Service de Magharebia
Par: Said Elakhal

Le terrorisme perpétré par les groupes takfiris, connus aussi sous le nom de jihadistes, est l’incarnation de doctrines subversives auxquelles croient ces organisations extrémistes. Ces groupes sont présents et dynamiques grâce à ces croyances qui ont été déformées de leur contexte historique et doctrinal, par les Cheiks de la haine et les princes de sang, en vue d’en faire des doctrines contraignantes et nécessaires à la rectitude de la foi. Ces croyances comprennent : le Jihad, la ghaneemah (butin de guerre) et l’istehlal. Ces groupes takfiris commencent sur la base de la déclaration des sociétés arabes et musulmanes comme infidèles et apostates.
Par conséquent, la jurisprudence développée par les spécialistes de la haine et de sang est appliquée. Cette jurisprudence en vertu de laquelle les membres de ces communautés, leurs propriétés et leur honneur, ainsi que toutes les institutions administratives, financières et constitutionnelles deviennent " permissibles " (halal) à ces organisations, leur procurant ainsi le droit de les violer par tous les moyens et méthodes. C’est pour cela que ces groupes s’accrochent toujours à la doctrine du takfir, et en font une base pour attirer des membres et pour planifier des activités subversives et criminelles.
Tant que ces organisations accusent la société d’infidélité, elles continueront à légitimer tous les actes criminels interdits par la religion et la loi, tels que : les meurtres, la terrorisation des citoyens en sécurité, la prise d’otages, la capture des femmes et des filles, le trafic de drogues, les cambriolages des propriétés appartenant à des particuliers ou à des institutions, etc. Juger une communauté d’être musulmane rend le sang, l’honneur et les biens de ses membres sacrés en vertu du Hadith (tout Musulman est sacré pour tout autre Musulman : son sang, ses biens et son honneur).
La doctrine du takfir est ainsi la légitimation claire et directe qui rend ce qui est inviolable totalement permissible, puisque l’istehlal est de rendre halal (permissible) de ce qu’Allah a interdit. Ainsi, il devient admissible aux membres des groupes terroristes d’entreprendre des actions interdites par la religion. Ces groupes font même de la ghaneemah (butin de guerre) et fay’ (butin) les principales sources de financement de leurs activités, comme stipulé par les cheikhs du terrorisme, y compris le Dr. Fadl qui mentionne dans son livre “Al-‘umda fi i’dad al ’udda” que : (la plus importante ressource des Moudjahidins devrait être la ghaneemah de leur ennemi. Ainsi chaque secte doit assurer ses besoins matériels de son ennemi). Ainsi, le traité du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat, qui porte maintenant le nom d’Al-Qaida dans le Maghreb Islamique depuis Janvier 2007, fixe les ressources financières du Groupe Salafiste comme suit :
1 – Ghaneemah et fay’.
2 – Zakate.
3 – Charité bénévole.
4 – Taxes obligatoires.
5 – Dotations religieuses.
Comme base d’istehlal, ces organisations takfiris reposent sur des fatwas qui légitiment le vol des biens des citoyens après la déclaration de leur infidélité, de sorte que leurs biens deviennent ghaneemah et fay’. (La ghaneemah est ce que les musulmans prennent des infidèles militaires par force et oppression, et le fay’ est ce que les musulmans prennent des infidèles militaires sans combat). Un citoyen est-il considéré comme un infidèle militaire ? Toutes les organisations terroristes takfiris sont fondées sur la règle doctrinale formulée par les princes du sang, et qui stipule que " la lutte contre les apostats a la priorité sur la lutte contre les vrais infidèles " et " la lutte contre l’ennemi le plus proche a la priorité sur la lutte contre l’ennemi le plus loin ", dans une distorsion odieuse du noble verset coranique : (Ô vous qui croyez ! Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous). Lorsque le contrôle se resserre sur les sources financières des organisations terroristes dans le contexte de la guerre contre le terrorisme, ces groupes ont recours à l’application de l’istehlal sur le trafic de drogues, le vol, la contrebande et la contrefaçon de monnaie. Le Taliban, par exemple, surveille la culture et le trafic de drogue ; d’autres groupes terroristes au Maroc, en Algérie et ailleurs en font de même. Alors, le principe de l’istehlal, ghaneemah et fay’ est-il en cohérence avec les conventions internationales et la culture des droits de l’homme ?
Donner la vie à ces principes / convictions ne serait certainement pas seulement une violation du caractère sacré des citoyens et de leurs propriétés, mais cela ira même jusqu’à déstabiliser les nations et semer la discorde. L’humanité avait rompu avec les pactes historiques qui ont produit ces règles permettant de faire couler le sang et violer l’honneur et les propriétés, pour adopter les lois, chartes, pactes et valeurs qui respectent et maintiennent les droits de l’Homme. Par conséquent, c’est un devoir religieux, national et humanitaire de mettre fin à ces organisations terroristes et protéger les citoyens contre leurs dangers avant de voir nos sociétés se transformer en des fleuves de sang et des piles de carnage.