Service de Magharebia
Par: Driss Ben Ali

La mort de Kadhafi est, certes, un grand événement pour le peuple libyen qui a réussi à se débarrasser d’un tyran féroce et irresponsable. Toutefois, la disparition de ce despote capricieux et imprévisible fait naître de nouvelles menaces et de sérieuses inquiétudes pour les pays du Maghreb notamment. Le personnage a laissé derrière lui un lourd héritage. Depuis son arrivée au pouvoir jusqu’à son élimination, il n’a cessé d’œuvrer pour la déstabilisation les Etats voisins. Son ambition démesurée de vouloir étendre son influence sur l’ensemble de la région, son acharnement à semer la discorde parmi les pays africains et arabes, et, son soutien tout azimut aux mouvements terroristes ont contribué à créer un climat d’incertitude et un environnement chargé de menaces.
Au cours des derniers mois il a conduit son pays à la guerre civile. Dans sa lutte contre la rébellion, il a armé et lourdement financé la frange touareg de son peuple pour combattre dans un premier temps les rebelles et ensuite regagner leurs voisins dans le désert et se tenir prête à toute éventualité. Ce qui représente, selon certains observateurs avertis, un énorme stock d’armes et un réservoir potentiel de recrutement (environ 600.000) que l’AQMI va tenter de mobiliser.
Cette situation fait appel à beaucoup de vigilance et de mobilisation de la part du Maghreb, notamment du Maroc et de l’Algérie. L’enjeu est de taille. C’est de la stabilité de tous les pays de la région dont il s’agit. Comme préalable, cette situation exige de la part des deux pays, un grand effort pour surmonter leur différend et, s’entendre sur une action concertée et coordonnée. L’immense étendue du territoire à contrôler impose des moyens énormes que seule la collaboration entre les Etats de la région puisse assurer. Par ailleurs, Il importe de préciser que tout soutien à un mouvement subversif et armé, dans le contexte actuel, risque d’amplifier le problème et de rendre la situation incontrôlable. Elle exige aussi une collaboration des Etats du Maghreb avec les Etats européens dont les intérêts sont menacés et dont les citoyens font souvent l’objet d’enlèvements et de menaces. L’Europe est aussi concernée que le Maghreb car tout mouvement terroriste déstabilisateur dans la région aura automatiquement des répercutions sur la rive Nord de la Méditerranée.
Enfin, la situation requiert aide et assistance aux nouvelles autorités libyennes de manière à ce qu’elles puissent sécuriser rapidement le territoire national en mettant un terme au chaos hérité de l’ancien régime. La période de transition que traverse la Libye est très incertaine. C’est un Etat qui se reconstruit. Il ne peut le faire seul surtout après une guerre civile ravageuse.
En définitive, les Etats du Maghreb sont sommés de prendre à bras le corps ce problème et de lui trouver une solution rapide et concertée.
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