Service de Magharebia
Par: Abdelaziz Karraky

Les événements qui ont eu lieu récemment dans certains pays maghrébins démontrent l’existence d’inégalités sociales et économiques et de déséquilibre en termes d’exercice de libertés. Toutefois, il convient de noter que ce dernier varie nettement d’un pays maghrébin à l’autre. En Mauritanie et au Maroc, par exemple, il y a une grande marge de liberté d’expression. A titre d’exemple, des manifestations quotidiennes des diplômés chômeurs, et des sit-in occasionnels pour protester pour certaines causes, sont organisés dans les grandes rues de la capitale marocaine, Rabat, sans que cela résulte en des émeutes ou du chaos. Cela est probablement dû au processus de justice transitionnelle implémenté par l’Instance Equité et Réconciliation, visant à mettre un terme aux scandaleuses violations des droits humains et mettant l’accent sur la nécessité d’adopter une nouvelle approche de gouvernance sécuritaire. Cela s’est avéré très utile au niveau des pratiques des droits de l’Homme en général, sans pour autant empêcher certaines déviations, comme c’est souvent le cas un peu partout.
Aujourd’hui, ayant causé des morts parmi les manifestants, les protestations conduiront-elles à quels scénarios éventuels ?
Les événements récents n’ont aucun aspect politique, c’est à dire qu’ils ne sont pas organisés par des puissances politiques selon un plan précis et pour récolter des gains politiques quelconques. En outre, les revendications actuelles sont purement sociales. Par conséquent, les autorités politiques sont censées intervenir à travers des mesures sociales en vue de contenir la colère du public. C’est ce qui explique les mesures prises par les autorités tunisiennes et algériennes.
En revanche, les pouvoirs politiques maghrébins vont introduire certains manifestants en justice, en conformité avec les lois en vigueur. En outre, certains responsables seront virés, comme si la politique générale du pays protestée par les citoyens, n’était que le résultat de certaines erreurs personnelles, et que les personnes les ayant commises doivent donc inévitablement quitter leurs fonctions.
Les pays du Maghreb vont être au cœur des rapports des organisations internationales des droits humains, comme des pays qui ne respectent pas les droits et qui bafouent les libertés. Certains pays vont probablement même exploiter les événements récents sur les plans politique et diplomatique, en acceptant de fermer les yeux sur ces scandaleuses violations des droits humains en échange de gains pour leurs propres comptes.
Les pays maghrébins seront aussi appelés à adopter une nouvelle approche du développement humain afin d’améliorer les conditions matérielles et sociales de larges catégories de citoyens. Un certain nombre de programmes de développement pourront être lancés dans la région dans les jours à venir, en visant surtout à offrir des emplois aux diplômés chômeurs. En dehors de cela, croire qu’un changement institutionnel radical pourrait découler de ces manifestations n’est qu’une pure illusion.
L’attente sans perspective a finie par céder place à la… plus
Le grondement de colère de la foule qui a commencé… plus
S’agit-il d’un phénomène passager ou du début d’une révolte visant… plus
Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a environ un an
J’aimerais bien que les décideurs prennent en considération les pertinentes remarques formulées par DR KARRAKY qui est un vrai chercheur de qualité .
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Anonyme Il y a environ un an
Le peuple tunisien s’est révolté parce-que les diplômés chômeurs ne trouvent pas de travail, c’est un fait.
Mais les tunisiens aspirent surtout à plus de liberté. Il ne supportent plus le régime policier instauré par le président Benali.
Les marocains goûtent à une “quasi démocratie”. Ils en sont parfaitement conscients et c’est pour cette raison qu’ils manifestent pacifiquement et régulièrement pour clamer leurs revendications qui sont souvent prises en compte par le gouvernement.
Si le Maroc parvenait à résoudre le conflit du Sahara avec l’Algérie, il pourrait passer à la vitesse supérieure en assurant à coup sûr l’emploi de nombreux chômeurs diplômés.
Mais nos voisins qui ont des problèmes énormes avec leur jeunesse ne semblent pas l’entendre de cette oreille.
Cette attitude ne sert pas la réalisation d’un grand Maghreb uni.
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Anonyme Il y a environ un an
Je ne sais pas ce qui vous a poussé à prévoir que les événements qui ont eu lieu en Tunisie ne conduiraient pas à un changement radical. Qu’appelle-t-on la fuite de Ben Ali, alors ? Avez-vous oublié, Monsieur, que vous parlez du pays dont les fils chantent au monde entier « si le peuple, un jour, demande la vie, le destin ne peut que répondre oui » ? El-Mehdi El-Zoulaoui.
