Service de Magharebia
Par: Ali Chaabani

Plus de trois millions de marocains vivent à l’étranger, composant une communauté qui ne peut être sous-estimée ni en termes de nombre, ni en termes d’impact et de rôles qu’elle peut jouer dans différents domaines. Cette communauté est distribuée sur un grand nombre de pays en Europe, Amérique du Nord et Moyen-Orient, ainsi que sur un certain nombre d’autres pays d’Afrique et d’Amérique latine. Cela signifie que les marocains se trouvent dans tous les continents du monde. Cette diffusion ne peut avoir que de nombreux aspects positifs.
Sur le niveau économique, personne ne peut nier l’important rôle joué par les expatriés à travers leurs transferts de devises, et les investissements qu’ils réalisent au Maroc.
Mais les rôles politique, social et culturel de la communauté marocaine à l’étranger ont-ils le même poids que son rôle dans le domaine économique ?
Il s’agit, donc, d’une problématique qui nécessite plus de réflexion et de recherche, car il y a très peu d’études qui se sont concentrées sur l’analyse de la question suivante : Comment les marocains résidant à l’étranger peuvent-ils participer à la vie politique et sociale ?
Il est vrai que la composition démographique et sociologique des marocains résidant à l’étranger a considérablement changé entre la première génération, et les deuxième et troisième générations. Dans la deuxième moitié du 20ème siècle, la communauté marocaine à l’étranger était principalement composée de personnes qui venaient de la campagne marocaine et des régions pauvres, à la recherche du travail et principalement en quête de la possibilité d’améliorer leur situation économique ; et ils étaient pour la majorité des gens dont le niveau d’éducation ne dépassait pas – dans le meilleur des cas – l’enseignement secondaire.
Mais aujourd’hui, nul ne doute que cette communauté a désormais des éléments cultivés et de haut niveau d’éducation spécialisée, qui sont conscients des rôles qu’ils peuvent jouer. Ces expatriés ont vécu et connu toutes les conditions politiques, sociales et culturelles de leur pays d’accueil. Cela soutient le fait de dire que les rôles et les fonctions que cette communauté pourrait remplir dans les domaines politique, social et culturel, seront de la plus haute importance.
Cette conclusion provient – bien sûr – de l’émergence et de la création de nombreuses associations, dont les activités principales sont : prendre en charge des conditions générales de cette communauté, défendre ses droits, sensibiliser ses membres, et l’informer de ses obligations envers son pays d’accueil et son pays d’origine (Maroc). Il y a même des marocains – de la deuxième et troisième générations – qui ont pu grimper les échelles sociales et occuper des postes élevés (députés dans les parlements locaux et ministres, surtout dans des pays tels que les Pays-Bas, la Belgique, la France, l’Italie, l’Espagne et le Canada…).
À cet égard, nous ne pouvons pas ignorer le discours du roi Mohammed VI, du 5 Novembre 2005, qui a annoncé de très hautes résolutions en mettant l’accent sur :
- La nécessité de représenter les marocains résidant à l’étranger à la chambre des représentants.
- La création de circonscriptions législatives électorales à l’étranger, de sorte que les marocains vivant à l’étranger puissent choisir leurs députés au Parlement marocain.
- La création d’un Conseil spécial pour la communauté marocaine à l’étranger.
Dans ce contexte, le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger a été créé, après une série de consultations menées par le Conseil consultatif des droits de l’Homme avec un certain nombre d’acteurs dans le domaine de l’immigration. En outre, il est nécessaire de :
- Créer un groupe de travail pour activer le Conseil.
- Réaliser des études et des consultations qui portent principalement sur le rôle que les marocains résidant à l’étranger peuvent jouer dans les domaines politique, social et culturel.
- Identifier les diverses demandes des associations des marocains résidant à l’étranger qui sont actives dans le domaine de l’immigration.
- Introduire la question de la participation politique des marocains résidant à l’étranger dans les élections de 2012, les considérant comme des citoyens.
La communauté marocaine résidant à l’étranger est devenue hautement qualifiée aujourd’hui, après avoir vécu dans des sociétés démocratiques civilisées et avancées. Il ne fait aucun doute que les marocains résidant à l’étranger ont bénéficié du fait de vivre ailleurs, et ont acquis beaucoup d’expérience que ça serait très utile de transférer au Maroc. Le pays pourrait bénéficier de cette expertise dans des domaines qui favorisent la croissance et la prospérité de la communauté, notamment dans les domaines économique, politique, culturel et social.
La participation de la communauté marocaine résidant à l’étranger ne peut être achevée qu’en travaillant sur les moyens qui faciliteront cela, et en explorant – à travers des études et des sondages d’opinion – ses souhaits à ce sujet, et la mesure de sa disponibilité pour ce type de participation. Nous ne devons pas oublier que la grande majorité de ces marocains sont à la recherche des moyens les plus efficaces d’acquérir une citoyenneté complète dans leurs pays d’accueil. La question qui se pose ici est la suivante : Quels sont les moyens et les circonstances que le Maroc – et même tous les pays du Maghreb – ont préparé en vue d’inciter ces expatriés à participer à la vie politique et servir leurs communautés d’origine ?
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