Service de Magharebia
Par: Saloua Charfi

Pour saisir l’événement créé en Tunisie par la chaîne de télévision maghrébine Nessma autour du Film iranien “Persépolis”, il faut le placer dans son contexte purement tunisien.
Le conflit s’inscrit dans la polarisation que les tunisiens vivent en pleine campagne électorale entre modernistes, laïcs et libéraux d’une part et islamistes et conservateurs d’autre part.
Le message de Nessma est politique et le contre message exprimé par les islamistes est également politique.
Le message de Nessma exprimait l’idée suivante : " voilà ce qui risque de vous arriver si vous votez pour les islamistes. Ne commettez pas l’erreur des Iraniens. " Le contre message disait : " n’écoutez pas Nessma c’est une chaîne de mécréants. La preuve elle personnifie Dieu ".
En fait la scène de la personnification de Dieu ne dépasse pas quelques secondes dans le film.
Ces deux messages purement politiques ont été en réalité enveloppés dans un discours artistique pour Nessma, et religieux pour les islamistes.
Nessma prétend que l’artiste est plus libre que le politicien et n’a pas à tenir compte des croyances ou du timing ou encore du consensus culturel autour de l’interdiction de la représentation de Dieu.
Les conservateurs et les religieux disent que la liberté d’expression doit s’arrêter au seuil de la croyance religieuse. Donc la foule qui a défendu ce dernier message en descendant dans la rue, a protesté contre le discours iconoclaste de Nessma et non pas contre le fait de montrer ce qu’il ya de négatif dans le régime iranien actuel.
Les contestataires n’étaient pas forcément acquis aux thèses politiques des islamistes. C’est une foule de croyants, pas une foule d’électeurs.
Comment expliquer un tel paradoxe ?
Le peuple tunisien est sorti d’un système dictatorial qui a duré des siècles, la période de 55 ans d’indépendance comprise.
Il existe un manque flagrant de culture démocratique et surtout de culture artistique. La culture dominante étant la culture traditionnelle des docteurs de l’islam (les foukaha), c’est cette culture qui est la mieux comprise.
L’événement Nessma a du bon. Il a sans doute permis aux artistes de saisir les enjeux culturels et leur rôle dans la propagation d’une culture alternative ouverte sur d’autres horizons.
Reste qu’il faut traduire cette conscience dans une stratégie d’éducation et de communication et empêcher les politiciens d’instrumentaliser l’art politiquement.
Aujourd’hui qu’il est possible de s’exprimer en tant que contre pouvoir, les artistes et intellectuels doivent saisir ce droit et ce nouveau pouvoir pour diversifier les horizons des Tunisiens.
L’art a un rôle aussi important que celui des partis politiques dans la consolidation de la démocratie.
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Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a 6 mois
Le monachisme n’existe pas en Islam, et le culte n’est qu’une affaire privée entre une personne et Dieu. Quant à ceux qui exploitent la révolution au nom de l’Islam, et avec des concepts de partis religieux dictateurs… Est-ce logique de mettre fin à une dictature pour adopter un régime similaire ou meme plus stricte ? En Tunisie, nous n’avons pas besoin de médiation dans notre religion et nos croyances. Nous avons réalisé notre révolution pour avoir un gouvernement civil, et rien d’autre. Il n’y a pas de place pour l’extravagance religieuse. Nous en avons marre des attentats-suicides, et des termes tels que le djihad, le niqab et « la place des femmes est à la maison ». Assez d’absurdités !
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Anonyme Il y a 6 mois
pourquoi parlons nous de l’iran , on parle de la tunisie arabe et dont 99% de la population est de religion musulman , ou personifier dieu est un pecher , alors pourquoi aller plus loin , que chercher vous a demontrer????je ne comprend pas tres bien ?dites pas seulemnt que c’etait une strategie politique , oui, je vous entend , malheureusement pour vous ou pas , cest elnadha qui en a tirer profis. svp arretont de nous conporter comme des europeens , nous sommes arabes et enfin sortie de la colonisations et de la repression . en avant pour une tunisie arabe , musulmane , libre, ou on a un potentiel enorme de jeune diplomer pres a s’invertir dans leur pays.
kouka
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Anonyme Il y a 6 mois
On est censé tout afficher aux gens * Rien n’est sacré * Il faut exposer les croyances religieuses fausses et corrompues aux gens * C’est un excellent film qui devrait être diffusé tout le temps * Merci à la merveilleuse chaîne Bassma.
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