Service de Magharebia
Par: Iqbal Al Gharbi

Le Coran stipule explicitement l’unité de l’âme humaine, et insiste sur les liens humains qui ont la priorité sur toute appartenance ethnique, religieuse ou culturelle. Allah le Tout-Puissant dit : " Ô vous les Hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre sur la Terre beaucoup d’hommes et de femmes " [Al-Nisa’, v.1]. Dans ce verset, et d’autres, l’accent est mis sur le fait que l’origine de l’humanité est la même.
Il est intéressant de noter que les valeurs de l’islam et ses sublimes enseignements mettent l’accent sur le fait d’honorer l’Homme, l’égalité entre tous les êtres humains et sur le principe de l’auto-responsabilité, car nul n’est punissable pour les péchés des autres appartenant à son ethnie ou tribu, " aucune [âme] ne portera le fardeau (le péché) d’autrui ".
On peut ne pas se tromper ici lorsque l’on constate une convergence entre les dispositions du Coran et ce qui est préconisé par la philosophie des Lumières. Par exemple, Kant, le philosophe des Lumières par excellence, reconnaît que la dignité humaine est une valeur universelle inhérente à l’humanité toute entière. Nous devons donc traiter l’autre comme une fin en soi et non comme un moyen ; ce qui est contraire à la doctrine de " Al Wala ‘Wal Bara’ ", qui permet, par exemple, la vente de drogues aux non-musulmans, vu que ces derniers sont considérés comme un simple moyen de profit, indépendamment de l’impact que cela a en termes de dégâts, tragédies et destruction des organismes des consommateurs.
Outre la différence entre cette doctrine et l’esprit de la philosophie des Lumières, elle contredit également l’esprit de l’islam. L’islam ne considère-t-il pas l’assassin d’une âme innocente comme un meurtrier de l’humanité toute entière !
A partir de ce point, l’islam et ses principes spirituels qui visent à compléter les intérêts des humains et les plus parfaites vertus morales, apparaissent comme un pont de communication et de convergence, inaugurant une nouvelle ère d’entre-connaissance et de coopération entre les humains, " et nous avons fait de vous des nations et des tribus pour que vous vous entre-connaissiez ".
Toutefois, les fatwas de l’istehlal sont fondées sur un démérite principal qui est nettement en conflit avec l’esprit de l’islam et ses nobles valeurs universelles, car elles divisent la race humaine et établissent une différenciation des valeurs sur la base de la religion, en légitimant pour les musulmans ce qu’elles interdisent aux non-musulmans. Ces fatwas haineuses sont considérées comme une application de la doctrine de " Al Wala ‘Wal Bara’ " qui est dédiée au racisme et à la haine entre les humains, et appellent à éprouver de l’hostilité envers les non-musulmans et ne pas faire preuve de compassion ou de sympathie à leur égard dans leurs malheurs, non pas pour ce qu’ils font, mais pour le fait qu’ils ne soient pas musulmans.
" Al-Wala ‘Wal Bara’ " divise l’humanité en " croyants " et " infidèles ", séparés par une muraille chinoise ; la seule relation entre les deux parties est la haine et le jihad, c’est-à-dire la guerre jusqu’à la fin des temps; et le monde sera divisé en " camp de l’islam " et " camp de la guerre ".
Ce dont nous avons besoin aujourd’hui est de sensibiliser les jeunes dans les mondes arabe et musulman, quant au danger de la doctrine introvertie et enfermée de " Al Wala ‘Wal Bara’ ". Cela a pour objectif de rompre avec elle dans les institutions éducationnelles, médiatiques et religieuses en vue de débarrasser la conscience musulmane de la culture de la haine et l’hostilité raciale envers les autres qui sont différents, de sorte que nous puissions remettre en état la prise de conscience de la nouvelle génération avec une jurisprudence de dialogue, de fraternité et de coexistence.
Sans ces nobles valeurs universelles, l’humanité va tomber dans l’état normal ; un état de guerre de tous contre tous, comme Hobbes l’avait imaginé.
Vos commentaires
commentsMassinissa Depuis plus de 2 ans il y a
1. L’exégèse faite par l’auteur du verset coranique 4:1 contredit les mots et les actions du Prophète, sans mentionner la multitude d’autres versets coraniques qui proclament clairement la supériorité des musulmans sur les non-musulmans, et permettent la subjugation et l’humiliation par ces derniers des musulmans. 2. L’idée que “tous les êtres humains sont égaux en dignité” est loin d’être universelle. Il s’agit d’un concept exceptionnellement libéral qui ne peut pas être situé dans la plupart des sociétés. <Sans ces nobles valeurs universelles, l’humanité va tomber dans l’état normal; un état de guerre de tous contre tous, comme Hobbes l’avait imaginé.> Les êtres humains peuvent empêcher leurs sociétés de plonger dans l’état naturel de Hobbes, sans souscrire aux “valeurs universelles” que l’auteur essaie de promouvoir. <Il doit y avoir une rupture dans la conscience musulmane avec la culture de la haine et l’hostilité raciale envers les autres qui sont différents> Quelle hostilité raciale? Les Muhammadiens ne constituent pas une catégorie raciale. Ils sont une communauté universelle de foi dont les membres vont des Polmaks aux yeux bleus et les Bosniaques dans les Balkans, jusqu’aux Hausa et Peuls à la peau noire au Nigeria.
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Anonyme Depuis 19 jours il y a
L’opinion que nous expose cette dame respectée traite de la controverse présentée par la religion pour ceux qui en font une interprétation fausse. Une compréhension superficielle des enseignements de l’Islam ou de tout autre religion peut conduire à l’extrémisme ou à un terrorisme aveugle. Les religions monothéistes en général sont venues pour libérer l’humanité de l’esclavage et de la servitude, en utilisant la religion de manière oppressive comme une idéologie, pour aider à rétablir la dignité et les droits de l’homme. Le problème n’est pas lié à la religion, mais à ceux qui l’embrassent de manière superficielle sans saisir sa véritable essence. Ils retardent tout progrès par rapport aux conditions actuelle et appliquent les enseignements dans le cadre de leurs vies quotidiennes, même si ces enseignements sont hors contexte en termes d’époque ou de lieu.
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