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Anonyme Il y a environ un an
Les émeutes sociales qui font la une de l’actualité maghrébine en Tunisie et en Algérie révèlent au grand jour le grand décalage entre les attentes populaires en matière de politique sociale d’une part et les modèles de développement économique, comme vous l’avez mentionné. Ces émeutes ou plutôt ces violences urbaines sont la manifestation de l’épuisement de la population jeune, qui n’en peut plus face à leurs situations sociales, à leurs discriminations, et en grande partie à leurs désespoirs face à leur avenir, ils sont maintenant comme des mines prêtent à exploser à n’importe quel moment.
Et la grande vanité des régimes de ces pays Maghrébins, est de croire qu’ils peuvent tout contrôler. Ils sont complètement dépassés par ce mouvement qui n’emprunte aucun des codes idéologiques habituels.
C’est pourquoi les états du Maghreb devraient apporter une réponse nette et efficace au problème de la violence urbaine s’il veut rester crédible, surtout par le biais de mesures sociales que vous avez proposé, car le pire pour un pays, qu’il soit pauvre ou qu’il soit riche, c’est de n’offrir aucun avenir à sa jeunesse.
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azwaw Il y a environ un an
“croire qu’un changement institutionnel radical pourrait découler de ces manifestations n’est qu’une pure illusion.”
Il semblerait que l’évolution récente de la situation tunisienne puisse contredire vos propos !! Aussi lorsque vous dites que “Les événements récents n’ont aucun aspect politique”, on croit un peu rêver. Ils n’ont certes pas un caractère politicien, mais quoi de plus politique que les questions sociales, économiques, et l’aspiration légitime d’un peuple à la liberté et à la justice ??
En fait, ce qui s’est passé en Tunisie couvait depuis longtemps (soulèvement de Gafsa en 2007) et l’explosion fut d’autant plus puissante que le couvercle de la marmite était fortement – et stupidement – scellé. Ce pouvoir sclérosé, corrompu, autoritaire et anachronique, devait s’écrouler. Mais, le phénomène n’ayant guère de précédent par sa spontanéité dans le monde arabe, il a surpris presque tous les analystes, accrochés au pré-supposé tenace que rien ne pourrait radicalement changer chez nous.
Et lorsque vous donnez l’exemple du Maroc, je trouve que votre peinture est plus belle que la réalité. On peut certes s’exprimer assez librement, mais pas sur le roi – c’est à dire, pas sur l’essentiel puiqu’il est l’homme le plus puissant et le plus riche du pays. Le régime a certes anticipé en matière de participation des citoyens, mais celle-ci reste trop souvent un thème de discours plus qu’une pratique réelle. Les inégalités sociales au Maroc sont immenses (plus grandes qu’en Tunisie !) et les plus défavorisés n’ont aucun moyen de se faire entendre. Calmer les frustrations des seuls diplômés et oublier les autres serait une lourde erreur… Qui ferait le lit des extrémistes.
En Tunisié, un grand espoir est né. Puissent nos pays s’en inspirer, par la révolution ou la réforme.
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Anonyme Il y a environ un an
Au début, je pensais que vous étiez loin d’avoir raison quand vous aviez dit que l’attente d’un changement radical des événements de la Tunisie est une pure illusion, mais compte tenu des évolutions quotidiennes en Tunisie, ma conviction et mon désir d’adopter vos conclusions augmentent, en se basant sur plusieurs observations et questions, notamment : Ben Ali s’est-il effondré suite à la pression du public, ou à celle des groupes internes qui ont été exclus par son entourage ? Est-il possible d’imaginer une armée du tiers monde restant les bras croisés ? Qui a donné le premier ordre d’imposer l’état d’urgence ? Quel était le rôle de l’armée dans tout cela ? Enfin, une réforme est-elle possible avec les mêmes personnes qui faisaient partie du passé et qui ont accompagné Ben Ali dans son parcours ? Tout cela me pousse à dire que ce qui s’est passé en Tunisie est une révolution du régime contre lui-même. Mohammed Al-Qaraouani.
