Service de Magharebia
Par: Abdelaziz Karraky

Les jeunes maghrébins ont pris l’initiative de lancer des réformes politiques, puisque les vieilles élites politiques sont totalement soumises et souvent à la recherche de concessions sans fin en contrepartie d’avantages personnels. Ces élites ont perdu leur rôle d’encadrement à cause de leur incapacité à faire preuve de créativité et d’innovation politique, et de leur ferme conviction de leur supériorité et savoir absolu en comparaison avec la société.
Toutefois, les jeunes d’aujourd’hui se concentrent sur l’obtention de leurs droits et l’élargissement de leurs libertés, même si cela s’oppose aux valeurs sacrées de la société. Bien que cela soit un comportement naturel associé à la jeunesse – caractérisée par l’impulsivité et le rejet de toutes les restrictions -, c’est aussi le résultat d’un grand vide en termes d’encadrement. Par conséquent, les jeunes ont dû trouver de nouvelles méthodes pour surmonter tous les obstacles les empêchant d’exprimer leurs opinions ; et voilà que leur voix résonne partout maintenant.
Pourtant, qui dit droits, dit obligations. Le droit à des élections justes, par exemple, impose le devoir de voter afin d’établir des institutions politiques vigoureuses qui peuvent assurer des conditions de vie décentes au peuple. Par conséquent, il est important d’établir un équilibre entre les droits et les obligations, afin d’élargir les responsabilités envers l’État et la société. Cela nécessite ce qui suit :
- Revoir le système de valeurs, et assurer la socialisation à travers l’unification et l’harmonisation des valeurs prônées par la famille, l’école et la société. Une culture de responsabilité doit être inculquée aux individus depuis leur enfance, de manière à ce qu’ils se sentent coupables s’ils n’assument pas leurs responsabilités.
L’école joue un rôle de premier plan à cet égard, mais la différence existant entre les types d’enseignement – missions étrangères, et écoles privées et publiques – entrave l’unification du système de valeurs dans la société.
- S’intéresser davantage à la société civile comme un espace d’interaction entre les individus loin de la protection familiale, et d’exercice de libertés et d’expression collective. Si le sens de responsabilité inculqué n’émerge pas comme un code de conduite, la liberté risque alors de devenir une pratique égoïste conduisant les jeunes à revendiquer des droits, sans participer activement dans le processus de construction.
- Réhabiliter l’activisme politique et encourager les jeunes à s’y engager, en tant que mécanisme qui permet aux porteurs de projets de faire entendre leur voix auprès des autorités. Cela exige d’offrir aux partis politiques tous les moyens nécessaires pour adapter leur discours aux aspirations des jeunes, et améliorer leurs mécanismes. Par conséquent, les partis politiques doivent mettre au point un système souple d’alternance des élites, permettant aux jeunes d’occuper des postes clés au sein des partis en fonction de leurs compétences, et non de leur loyauté envers les dirigeants. Cela va encourager les jeunes à faire de la politique, en tant que liberté associée à la responsabilité.
Le vent de changement qui souffle sur le monde arabe,… plus
Les jeunes arabes sont au cœur de l’attention ces derniers… plus
Les jeunes exigent des réformes politiques pour élargir les droits… plus
Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a environ un an
La souffrance de nos peuples maghrébins est une honte pour les politiques de nos gouvernements. Ainsi, les efforts fournis par les jeunes de chacun de ces pays restent insuffisants pour réaliser les réformes politiques nécessaires pour les réformes économiques. Sans amélioration des conditions de vie des citoyens, ces derniers n’auront pas de principes ou se livreront à la corruption. La pauvreté engendre les maladies et l’ignorance. Notre région maghrébine a suffisamment de ressources naturelles et humaines pour améliorer le niveau de vie de ses peuples, sans intervention étrangère. Par conséquent, les jeunes maghrébins sont appelés à lutter sans relâche jusqu’à ce qu’ils réalisent les réformes qui leur permettront d’établir une union maghrébine intégrée et coopérante. L’éducation joue un rôle de premier plan dans l’établissement des caractéristiques historiques et culturelles, et des valeurs communes des peuples maghrébins qui ne doivent pas être séparés par des frontières géographiques ou politiques. Par conséquent, les jeunes maghrébins doivent associer leur lutte nationale avec un autre combat maghrébin, afin de réaliser l’union qui reste la meilleure solution.
