Combiner l’économique et le sécuritaire

Iqbal_photo Par: Iqbal Al Gharbi

120111-zawaya-photo

Bien que le terrorisme ne soit pas une nouvelle menace pour de nombreux pays d’Afrique, de nombreux gouvernements s’aperçoivent de plus en plus que le terrorisme menace la sécurité et le développement économique du continent dans son ensemble et nécessite une réaction commune mieux coordonnée.

L’Afrique manque cependant d’un cadre stratégique régional de lutte contre le terrorisme ou d’un mécanisme permettant la coopération et le renforcement des capacités pour affronter cette menace grandissante.

En effet, la crise libyenne a, sans aucun doute, permis à AQMI de s’approvisionner en armes (conventionnelles et non conventionnelles). Certains experts affirment que cette organisation pense consolider ses liens avec l’organisation somalienne Al Shebab pour créer un nouvel axe AQMI-Shebab-AQPA (Al Qaeda Péninsule Arabique), c’est-à-dire Maghreb-Sahel-Somalie-Yémen.

Il est vrai que le Sahel africain, constitue un terreau propice à ses desseins : la misère, le tribalisme, la contrebande, le trafic de drogues dures, les conflits non résolus qui se prolongent ; la discrimination ethnique ou religieuse créent les conditions sous-jacentes propices à la propagation du terrorisme.

Ligne de frontière entre Méditerranée et Afrique subsaharienne, le Sahel, en organisant la transition entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire subsaharienne, reste une voie de commerce traditionnel, une voie de passage des flux migratoires entre l’Afrique et l’Europe, tout en étant également une zone grise qui échappe au contrôle régulier des Etats riverains.

Ceci explique l’importance de la sécurité du Sahel, et son rôle dans l’amélioration de la stabilité et de la sécurité du continent.

Face à ces défis, les Etats du Maghreb, sont dans l’obligation de chercher des moyens pour dépasser les litiges qui les opposent afin de faire face à la montée du discours extrémiste et regarder avec rationalité toute les possibilités de la prévention contre le terrorisme.

Sur le plan sécuritaire, le terrorisme, en tant que menace globale, nécessite une réponse globale. La sécurité du monde passe par la sécurité et la stabilité du Sahel et par la lutte active contre le terrorisme qui recrute aussi bien au Maroc en Algérie, en Tunisie ou en Mauritanie.

Cette sécurité mondiale ne peut que se connecter à un programme de développement mondial. Ce programme pourrait lutter contre la marginalisation socio-économique, exorciser le manque de bonne gouvernance et promouvoir l’État de droit comme condition sine qua non du succès de la lutte contre le terrorisme.

Certains experts comme Aomar Baghzouz pensent qu’un Maghreb-acteur pourrait exiger une meilleure participation dans les stratégies de sécurité en Méditerranée, dans la perspective d’un triangle OTAN-Maghreb-Union Européenne. Par ailleurs, le Maghreb comme entité politique pourrait être un élément de stabilisation de la rivalité existante entre les États-Unis et l’Europe et contribuer à une plus grande cohérence des initiatives contre le terrorisme.

Un Maghreb uni pourrait, grâce à son marché unique débarrassé des barrières commerciales, mieux profiter du partenariat proposé tant par les États-Unis que par l’Union Européenne.

Publiez vos commentaires immédiatement ! Enregistrer

1800 caractères restants (1800 max)

Entrer les chiffres
Button

Autres opinions

Les infos de Magharebia