La nomination des guides spirituelles prouve l'aptitude des femmes dans le domaine de l'éducation religieuse

Said_lakhal Par: Said Elakhal

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La désignation royale au Maroc des femmes en tant que guides spirituelles et prédicateurs est une initiative très importante sur deux niveaux :

- Le premier plan : Un plan religieux/doctrinal qui met fin au monopole masculin de la religion, et reconnaît l’aptitude des femmes à guider et à expliquer les sujet religieux à d’autres femmes. Les femmes sont plus habilitées à redresser des questions de jurisprudence relatives aux femmes, en plus l’aisance en communication entre femmes en vertu des valeurs et des normes sociales prévalant dans les sociétés du Maghreb. Dans une autre perspective, il s’agit d’une immunisation pour les femmes contre toute exploitation doctrinale ou idéologique pratiquée par les courants fondamentalistes ou djihadistes.

Ces courants se concentrent principalement – dans leur processus de polarisation – sur les femmes, parce qu’elles sont un intermédiaire plus facile et plus garanti pour pénétrer dans les familles, et élargir leurs bases organisationnelles. C’est parce qu’une mère a la capacité extraordinaire de faire adhérer ses enfants à ses convictions, aussi facilement qu’elle les allaite ; ce qui rend les femmes un canal central par lequel la société fait passer sa culture aux jeunes générations. C’est pour cette raison que les courants fondamentalistes refusent de reconnaître les droits des femmes afin de les garder comme otages dans les mains de ces organisations, dans le but de les exploiter dans leurs projets obscurantistes qu’elles cherchent à atteindre par le biais de la violence et les bombardements. En effet, de nombreux terroristes ont atterri sur ce chemin sous l’influence de leurs épouses.

- Le deuxième plan : un plan national/humain fondé sur la ferme conviction de la nécessité d’assurer la participation des femmes dans l’édification d’une société démocratique et ouverte. Cela ne peut être atteint à moins que les femmes s’engagent dans leurs fonctions en tant que citoyennes, dont les droits de citoyenneté sont garantis par la constitution.

Étant donné que les femmes exercent leurs droits politiques dans la gestion des affaires publiques ou l’élection de personnes qui s’en chargent, elles ont également le droit de participer consciemment et de façon responsable à la production de la jurisprudence qui convient à leurs choix politiques et sociétaux, de telle sorte que les femmes ne restent plus des composantes passives, mineures et suiveuses comme le souhaitent les courants fondamentalistes et les forces conservatrices. Evidemment, le choix de l’État pour permettre aux femmes de bénéficier de leurs droits – tout comme les hommes – n’est pas une innovation, ni une déviation de la religion, c’est plutôt une bonne incorporation des enseignements de notre religion, pour laquelle les hommes et les femmes sont égaux en termes de tutelle : " Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable. "

Ainsi, et depuis les incidents terroristes du 16 Mai 2003 qui ont secoué les esprits des marocains, l’État marocain est devenu dynamique dans le domaine religieux, afin de contenir l’extrémisme et lutter contre la jurisprudence non civilisée propagée par les associations et les mouvements appartenant au mouvement Wahabi, tant aux courants Takfiri ou ceux djihadistes/explosifs.

Cela a été clair dans le message adressé par le roi Mohammed VI au premier colloque des alimates (femmes érudites) et morchidates (guides spirituelles) à Skhirat le 17/07/2009, dans lequel il a déclaré : " Nous suivons de près et avec beaucoup d’intérêt les résultats de cette expansion, et son impact positif sur la vie des citoyens, et leur sécurité spirituelle et sectaire, ainsi que la fortification de leurs croyances, afin de réfuter les soupçons et les mensonges et faire face à l’extrémisme, au fanatisme et à l’étroitesse. Vous, femmes érudites, prédicateurs, et guides spirituelles, devez travailler sur l’auto-amélioration, et devenir une puissante force en mouvement au sein de la communauté, afin de réformer ce qui doit être réformé, et relever le flambeau de la fierté religieuse et nationale dans les cœurs et sentiments de notre peuple. Tout cela doit être fait avec un ferme accrochement aux bases de la nation et son identité nationale, et un engagement total à ses spécificités sectaires. "

Cela a été une confirmation officielle du rôle clé que les femmes jouent dans le domaine de l’orientation religieuse qui n’est plus réservé aux hommes seulement. Pour que les femmes puissent exercer leurs fonctions de prédication religieuse et leurs tâches d’orientation, les Etats concernés doivent permettre aux femmes d’adhérer – en tant que membres à part entière – aux conseils religieux, à tous les niveaux, y compris la fondation du conseil, en plus de leur permettre de pratiquer l’encadrement religieux au sein des mosquées, que ce soit à travers des enseignements ou par la prédication. Avant tout cela, il est impératif de fournir aux guides spirituelles une formation religieuse harmonieuse et enrichie par les valeurs et les principes des droits de l’Homme, et ouverte à la culture d’aujourd’hui. Cette formation devrait également être en mesure d’assimiler la réalité sociale avec son dynamisme. Cela exige le renouvellement du discours religieux, et sa libération de la captivité des anciennes jurisprudences qui sont incompatibles avec la science et les valeurs humaines. " Dans ce sens, vous êtes invitées aujourd’hui à contribuer efficacement à la lutte contre le sous-développement et l’exclusion, et à éclairer les esprits et les cœurs, et les purifier des pensées malades et des mauvaises croyances, ainsi que des penchants d’extrémisme et d’étroitesse. "

Dans son article intitulé " Est-ce que les érudits de la nation sont seulement des hommes et pas des femmes ?", publié dans le journal " Al-Khaleej ", le 13 avril 2006, Dr Suhaila Zain Al-Abidine a posé les questions suivantes : " Je ne sais pas jusqu’à quand les hommes vont-ils se réserver la science, la pensée et l’étude des affaires de la nation ? Et jusqu’à quand les femmes de la nation vont-elles rester marginalisées et exclues ? Et comment peuvent les érudits du pays chercher des moyens pour unifier la nation alors qu’ils différencient entre ses hommes et ses femmes ?"

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