Signaler un abus
Anonyme Il y a environ un an
Les autorités ont énormément contribué à l’affaiblissement de la société civile et des partis politiques. Si des jeunes sont spontanément descendus dans la rue aujourd’hui pour appeler au changement, c’est parce qu’ils manquent d’espaces leur permettant de parler de leurs soucis et problèmes. Toutes les institutions politiques traitent les jeunes comme des mineurs, ce qui les marginalise et les exclut, même des questions qui les concernent directement. Je pense qu’il est temps aujourd’hui que les jeunes disent ce qu’ils ont à dire.
Signaler un abus
Anonyme Il y a environ un an
Je pense que la jeunesse a besoin tout d’abord de liberté avant même de parler de responsabilité, il ya des décennies que nous n’avons plus assister a la même dynamique qui existe aujourd’hui dans le monde arabe il faut dire maintenant même crier merci les jeunes
Signaler un abus
Anonyme Il y a environ un an
Les communautés maghrébines ont négligé l’être humain, et ne l’ont pas valorisé comme un capital réel qui pourrait conduire au développement. Je suis surpris aujourd’hui de voir des discussions liant les libertés aux obligations, parce que tout ce que nous avons vécu, nous les jeunes, était des obligations sans libertés. Partout où nous allions, il y avait de l’autorité, que ce soit à la maison, à l’école, et partout dans la société. Ce qu’on demande aujourd’hui, c’est de tout revoir.
Signaler un abus
feras Il y a environ un an
Les jeunes arabes ont le droit de vivre au rythme de leur époque, comme leurs homologues dans les autres nations civilisées, et en fonction de leur système urbain. Ils ont également le droit d’avoir des ambitions et un impact sur leur société, le droit à l’éducation et au travail, et le droit d’exercer des activités politiques. Par conséquent, ils doivent se battre pour obtenir leurs droits, et rétablir leur liberté et dignité. La jeunesse est le coeur de la nation ; si elle est humiliée, la nation tout entière est humiliée. Les jeunes sont une priorité.
Signaler un abus
Anonyme Il y a environ un an
L’activisme politique a besoin de réhabilitation, parce que les gouvernements maghrébins l’ont avili et discrédité à tel point que les gens aient inventé des blagues à son sujet afin de le critiquer ironiquement. Le mot “politique” suffisait pour effrayer les gens dans certains milieux, et on n’osait le prononcer qu’en chuchotant. En donnant des conseils aux jeunes, certaines personnes aimaient leur dire qu’ils peuvaient tout faire, sauf de la politique. Je me souviens quand j’étais étudiant à la Faculté de Droit à Rabat, nous regardions les étudiants des sciences politiques avec respect, car ils ont pu choisir une spécialité qui nous intimidait. Je me souviens qu’ils étaient très peu nombreux, et qu’on les connaissait individuellement. Je ne sais pas s’ils travaillent dans le domaine politique aujourd’hui ; tout ce que je sais, c’est qu’ils avaient choisi de défier la société en silence, et ont par conséquent forcé tout le monde à les respecter, même si certains parmi nous avaient peur de les fréquenter par peur d’être contaminé par la politique.
Signaler un abus
Anonyme Il y a environ un an
J’ai bien aimé votre vision et analyse du sujet, me rappelant Hegel qui lie entre famille, société civile et État. Mais vous n’avez pas mentionné ce dernier. Cela signifie-t-il que l’Etat n’a aucune responsabilité en matière de liaison entre droits et devoirs, ou responsabilités comme vous les appelez ? En omettant le rôle de l’Etat et son impact sur toutes les parties prenantes, toutes les autres approches seront inutiles. L’autorité politique dans le monde arabe, et dans le Maghreb en particulier, exercait tous les rôles depuis des années, jusqu’à leur épuisement. Et aujourd’hui que les autorités ont besoin de la société civile et des partis politiques, ces derniers semblent avoir besoin de beaucoup de travail et de renforcement de capacités.
Signaler un abus