Service de Magharebia
Par: Rachid Jankari

Twitter, Facebook, blog, podcasts,… autant d’outils de réseaux sociaux qui commencent à intéresser les militants marocains pour faire prévaloir leurs revendications auprès des pouvoirs publics et la communauté internationale.
L’émergence de l’usage de ces outils de militantisme numérique (digital activism) s’explique en partie par le boom en termes de pénétration d’internet et de l’équipement informatique au Maroc. “Aujourd’hui, le Royaume compte 800.000 abonnés internet (95% haut débit), 8 millions d’internautes, 22 millions clients GSM, et 30.000 noms de domaine avec la vente annuelle de plus de 120 ordinateurs”, précise Hamza Abouleftah, spécialiste Web et directeur de la société Genious Communications.
Cette croissance exponentielle d’internet et de l’infrastructure technologique se répercute sur l’appropriation des réseaux sociaux. Le réseau Maroc sur Facebook compte aujourd’hui plus de 124.000 adhérents et la communauté des blogueurs et des utilisateurs de micro-bloging via Twitter ne cesse de s’élargir pour devenir plus influente et agissante.
Au-delà des chiffres d’adhésion et d’usage, la multiplication des cas d’atteinte aux libertés d’expression que ce soit en ligne ou offline a permis la réalisation d’actions de cyber-activisme ponctuelles.
Le déclic du cyber-activisme était lié notamment à l’emprisonnement à cause de Facebook et des blogs ainsi que la censure d’internet au Maroc (Google Earth, Youtube, LiveJournal et les sites du parti islamiste « Justice et Bienfaisance »).
Flash Back.Un jeune ingénieur, Fouad Mourtada a créé en 2008 un faux profil du frère du roi sur Facebook. Conséquence, il a été emprisonné pour manque de respect à la famille royale. Cette affaire a vu l’exploitation des différentes pistes de mobilisation numériques et une réappropriation de l’espace virtuel.
Acte 2, l’affaire du blogueur Erraji. Un jeune blogueur d’Agadir a été emprisonné, en application du code de la presse, suite à un article critique sur la politique sociale du roi en septembre 2008. Cette affaire a permis la consolidation de l’élan de cyber-activisme au royaume.
Au-delà du cas du prisonnier de Facebook et du blogueur Erraji, internet était une arène de mobilisation pour les multiples cas de censure web. Les internautes ont utilisé les différents moyens (SMS, blogs, Facebook…) pour défendre le droit à l’accès aux différents services et sites internet.
Plusieurs pages de soutien et de solidarité ont été créées sur Facebook pour fédérer un grand nombre d’internautes, mais aussi compiler toute la production électroniques (photos, affiches, bannières, icônes) produites sur chaque affaire d’emprisonnement ou de censure de sites et services internet.
Sur un autre registre, Youtube, a permis la mise en exergue de plusieurs scandales et atteintes aux libertés publiques et privées.C’est le cas de la fameuse vidéo du snipper de Targist (Nord du Maroc) qui a mis en ligne une vidéo de gendarmes pris en flagrant délit de corruption. Le podcasting a été utilisé aussi pour mettre à nu les exactions des forces de l’ordre contre les manifestants à Sidi Ifni en 2008.
“Certes, le phénomène de mobilisation en ligne est encore embryonnaire. Mais, il s’agit d’une tendance lourde. Les activistes marocains vont recourir de plus aux TIC pour se défendre et promouvoir leurs revendications d’autant plus que l’équipement informatique et la généralisation de l’accès enregistrent une croissance soutenue”, pronostique Taher Alami, consultant Web et directeur de la société Abweb Consulting.
Cette analyse du fort potentiel des TIC comme vecteur de mobilisation tire aussi sa pertinence du fait que les pays arabes, y compris le Maroc, sont aujourd’hui les pays qui enregistrent de plus en plus de cas d’atteintes aux libertés numériques en imposant des restrictions sur internet en tant que nouveau canal de communication et de mobilisation sociale.
Vos commentaires
commentsAnonyme Depuis environ un an il y a
Bon article avec des informations intéressantes Mr Rachid. Nous attendons plus de vous. Hind essebai El Idrissi.
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