L'Islam ne s'oppose pas à la démocratie et aux valeurs humaines

Said_lakhal Par: Said Elakhal

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Le monde entier suit de près chaque moment des révolutions arabes qui mettent les militants politiques des courants islamistes, salafistes, gauchistes et libéraux face au dilemme suivant : Sont-ils prêts à respecter le choix et la volonté du peuple ? Vont-ils respecter le mécanisme et les valeurs démocratiques si le peuple les choisit pour gérer leurs affaires publiques ? Deux facteurs sont à l’origine de ce dilemme :

Premièrement, dans les pays où les révolutions ont renversé les régimes politiques, les autorités provisoires se sont engagées à organiser des élections libres et équitables, et à respecter leurs résultats.

Deuxièmement, l’émergence en force prévue de l’islam politique, et les résultats des élections en Tunisie, qualifient ce courant pour diriger l’État et gouverner. Cependant, l’islam politique a de mauvais antécédents en matière de pratiques et valeurs démocratiques. À titre d’exemple, au Soudan, Hassan al-Tourabi a renversé Saadiq al-Mahdi pour établir un régime islamique plus dictatorial que ses prédécesseurs. Par conséquent, le Soudan a été divisé, et le président al-Bashir, l’allié d’al-Tourabi, a été jugé devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

Ces modèles islamistes inquiètent les citoyens et l’opinion publique internationale. Ces préoccupations sont d’autant plus aggravées par les déclarations et positions de certaines figures islamistes éminentes sur des questions telles que les droits des femmes et la liberté de croyance. Les islamistes égyptiens and libyens ont annoncé leur intention d’abolir certains droits que les femmes ont réussi à acquérir sous les anciens régimes. Cela soulève davantage de questions sur le sort des droits politiques et intellectuels en cas d’accession des islamistes au pouvoir. Ces questions sont légitimes, vu que le monde arabe n’a jamais connu d’État islamiste avancé et unique.
Même le Hamas qui est arrivé au pouvoir démocratiquement n’a fait qu’empirer les souffrances des Palestiniens, car il a restreint la liberté d’opinion ; interdit les manifestations culturelles, les activités artistiques et de nombreuses publications traditionnelles ; interdit aux hommes d’être des coiffeurs pour femmes, et de vendre la lingerie féminine ; et imposé le Hijab aux femmes, surtout les avocates. Quant à la Tunisie, où le parti islamiste Ennahda a gagné les élections, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, pour trois raisons principales :

Premièrement, le peuple tunisien s’est libéré de la peur, et a brisé ses chaînes grâce à ses propres convictions et volonté, et sans aucune influence extérieure. Un peuple qui a renversé un régime oppressif avec un coût minimum et en peu de temps, ne perdra pas son esprit de liberté et d’émancipation devant un gouvernement islamiste qu’il a élu au pouvoir, et qu’il peut renverser.

Deuxièmement, les dirigeants et stratèges d’Ennahda, surtout cheikh Ghannouchi, ont confirmé, avant et après les élections, qu’ils vont respecter les choix du peuple tunisien, préserver l’ensemble des droits et acquis, et respecter les engagements des gouvernements précédents. Dans une conférence de presse tenue le 27 Octobre, Rachid Ghannouchi a dit : « Nous croyons fermement à l’importance du consensus pour l’édification d’un État démocratique, que ce soit dans le gouvernement ou dans l’Assemblée constituante, car la gouvernance et la Constitution doivent se baser sur le consensus ». Il a ajouté: « Nous allons tendre nos mains à nos frères tunisiens de tous bords, et leur demander de se joindre à nous pour construire la Tunisie. Nous espérons que leur unité en prison sera suivie par une prise de conscience commune que la démocratie est soit pour tous, ou pour personne ».

Troisièmement, si les islamistes abusent des droits de l’Homme et tentent d’établir un régime autoritaire, ils seront soumis à la pression internationale, surtout que la Tunisie a besoin de l’aide internationale pour reconstruire son économie et promouvoir l’investissement, afin de parvenir à contenir le nombre croissant des chômeurs qui constituent un fardeau pour l’État.

Tous ces faits obligeront les nouveaux gouvernants de la Tunisie à adopter la démocratie dans la gestion des affaires publiques. Le problème ne réside pas dans l’islam en tant que religion, mais plutôt dans l’interprétation politique des textes religieux. Le modèle islamiste turc fait preuve de réconciliation entre l’islam et la démocratie, et offre une image différente de celle promue par les islamistes dans le monde arabe où l’islam et la démocratie sont en conflit.

Vos commentaires

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Anonyme Il y a 6 mois

Si l’Islam est une religion, et la religion signifie justice, et cette dernière est synonyme d’équité qui est une autorité appliquée par les gens sur eux-mêmes sur la base d’un principe démocratique ; alors la démocratie est de l’équité, qui signife justice, qui relève de la religion, c’est-à-dire l’Islam. Puisque la religion est une réforme, tout comme la démocratie, alors le principe de réforme est commun entre toutes les religions divines, intellectuelles et humaines, et entre toutes les civilisations humaines anciennes et nouvelles, vu qu’il vise à rendre les gens plus heureux, indépendamment de leur foi ou de son absence, tant que leurs âmes viennent du souffle de Dieu. Par conséquent, dire que l’islam et la démocratie sont incompatibles est faux.

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