L'édification d'une nation d'institutions peut contribuer à la démocratie en Mauritanie

Oumar Par: Jemal Mohamed Oumar

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Aborder cette question nécessite d’analyser la scène actuelle en Mauritanie, vu que cette dernière aura des répercussions sur la situation future du pays, y compris les facteurs qui peuvent influencer – soit positivement ou négativement – le fonctionnement du processus démocratique.

La Mauritanie traverse actuellement une phase politique anormale, à la suite de la convention de Dakar qui a abouti à un accord pour former un gouvernement d’unité nationale qui s’occupedu pays pour le moment, en attendant les élections qui seront organisées d’ici une semaine.

Les campagnes électorales sont marquées d’une intense concurrence entre dix candidats. Les observateurs parient sur la victoire de l’un des quatre candidats les plus puissants, à savoir : les deux officiers de l’armée, le général Mohamed Ould Abdel Aziz et l’ancien président et leader du coup d’Etat de 2005 Ely Ould Mohamed Vall ; et les deux candidats civils, Ahmed Ould Daddah et Messaoud Ould Boulkheir. Ces trois derniers candidats partagent la même position de rejet du dernier coup d’Etat mené par le candidat Ould Abdel Aziz ;et ils se sont même mis contre lui avec toute leur force au cours des dix derniers mois.

Ce rejet réconforte les gens qui ont peur de voir les coups d’Etat se reproduire si l’un de ces trois candidats gagne aux élections, mais les observateurs pensent que cela dépend du succès du candidat choisi par le peuple dans l’édification d’un État démocratique fondé sur l’édification d’une nation d’institutions qui n’ont jamais pu exister depuis le renversement du premier président du pays à la fin des années 70 du siècle dernier, lorsque le pays a connu une série de coups successifs.

La mission principale du futur président est l’édification d’un Etat de droit assurant l’égalité de tout le monde, aussi connu comme " l’État-providence qui protège ses citoyens et leur facilite de satisfaire leurs besoins fondamentaux ". L’absence de cette condition affaiblit le prestige de l’Etat et fait diminuer la foi du peuple à son égard, parce que la consolidation de la démocratie exige l’existence d’une " classe moyenne " dont l’interêt est associé à l’établissement des bases de l’État de droit qui veille à contrôler le travail des institutions publiques et les inciter à s’acquitter de leurs fonctions.

Ces mesures permettraient également de changer la mentalité bédouine des citoyens qui ne sont pas habitués à l’existence d’une autorité qui s’occupe de leurs affaires, et qui se sont plutôt habitués à des dispositions autoritaires.

Dans des circonstances similaires, les militaires saisissent l’occasion pour attaquer le gouvernement sous prétextes de corruption du pouvoir, déviation, copinage…

Pour éviter ces écueils autant que possible, le futur président doit mettre en œuvre les mesures suivantes :

- Améliorer la situation de l’armée et la garder en dehors de la politique, car elle doit suivre les ordres des autorités élues conformément aux exigences de laconstitution. Cela a été exprimé par le Président démissionnaire Sidi Ould de Sheikh Abdullah, " l’armée doit être républicaine, défendre la sécurité du pays et ses possessions territoriales et, dans certains cas, participer à des programmes qui servent l’intérêt public et qui devraient être définis par le Président de la République comme étant la plus haute autorité ".

- Chaque établissement doit remplir la fonction qui lui est assignée.

- L’égalité de tous les citoyens devant la loi.

- Donner la priorité à l’éducation et à la promotion de la culture de l’innovation.

- Atteindre un niveau de croissance qui assure la satisfaction de la plupart des besoins fondamentaux des citoyens.

La protection de la démocratie ne peut être assurée que si elle est accompagnée de développements sociaux et économiques concrets.

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