Service de Magharebia
Par: Saloua Charfi

A nouvelle technologie, nouvelle culture et nouvelle génération. En Tunisie, les jeunes regardent la télévision, écoutent la radio, lisent les journaux et se font de nouveaux amis sur internet.
Il y a deux mois ils ont même fait la révolution grâce à internet. On dit d’ailleurs que la révolution tunisienne est le fruit d’internet et non de l’idéologie.
Les réseaux sociaux tels que Facebook essentiellement ont remplacé l’action des partis politiques, des leaders d’opinion et des organisations sociales, dans la mobilisation, l’organisation des actions et même dans la mise au point des slogans.
Ces réseaux ont surtout servi à informer l’opinion publique tunisienne et internationale. Ainsi des jeunes se sont découvert des dons de journalistes et ont fait un travail très efficace qui a été exploité par des moyens d’information professionnel. Sans eux la révolution n’aurait probablement pas été menée à terme.
Ce travail de mobilisation virtuelle s’est avéré efficace pour au moins trois raisons : la maîtrise des nouvelles technologies par les jeunes, leur rejet des structures traditionnelles de mobilisation, l’absence d’un espace public et des médias monopolisés et dénaturés par l’ancien régime.
Cependant nous avons relevé des dérives graves sur internet qui a aussi été instrumentalisé par des forces hostiles aux changements et qui ont recouru à la désinformation. Le résultat a été parfois dramatique puisque cette pratique a engendré des affrontements meurtriers.
La principale faille des réseaux sociaux c’est qu’ils permettent l’anonymat et diminuent donc la crédibilité des informations propagées sur la toile. Or nous avons besoin plus que jamais de l’utilisation de ces réseaux pour continuer à mobiliser les jeunes en particulier pour oeuvrer en faveur des actions sociales et politiques démocratiques.
Une des solutions qui pourrait colmater cette faille est l’encadrement des jeunes sur internet par des ONG et partis politiques connus et aux objectifs clairs qui peuvent rarement se permettre de relayer la désinformation.
Ces structures classiques doivent d’ailleurs se mettre aux nouvelles technologies si elles veulent survivre et attirer la nouvelle génération.
Or jusqu’ici leur présence sur la toile est timide et faible en interactivité. Elles utilisent souvent internet comme on utilise la presse écrite. Leurs actions sur la toile doivent aussi être menées par des jeunes qui connaissent mieux que les adultes les besoins et le langage de la nouvelle génération.
Elles doivent occuper une place le plus tôt possible car le vide laissé par ces structures peut être exploité et instrumentalisé par des acteurs anonymes aux objectifs qui sont loin de l’encadrement citoyen et éducatif.
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