La prévention doit être à la fois politique et sociale

Salwa_pass Par: Saloua Charfi

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La proposition algérienne de mettre un terme à la pratique du paiement des rançons soulève des questions d’ordre humanitaire, politique et pratique.

Est-il admissible de jouer avec la vie des otages pour assurer un succès incertain sur le long terme ? La Grande-Bretagne a refusé de payer une rançon pour Edwin Dyer, et ses ravisseurs n’ont pas hésité à lui trancher la tête.

Mais le recours systématique à la négociation – même s’il permet de sauver des vies – encourage les ravisseurs à poursuivre cette pratique. Se soumettre aux conditions imposées par ces gangs pour sauver la vie d’une personne entraîne un plus grand nombre de dommages lors des opérations terroristes menées par al-Qaida, parce que ces organisations financent leurs opérations terroristes avec l’argent récolté pour la libération des otages.

Tous les pays respecteront-ils cet accord ? Les pays sont soumis à de très fortes pressions de la part de leurs citoyens, ce qui est humain et tout à fait compréhensible. Le calendrier électoral joue également un rôle dans ces pressions, en plus des opérations lancées par al-Qaida contre des ressortissants de différentes nationalités. La semaine dernière, la branche d’al-Qaida au Maghreb a menacé de s’en prendre à des entreprises chinoises dans les pays du Maghreb après les tueries d’Ouïghours musulmans en Chine. Cela veut dire que la décision de l’État algérien n’a rien d’obligatoire pour la Chine.

Cela nous amène à la troisième question concernant l’efficacité d’accords qui n’ont aucune portée universelle.

La réponse doit être dans l’adoption d’une résolution internationale contraignante pour la communauté internationale, et dans la mise sur pied d’un mécanisme international impartial de contrôle, seul responsable du suivi à donner aux enlèvements.

Les ravisseurs sauront alors que l’ensemble des nations ne sont plus en situation d’accepter leurs exigences, sinon quoi elles risquent de se voir imposer des sanctions internationales. Ces pays ne seront plus les seuls à être politiquement responsables aux yeux des gens pour l’enlèvement de victimes, car la question les dépasserait pour dépendre alors de la décision de la communauté internationale.

Mais toutes ces mesures restent pure théorique. La solution radicale consiste à remédier aux raisons qui poussent les jeunes de la région à adopter de telles pratiques. Rappelons-nous le témoignage de l’ancien combattant algérien Hasan Hamida, qui déclarait : “Je connais certains combattants repentis qui ont repris le chemin du djihad parce qu’ils n’ont pu travailler ni gagner leur vie.”

La prévention doit être politique et sociale, pas seulement juridique.

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