Service de Magharebia
Par: Monia Ferjani

Tous les peuples de la terre, sans exception, sont capables de se révolter contre l’injustice un jour, qu’ils soient civilisés ou sous-développés, riches ou appauvris. Les peuples souffrent de leurs régimes arbitraires pour une période de temps déterminée selon les circonstances du pays, la nation elle-même, et l’étendue de la dictature du régime au pouvoir.
Toutefois, lorsqu’il y a révolte, les revendications populaires sont les mêmes, à savoir liberté, dignité et distribution équitable des richesses. La seule différence réside entre une nation qui croit en la justice du système judiciaire et la suprématie de la loi, et une autre qui invoque la loi de la jungle et prend sa propre vengeance, en reculant ainsi dans la brutalité des siècles des ténèbres.
La façon dont Saif al-Islam Kadhafi et son père ont été arrêté, et la manière dont Moamer Kadhafi a été tué et son corps abusé, ne peuvent en aucun cas être associés à la révolution. Je condamne fermement ces deux hommes et leurs crimes contre le peuple libyen, mais cette tendance vindicative des rebelles va entraîner la Libye dans un long cycle de violence. Cela peut être expliqué par ce que les Libyens ont subi de la part du régime de Kadhafi, mais cela reste une raison, et non une justification.
La révolution visait en principe à rompre avec la dictature autoritaire, et commencer une nouvelle ère où la sécurité des corps et des âmes est préservée, les êtres humains et leur dignité sont respectés, et les criminels sont tenus responsables de leurs crimes.
Al-Baghdadi al-Mahmoudi a pleuré en quittant la Tunisie pour se diriger vers son pays, non pas parce qu’il regrette son implication avec Kadhafi, car ces gens sont entraînés pour obéir et opprimer, mais plutôt parce qu’il redoute ce qu’il va endurer par les gens qui allaient le recevoir.
Ainsi, le Conseil libyen de transition assume aujourd’hui la grande responsabilité d’assurer un procès équitable et transparent pour Saif al-Islam, de le tenir responsable de ses actions sur la base de preuves, et de lui permettre d’avoir un comité de défense en vertu du droit international.
Premièrement, le procès de Saif al-Islam prouve l’existence de la justice et assure la suprématie de la loi ; cette même loi que le régime de Kadhafi a piétiné et modifié pour servir ses propres intérêts. N’oublions pas que la justice est une demande populaire qui vient en tête de la liste des revendications dans les révolutions arabes. Deuxièmement, juger et condamner Saif al-Islam en vertu de la loi constituent le droit de chaque citoyen libyen, et un dédommagement pour les martyrs de la révolution libyenne.
Pour que cela ne reste pas de simples slogans, le gouvernement intérimaire libyen doit exercer ses pouvoirs pour assurer la sécurité, empêcher l’utilisation aveugle des armes, imposer le respect de l’État, et assurer l’indépendance du système judicaire, dans le but de rassurer les citoyens. Le procès de Saif al-Islam doit être une simple étape dans le processus de la révolution, pour que les Libyens puissent aller de l’avant, guérir leurs blessures, reconstruire leur pays et promouvoir leur économie. La violence ne fera que transformer le pays en une proie facile, comme c’est arrivé à l’Irak.
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Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a 5 mois
Saif al-Islam n’est qu’un criminel de guerre.
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Anonyme Il y a 4 mois
Saif al-Islam ne mérite pas ce qui lui est arrivé.
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Anonyme Il y a 4 mois
Saif al-Islam est un homme, et les hommes sont rares.
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Anonyme Il y a 4 mois
La paix soit sur vous, ainsi que la bénédiction et la miséricorde d’Allah. Le gentil peuple libyen a beaucoup souffert des injustices et des crimes de Kadhafi. Ainsi que des actes de Saif et de certains des assistants de Kadhafi. Saif devrait avoir droit à un procès loyal et juste, afin que lui soit épargné le même destin que son père. J’ai personnellement souffert, tout comme des millions de libyens, de l’injustice du régime de Kadhafi. Nous ne voulons pas revenir en arrière et souffrir de l’injustice, de la violence et de la vengeance. Répéter des actions semblables à celle du régime précédent est très dangereux. Malheureusement, pendant les 3 derniers mois en Libye, les rebelles ont participé à des événements graves, constitués de vengeance, de meurtres, de violences, d’arrestations arbitraires, de torture, et on voit de nombreuses prisons sans aucun contrôle ni responsabilité. Personne ne connait le nombre de détenus, ni l’emplacement où ils se trouvent. La situation actuelle en Libye est extrêmemnt dangereuse, triste et douloureuse, sans même parler des personnes déplacées, portées disparues ou blessées. Parmi les autres problèmes, je mentionnerai le chômage, la pénurie des liquidités, les suspensions d’écoles, l’effondrement du système de santé et la destruction des infrastructures. Hélas, il y a encore des personnes arrêtées, torturées et parfois assassinées, et d’autres qui combattent pour le pouvoir au prix d’effusions de sang et d’une violence sans fin. Dans le même temps, d’autres volent et pillent les fonds publics et privés. Tout ceci se produit dans une absence totale de sécurité, sans lois ni application des lois. Il n’y a ni pouvoir ni force excepté Allah, le plus Grand. Quelle est cette calamité qui nous frappe ? Tous les jours, nous assistons, ou nous entendons parler de conflits internes entre les rebelles eux-mêmes, ou d’une attaque menée par une tribu sur une certaine région, cherchant à s’emparer des hommes. Ces événements répandent la panique et la peur parmi la population et les familles, alors même qu’ils sont chez eux, le soir. Le dernier de ces affrontements, qui se produisent encore régulièrement dans la ville de Zliten, a fait de nombreux blessés dont un dans une situation critique. Nous prions Allah de les guérir tous. Nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous reviendrons.
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