Protection des minorités : Oui, mais...

Monia Par: Monia Ferjani

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La protection des minorités est l’un des piliers des droits de l’Homme approuvés par les Nations Unies, et défendus par les organisations des droits de l’Homme dans le monde entier. Plusieurs dispositions recommandent le respect et la protection des droits des minorités sur la base de la race, de la langue ou de la religion. En plus, certains pays ont promulgué des lois visant à garantir ces droits, tandis que d’autres ne les respectent pas sur le terrain. En effet, les minorités ont souvent été persécutées par des dictatures comme l’Allemagne nazie et la Yougoslavie, ou utilisées comme prétexte pour harceler les opposants.

Cela fait presque dix-huit ans que l’Assemblée générale a adopté la Déclaration sur les droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques, visant à prévenir la ségrégation, et à résoudre les conflits pacifiquement. Cette Déclaration n’est pas appliquée dans plusieurs pays, mais les minorités ne sont pas les seules responsables de cette faille ; c’est plutôt les majorités influentes ayant les capacités de promulguer des lois civiles, qui doivent adopter les droits des minorités et les promouvoir. Ces majorités doivent agir par conviction que nous vivons dans un grande société dont les composantes doivent être interdépendantes en vue de servir l’humanité qui est dorénavant menacée par la haine, la crainte et la terreur, et que la diversité est une source d’enrichissement, et non pas un motif de division.

Ainsi, il est nécessaire d’éveiller la conscience lorsque la loi n’a pas d’impact. Les composantes de la société civile – y compris les partis politiques et les associations -, les médias, les programmes scolaires, et le discours religieux – état donnée que toutes les religions encouragent la modération, la solidarité, le pardon et la compassion -, ont tous un rôle à jouer.

À titre d’exemple, l’amazigh est la langue autochtone du Maghreb, qu’on le veuille ou pas, et elle ne doit pas être marginalisée malgré notre attachement à la langue arabe. Accorder une place plus importante à la langue amazighe dans les institutions et programmes éducatifs, les médias, les productions culturelles, et les conseils élus, ne présentera aucun risque pour l’arabe classique.

Les minorités juives, chrétiennes et chiites – avec tous leurs sous-groupes -, apportent richesse et diversité à la société. Cela n’est pas nouveau pour le Maghreb, vu que musulmans, juifs et chrétiens ont toujours coexisté en harmonie en Afrique du Nord.

Le Maghreb est un pont culturel qui a témoigné du passage de gens de différentes races, langues et religions. Ces personnes ont interagi avec les maghrébins natifs, les ont influencés, et ont été influencés par eux. Par conséquent, l’ingénierie, l’architecture, l’industrie, les arts et les dialectes ont tous progressé grâce à ces échanges…

Le respect des minorités n’est pas un défaut de la culture maghrébine, autant que c’est une nécessité occidentale dictée par les atrocités commises en Allemagne nazie et en Yougoslavie après le maréchal Tito, et par la souffrance des Esquimaux et des Indiens natifs…

En plus des minorités mentionnées dans la Déclaration de 1993 de l’Assemblée générale, on entend parler aujourd’hui de nouvelles minorités, comme les homosexuels, les athées, et les satanistes entre autres.

Que faire sachant que les droits de l’Homme sont indivisibles ? Les pays maghrébins soutiennent-ils ces minorités malgré leur contradiction avec les valeurs de l’identité et de l’appartenance, les enseignements de la religion et la moralité ?

C’est un autre sujet à débattre.

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