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Anonyme Il y a environ un an
Peut on parlé de révolution en Tunisie ou de push déguisé à mon avis ce qui s’est passé est un conflit entre groupe d’intérêt qui se sont inspiré de la révolte populaire pour évacuer le pouvoir d’une personne qui ne voulait rien partagé , et la remplacer par d’autres qui vont essayer d’assurer la continuité, tout en faisant des concessions à la population mais les discours de la négation persiste toujours la preuve c’est que le premier ministre n’a pas autorisé quelques opposant à rentrer en Tunisie tant que la loi de l’Amnesty général n’a pas vu le jour
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Anonyme Il y a environ un an
Salama Bouchama. Les dernières manifestations qui ont eu lieu dans les pays maghrébins fournissent plus d’une explication à la situation politique et sociale de ces pays. Malgré les différentes expériences politiques, régimes, et structures sociales et économiques de ces pays, la succession rapide des événements qui ont eu lieu en Tunisie a surpris de nombreux observateurs, non seulement en raison du départ et retrait du Président tunisien, mais aussi en raison de la situation de la Tunisie que la plupart des rapports et études ont toujours décrit comme étant stable. Bien qu’il soit trop tôt pour juger les manifestations, ces dernières ont démontré que les sociétés disposent de dimensions dynamiques qui semblent être marginales ou secondaires, mais dont l’accumulation ou l’interaction peut conduire à des changements. Même si ces derniers ne sont pas radicaux, alors au moins ils exposent les problèmes cachés que tous les pays arabes s’efforcent de cacher avec leurs différentes politiques bien connues. La leçon à tirer des événements en Tunisie, que certains aiment appeler « la révolution tunisienne », est que l’essence de la démocratie est inévitable, car elle est la seule capable de gérer les différences et surmonter les protestations populaires non réglementées qui donnent à tous des blessures qui prennent du temps pour guérir.
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Anonyme Il y a environ un an
Les trois pays du Maghreb ne se ressemblent qu’en théorie. Ils ont eu des parcours différents depuis l’indépendance. La Tunisie aurait pu aller plus loin sans la dictature de Ben Ali, L’Algérie sans sa toute-puissante-armée et le Maroc sans Hassan II et le problème du Sahara. Dire que cela n’arriverait pas au Maroc ou en Algérie est absurde. Le Maroc a connu plus de manifestations du pain que ses voisins. Le Maroc a changé depuis, mais pas ses institutions, qui sont restées archaïques. Or cela aussi peut être un motif de mécontentement. Le Maroc a besoin de réformes drastiques à tous les niveaux, tout comme l’Algérie, encore murée dans un semblant de socialisme de mauvaise aloi. Et n’en déplaise à certains, “manger n’est pas la première nécessité de l’homme”. Malgré les chantiers ouverts et les infrastructures qui se multiplient, le Marocain a besoin d’une démocratie à l’européenne, seul modèle viable à long terme. Qui nous garantit aujourd’hui que demain un autre Hassan II ne sévira pas? Seule la démocratie, la vraie, peut prémunir contre les dérives. Et l’éducation, seul garant de la stabilité de toute nation, et point faible de beaucoup de pays du Tiers-Monde. Il y a encore tellement de choses à revoir.
