La liberté est un engagement mature

Monia Par: Monia Ferjani

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L’incident récent qui a eu lieu à Tunis a fait couler beaucoup d’encre. Lors d’une soirée culturelle organisée par l’association « Lam Echaml » au cinéma Afric’art, avec au programme de la peinture, de la poésie, une table ronde et la projection du film de la réalisatrice tunisienne Nadia El Fani, des hommes barbus se sont rassemblés devant le bâtiment en soulevant des slogans religieux. Leur nombre a vite augmenté, et ils ont attaqué la salle de cinéma, agressé le public et détruit les équipements.

Bien des choses ont été écrites au sujet l’incident, mais la plupart des auteurs n’ont même pas regardé le film, et traitent les aspects secondaires du sujet en exprimant leurs références idéologiques et affiliations partisanes. Certains extrémistes ont même appelé l’incident « la bataille d’Afric’art », et l’ont décrit comme étant une action djihadiste soutenant Allah et Sa religion. Je n’arrive pas à comprendre comment ils peuvent soutenir Allah à travers la violence et l’intimidation, alors qu’ils implorent Son soutien dans leurs discours religieux. Par ailleurs, le sens terminologique d’une “invasion” est l’occupation d’une terre ennemie ; les gens sont-ils devenus occupants de leur propre terre ?

Les compatriotes sont-ils devenus des ennemis les uns des autres en raison de leurs différences idéologiques et culturelles ? La violence, l’intimidation et les hudud sont-ils désormais la voie à suivre ?

Je pense qu’il s’agit d’une méthode afghane, talibani et salafiste étrangère à ce pays musulman qui suit une approche modérée depuis des siècles, reflétant l’essence même de la loi islamique. Allah a dit à Son Prophète: « Eh bien, rappelle! Tu n’es qu’un rappeleur, et tu n’es pas un dominateur sur eux », et Il lui a également dit : « Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage ». Cheikh Mohamed Tahar Ben Achour a écrit dans son livre intitulé « L’esprit de la libération dans le Coran », que le mot tolérance a été mentionné plus de 127 fois dans le livre sacré. Où en sommes-nous de ces valeurs ?

Du point de vue sécuritaire, la Tunisie post-révolution ne peut pas supporter de telles répercussions, vu qu’elles minent la sécurité de ce peuple qui a sacrifié beaucoup de vies, et entravent les objectifs de la révolution. La Tunisie ne s’est pas débarrassée d’une dictature autoritaire pour tomber entre les mains d’une dictature idéologique, que ce soit une droite fanatique, une gauche enfermée, ou tout autre extrémisme idéologique susceptible de mettre fin à toutes les libertés fondamentales.

Bien que le film d’El Fani reflète une liberté artistique, n’encourage pas l’athéisme, et ne se moque pas de la charia, nul ne peut nier que le moment de sa projection est mal choisi. La situation en Tunisie est très tendue actuellement, et une action qui provoque les sentiments religieux des musulmans et qui offre un prétexte tout prêt aux ennemis de la liberté est vraiment mal placée.

En rejetant les salafistes qui veulent récolter les fruits de la révolution, en repoussant la culture de Takfir et les accusations de trahison, et en refusant d’étouffer les libertés fondamentales, la Tunisie s’oppose également à toute atteinte aux valeurs sacrées, et refuse les tendances de normalisation et d’athéisme. Ce pays Maghrébin a besoin, plus que jamais, d’unir ses forces, de réussir la transition démocratique, et d’établir une nouvelle culture de dialogue fondée sur une liberté responsable et sur le respect du droit à la différence de manière civilisée.

Vos commentaires

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Anonyme Il y a 9 mois

Ouais, mais soyons honnêtes, « tout » ce qui n’est pas lié à l’islam « provoque les croyances religieuses des musulmans ». Vous le savez, et tout le monde le sait. Donc vous êtes perdants dans tous les cas. La peur est un mauvais début. C’est l’intrépidité qui a aidé les Tunisiens à se libérer du régime de Ben Ali. C’est cette même intrépidité qui sera utile ici. Il est grand temps pour que les Arabes appellent les musulmans à accepter d’autres points de vue, et s’impliquer dans le processus de l’expression pacifique de l’opposition, comme la belle Tunisie l’a fait il y a quelques mois. Pourquoi les autres doivent-ils les accepter alors qu’eux ne sentent aucune obligation à faire de même ? Si maintenant est un mauvais moment pour le film, le bon moment ne viendra jamais.

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Anonyme Il y a 9 mois

Qu’Allah nous protège ainsi que tous les pays musulmans de la sédition.

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Anonyme Il y a 5 mois

Bonjour Monia. “L’esprit libéral du Coran” est écrit par Abdel Aziz Thaalbi, et non pas par Ibn Ashur. Meilleures salutations.

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