La politisation de l'Islam le prive de son caractère sacré

Jemal-oumar Par: Jemal Mohamed Oumar

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Les derniers développements démocratiques en Tunisie, et l’émergence du parti islamiste Ennahda, inquiètent les citoyens et les observateurs internationaux au sujet de l’avenir de la gouvernance tunisienne après Ben Ali. La Tunisie était le pays le plus modéré en religion dans la région, et les Tunisiens étaient les plus éloignés de l’Islam politique depuis des décennies, pendant l’exclusion du parti Ennahda de la scène politique tunisienne.
Certains redoutent le retour d’Ennahda avec autant d’enthousiasme et de ferveur, non pas parce qu’ils craignent le parti lui-même, mais parce qu’ils ont peur que l’Islam politique envahisse le Maghreb ou les pays révolutionnaires pour remplacer les anciens régimes laïques.
Ennahda a annoncé qu’il est prêt à coexister avec le concept occidental de la démocratie, sans pour autant rassurer les personnes qui ne sont pas convaincues par la possibilité d’édifier un État démocratique fondé sur l’Islam.
Plusieurs raisons logiques expliquent les préoccupations liées à l’adoption du modèle politique islamiste dans la région.
Premièrement, l’Islam est une religion et non un État. Le terme « État religieux » est apparu en Occident, et l’Islam ne l’a pas connu pendant sa longue histoire. Dans l’histoire concernant la pollinisation des palmiers dattiers, le prophète – que la paix soit sur lui – a dit : « Vous êtes les mieux renseignés sur les affaires de votre vie mondaine », laissant ainsi les gens gérer leurs affaires personnelles en dehors de la religion.
En tant que religion divine, l’Islam ne mentionne pas l’État, et rejette plutôt son ingérence dans les affaires religieuses et personnelles du peuple, selon le penseur Mustafa Abdel-Razek. Toutefois, pour leur part, les Frères musulmans pensent que l’Islam est une religion et un État, ou le Coran et une épée.

D’autre part, la religion est absolue et infaillible. Gouverner au nom de l’Islam, implique inévitablement à commettre des erreurs parce que les humains sont naturellement enclins au mal. Un gouvernant qui exerce le pouvoir au nom de l’Islam, ne peut etre tenu responsable de ses actes, puisque sa légitimité découle d’une source sacrée et divine.

La deuxième raison qui entraverait le succès d’un État islamique en tant que modèle politique est l’absence d’érudits assidus capables d’émettre une interprétation contemporaine des sources de législation (Coran et Sunna), et de parvenir à l’unanimité. Tant que cette condition fait défaut, le régime islamique succombera à des exégèses étroites adaptées aux intérêts politiques des gouvernants. Ce sera ainsi une mauvaise exploitation de l’argument stipulant que l’Islam est valable en tout temps et en tout lieu.
Le point le plus compliqué pour les partisans d’un État religieux aujourd’hui est la multiplicité des sectes et doctrines, et les différents aspects de l’Islam dans chaque faction, groupe et société, ce qui complique l’application d’un modèle islamique précis en tant que référence.
En conclusion, on peut avancer que la démocratie contemporaine ne convient pas à l’État islamique. Par exemple, en déclarant qu’il est prêt à coexister avec la démocratie, le parti Ennahda élimine son principal slogan fondé sur la loi islamique, limite son appel à l’Islam aux pratiques individuelles, et s’aligne avec l’approche politique laïque.

Vos commentaires

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Anonyme Il y a 6 mois

Cette analyse est très logique.

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