désert.
Quant aux grandes puissances, elles devraient soutenir les efforts du développement et de l’amélioration des conditions de vie, étant la meilleure façon de lutter contre l’extrémisme.
Ce qui était à craindre a fini par arriver :… plus
Une nouvelle crise a commencé à émerger dans le Sahel,… plus
Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a 3 mois
je suis tout a fait d’accord ce qui se passe au nord du mali necessite une intervention international pour eviter le pire on sait que les pouvoirs politiques dans ces regions soufrent de beaucoup de probleme surtout au niveau de la legitimité;alors un tel probleme ne fait qu’agraver la situation donc à mon sens il faut multiplier les efforts pour creer une atmosphere favorable au developpement car c’est le meilleur moyen de resoudre es problemes de la region
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Anonyme Il y a 3 mois
Compte-tenu des événements qui se succèdent aujourd’hui dans le monde arabe, les gouvernements devraient être plus à l’écoute des revendications des populations, principalement constituées d’aspirations à une vie décente, aux droits et aux libertés élémentaires. C’est pour eux le seul moyen de confirmer leur légitimité, particulièrement pour certaines de ces autorités politiques autrefois construites sur l’oppression et la violation du pouvoir, afin d’entraver les groupes qui attirent les jeunes et leur enseignent l’extrémisme plutôt que la tolérance. Omar Boutanghash.
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Anonyme Il y a 3 mois
Bonsoir. Je pense que le Polisario commence à avoir une incidence négative sur la région, car bon nombre de ses membres finiront par se tourner vers le meurtre et le pillage quand ils ne recevront plus d’aides internationales. Je pense que le Grand Maghreb va résoudre les problèmes de la région tout entière, et qu’il est donc important que les forces internationales apportent de l’aide aux pays maghrébins pour se débarrasser de cet héritage lourd.
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Anonyme Il y a 3 mois
Les événements que traverse la région sont la conséquence naturelle de l’absence de démocratie, d’un contexte dans lequel le pluralisme et l’acceptation de l’autre ont été remplacés par l’exclusion. Personne ne parle de la souffrance du peuple touareg, et Kadhafi a exploité ce fait en sa faveur, ainsi que d’autres l’ont fait. La souffrance des Touaregs est profonde, et s’ajoute à la rudesse de l’environnement et à l’injustice. Aujourd’hui, le peuple Touareg a besoin d’une compensation pour tous les torts et dommages collectifs dont il a été victime, et alors la réconciliation pourra commencer.
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