Service de Magharebia
Par: Saloua Charfi

Les réseaux sociaux, surtout Twitter et Facebook qui n’ont pas plus trois ans, sont devenus parmi les moyens de communication et sources d’actualité les plus importants.
Facebook est le cinquième site le plus visité au monde, avec plus 200 millions utilisateurs en fin 2008.
Quant à Twitter, il a reçu l’approbation des millions d’utilisateurs, et de nombreuses sociétés travaillant dans le domaine des médias.
Ces réseaux ont récemment remplacé le véritable espace public et les médias classiques qui ont été empêchés d’accomplir leur travail par le gouvernement en Iran.
La puissance de ces réseaux réside dans la facilité de leur utilisation, et dans le fait qu’ils ont pu toucher un grand nombre de personnes en très peu de temps.
Twitter offre un service de micro-blogging centré autour de la question « qu’est-ce que tu fais maintenant ?» (What are you doing now?), permettant à ses utilisateurs d’envoyer des mises à jour de leur statut, avec un maximum de 140 caractères par message, à partir d’ordinateurs personnels et de téléphones mobiles.
Ces mises à jour sont une série de liens vers des images et articles publiés sur d’autres sites. Par conséquent, prise individuellement, chaque mise à jour ne semble pas avoir de l’importance, mais lorsque les commentaires sont regroupés, ils créent une ambiance qui reflète les sentiments du moment, aident à mobiliser un consensus.
C’est ainsi que Facebook et Twitter ont pu mobiliser des manifestants contre les gouvernements dans plusieurs pays. Facebook a pu publier des détails sur le tir à l’Université de Virginia Tech aux États-Unis et sur les attentats de Bombai en Novembre 2008, dès que ces événement s’étaient produits. Il a également joué un rôle majeur dans les événements de Moldova. Facebook a aussi eu un impact sur la scène politique en Egypte, surtout après qu’une jeune fille égyptienne nommée Israa Abdel Fattah ait créé un groupe Facebook dans lequel elle a appelé à une grève le 6 avril 2008 et qui avait réuni plus de 71000 membres. En Tunisie, l’importance de Facebook a émergé pendant la lutte des syndicats, puisque le site a joué un rôle crucial dans le soutien de la grève des agents de la radio et la télévision.
Le système de communication rapide de Twitter a réussi à attirer l’attention depuis que les manifestants sur les résultats des élections présidentielles en Iran ont recourus à ce site pour appeler à la résistance, à tel point que le Département d’État américain a demandé le report des opérations de maintenance du site qui auraient conduit à la suspension du service, afin de permettre aux manifestants Iraniens de poursuivre leurs activités.
Toutefois, le fait d’associer la « révolution de Twitter » aux événements du Moldova et de l’Iran semble exagéré. Selon un rapport de « The New York Times », seul un petit nombre de personnes ont utilisé Twitter pour organiser des manifestations en Iran, alors que d’autres moyens ont joué un rôle plus influent, tels que l’échange des SMS, les conversations orales traditionnelles, et d’autres sites Persans. Twitter, toutefois, s’est révélé être un instrument très utile dans le processus de mobilisation de l’opinion publique internationale, ce qui explique pourquoi certains gouvernements l’ont censuré, comme la Syrie, l’Iran, le Myanmar, la Bhoutan, la Tunisie et Israël. Mais la plupart de ces pays ont réouvert Twitter, en raison de la pression de l’opinion publique et des médias.
Nous pouvons mettre en question le degré de crédibilité du processus de création d’informations sur ces sites, étant donné le manque d’exactitude de leurs informations et le manque de clarté de leurs sources. En effet, la plupart des bloggeurs se cachent derrière des pseudonymes, et ne maîtrisent pas bien les techniques de rédaction journalistique, contrairement à l’actualité publiée sur les sources d’information traditionnelles et professionnelles.
Alors que Twitter avait contribué à la diffusion des premiers rapports en provenance de Téhéran, il a également contribué à la diffusion d’informations inexactes, voire trompeuses. Un article qui a été publié sur le site True/Slant a mis en évidence quelques unes des erreurs provenant de Twitter que les blogueurs ont publié et reproduit maintes fois, comme par exemple : que trois millions de personnes manifestaient en fin de semaine précédente à Téhéran (alors qu’ils étaient en fait quelques centaines de milliers), que Mir Hussein Moussavi – le candidat de l’opposition – a été mis en garde à vue chez lui (alors qu’il a été vu en dehors de sa maison), ou alors que le président de la commission de surveillance des élections a déclaré le rejet des élections samedi (ce qui n’est jamais arrivé).
Toutefois, les points faibles mentionnés restent acceptables par rapport aux lacunes des médias traditionnels, qui sont forcées plus que jamais de suivre les agendas des décideurs politiques, et qui ne reflètent plus la réalité à l’exception de quelques rares occasions.
Le plus important rôle positif que peuvent jouer ces blogs est de faire pression sur les médias pour se débarrasser de l’influence de l’ordre du jour politique.