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Anonyme Il y a environ un an
D’un fils du pays. Ce qui est arrivé en Tunisie est un soulèvement populaire général, qui ne visait pas initialement à renverser le président Ben Ali après 23 ans au pouvoir. Pourtant, certaines personnes ont profité de la situation et ont exploité ce soulèvement populaire pour transformer ses revendications du social au politique. Ceci a conduit au renversement du président Ben Ali, en conformité avec les demandes de l’opposition tunisienne à l’étranger. Des dizaines de Tunisiens sont morts dans ce soulèvement, mais qui en bénéficie ? Est-ce le peuple tunisien ? (Non). Les seuls bénéficiaires sont ceux qui veulent s’emparer du pouvoir, même au prix des vies du peuple tunisien tout entier. Ces personnes incitent les masses, mais visent-ils à améliorer le niveau de vie, les services ou l’image de la Tunisie, ou faire progresser ce beau pays ? (Pas du tout). Les masses sont mobilisées pour ouvrir la voie à ceux qui prétendent le patriotisme et qui vivaient sous la protection des services de renseignement occidentaux et coloniaux qui ne se soucient que du maintien du monde arabe sous leur contrôle. On se demande comment ce clan vivait à l’étranger. En analysant cela, on trouve qu’ils vivaient tous sous les auspices d’une puissance occidentale hostile au monde arabe et aux citoyens arabes partout dans le monde. Le peuple tunisien a sacrifié ses fils et n’en tirera rien; il a plutôt offert le pouvoir à d’autres individus sur un plateau d’or, pour qu’ils gouvernent le pays et pillent nos richesses. Ces personnes vont même transformer le pays en une base occidentale pour cibler n’importe quel pays arabe ou africain qui dénoncerait l’Occident ou Israël, comme l’indique déjà de nombreux signes. Marzouki a déjà annoncé qu’il se présenterait aux élections présidentielles, et Ghannouchi a demandé la permission de rentrer au pays de la Grande-Bretagne. Sont-ils de retour par amour à la Tunisie et au peuple tunisien ? Au contraire, c’est pour se venger des Arabes en général, et du peuple tunisien en particulier. Qui sont les perdants des émeutes, du sabotage et du pillage ? Ceux qui se vantent depuis leurs tours d’ivoire à l’étranger ? Non. Le peuple tunisien est le seul perdant, tout comme le peuple irakien. Je ne suis pas triste de voir les dirigeants partir, mais il faut tout faire sans recours à la violence qui a causé des dizaines de morts parmi le peuple tunisien, des dégâts estimés en millions, des retards au niveau de nombreux projets, la perturbation des écoles, et la destruction des magasins. Qui est le perdant dans tout cela ? Puisse Allah avoir pitié de nous.
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Anonyme Il y a environ un an
Je pense que le débat est tronqué si on focalise sur le “modèle” Tunisien…car cela revient à parler de tous les modèles (terrorisme,colonialisme,capitalisme,impérialisme,etc…)tous les modèles bons ou mauvais,qui ont fait du tort ou du bien à l’humanité…mais ils sont spécifiés comme …modèles!
Le véritable modèle est en nous-mêmes,dans nos chairs et sang…dans nos êtres …
Si vous êtes humiliée,comme femme,comme homme,toute une partie de votre vie,vous faut-il un “modèle” pour …vous résigner ou vous révolter???
Dans la vie,nul n’est donneur de leçons…car les leçons ,on les apprend par notre vécu…pour un temps ou pour toujours…
Avant la Tunisie,il y avaient eu d’autres peuples arabes,musulmans qui furent des …modèles,parce qu’il y avait eu d’autres peuples qui leur ont donné la raison d’êtres…des modèles…
Enlever les causes…il y n’y aura pas de conséquences,d’effets…bons ou mauvais.
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Anonyme Il y a environ un an
Nawal. Le principal résultat des protestations en Tunisie est le renversement de Ben Ali qui a fui le pays. Le changement ne doit pas se limiter au gouvernement, mais doit toucher à l’ensemble du système politique. En outre, ça ne doit pas se limiter au système présidentiel seulement, mais doit inclure la formation d’un nouveau gouvernement, la dissolution du parlement, l’organisation d’élections justes et transparentes, et la garantie des libertés qui constituent les fondements du changement. Lorsque le peuple a demandé de former un nouveau gouvernement, il n’a pas demandé un gouvernement composé des disciples de Ben Ali, à savoir les vestiges du régime renversé, comme c’est le cas du nouveau gouvernement formé par le Président provisoire. En outre, les protestations ont ouvert la porte aux prisonniers politiques et exilés pour retourner en Tunisie, ce qui eu de nombreuses répercussions, notamment le fait que M. Al-Marzouqi a annoncé qu’il se présentera à la présidence. La question qui se pose maintenant est la suivante : La Tunisie va-t-elle vivre la même chose que l’Irak après le renversement du régime de Saddam Hussein ?
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لطيفة بونو Il y a environ un an
L’absence d’encadrement politique conduit inévitablement à l’anarchie. Toutefois, avec l’aggravation des conditions sociales, il est difficile de réaliser l’équation de l’encadrement partisan entre les partis et les citoyens. Le travail partisan est perçu différemment par les différentes classes sociales, qui sont tout de même toutes d’accord sur ses fondations, consistant de participation politique, multipartisme, alternance au pouvoir et consolidation des droits humains… Il rester à noter, cependant, qu’une grande anarchie peut conduire à des changements qualitatifs au niveau des aspects institutionnels, notamment en termes du respect des droits humains en tant qu’élément essentiel du système international et politique de toutes les sociétés. Latifa Bono.
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