Service de Magharebia
Par: Adel Rochdy

Sécheresse, désertification galopante et menace récurrente de famine, le sahel africain qui forme une bande subsaharienne allant du Sénégal à l’Ethiopie continue de payer les frais d’une situation alarmante dont les causes sont autant objectives que subjectives.
La situation socio-économique de cette région varie d’un pays à l’autre mais va en se dégradant en partant de l’ouest vers l’est.
L’agriculture essentiellement pluviale et donc très peu irriguée, reste tributaire des conditions météorologiques et le réchauffement de la planète n’annonce pas des lendemains meilleurs.
A cela s’ajoute la faiblesse du réseau de communication, notamment l’insuffisance des infrastructures routières et le faible taux des échanges, et ce, en dépit des efforts effectués depuis les indépendances à travers surtout les organisations non-gouvernementales et de plus en plus par la société civile qui voit les associations d’agriculteurs prendre carrément le relais des gouvernants pour apporter des solutions parfois fructueuses, notamment dans les pays où la liberté d’expression et d’action sont perceptibles.
Que peuvent faire les Etats du Maghreb, qui ne sont pas moins africains, pour aider les pays du sahel à trouver des solutions durables ?
Les relations du Maghreb avec l’Afrique ont connu une impulsion à partir des années 90. C’est à travers des contrats de coopération que le Maghreb a initié un système de relation qui n’a pas toujours été dans une optique gagnant-gagnant.
La Libye de Kadhafi a injecté une masse importante d’argent destinée plus à la propagande politique de l’ancien dictateur qu’à aider les peuples de la région du sahel. L’Algérie, dans un élan solidaire et " socialiste " s’est contentée de relations diplomatiques voire parfois militaires.
Il reste le Maroc et la Tunisie. Ces deux pays semblent opter vers une coopération qui touche essentiellement le secteur des services.
Or l’Afrique a besoin d’investissement dans des domaines porteurs à court, moyen et long terme qui s’articulent autour de trois axes importants à savoir l’agriculture, la santé et l’enseignement. Or, le sahel a besoin d’argent, et dans ce domaine, marocains et tunisiens ne justifient pas des moyens nécessaires pour le faire.
Par contre le phénomène s’est inversé, c’est l’Afrique qui vient chercher au Maghreb le savoir-faire. Beaucoup d’étudiants africains se sont inscrits depuis deux décennies aux universités et instituts tunisiens et marocains.
Résultats : les idées existent mais les moyens matériels font défaut, et si l’Afrique améliore substantiellement ses ressources humaines, elle continue de manquer de ressources financières à cause d’une mauvaise gouvernance qui reste malheureusement la marque de fabrique du continent.
Mais, le problème du sahel africain ne se résume pas uniquement à la question du développement, les échecs successifs ont conduit à un désespoir très inquiétant qui a fait que cette zone ou du moins une partie de cette région devienne un foyer du terrorisme fanatique.
Pour beaucoup de jeunes, la pauvreté s’est installée " définitivement " en Afrique et ils ne voient pas d’autres solutions que les armes et le communautarisme. " Al Qaida " trouve dans cette vaste zone miséreuse et faible, un terrain de prédilection pour installer le chaos.
Sur ce plan là, une coopération s’impose, en attendant, le Sahel aura encore perdu du temps.
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