Le chômage des jeunes diplômés

Driss-benali-1924 Par: Driss Ben Ali

110105-zawaya-photo

Les événements qui viennent de secouer la Tunisie la semaine dernière et qui ont eu pour théâtre certaines villes du Sud de ce pays, relancent le débat sur un mal lancinant qui ronge les sociétés maghrébines : le chômage des jeunes et particulièrement des jeunes diplômés.

En effet, la persistance d’un taux de chômage important chez les jeunes diplômés est l’un des faits marquants de l’évolution du marché du travail au Maghreb durant les deux dernières décennies.

Toutes les statistiques montrent que le taux de chômage chez cette frange de la population est beaucoup plus important que chez les non-instruits. Si au Maroc, il est tombé de 29% en 2001 à 20% en 2008, en Algérie et en Tunisie, il a augmenté à la même période de 10% et 10,4% à 19,8 % et 21,6%, respectivement.

Par contre, le chômage des non-instruits est resté inférieur à 5% dans les trois pays. L’étude de la Fondation Carnegie Moyen-Orient qui s’est penché sur cette question conclut qu’au Maghreb le chômage touche beaucoup plus les universitaires, « plus exigeants quant à leurs emplois et leurs salaires, que ceux qui n’ont pas poursuivi leur cursus scolaire ».

En outre, la caractéristique qui distingue la situation des pays du Maghreb de celles des pays développés, c’est que le taux de chômage et le niveau de formation semblent évoluer dans le même sens. En effet, le taux de chômage le plus élevé se rencontre parmi les plus diplômés.

Peut-on espérer un changement qualitatif de la situation, à savoir un retournement de tendance ? Les gouvernements semblent décider à lutter contre ce mal, mais les marges d’action sont limitées. La nature du système productif peu créateur de valeur ajoutée et d’emplois, la faiblesse du capital humain et, la rigidité du marché du travail, sont les caractéristiques structurelles des économies maghrébines.

Il est donc permis de douter que les mesures réglementaires du type actuellement évoquées par les gouvernements de ces pays (recrutement forcé par les administrations, la réduction des coûts et la garantie de flexibilité pour les entreprises, la multiplication des cycles de formation improvisés ou des aides à des entreprises qui recrutent) ne peuvent à elle seules aplanir les difficultés d’insertion des diplômés au marché du travail.

En d’autres termes, les pouvoirs publics se trouvent pris en tenaille entre deux impératifs difficiles à concilier dans le contexte actuel du marché du travail : le premier d’ordre politique. Il consiste à assurer une visibilité à court terme au sein de l’opinion publique.

Cet impératif conduit les gouvernements à donner la priorité à des objectifs quantitatifs (maximiser le nombre de recrutements réalisés). Le deuxième, d’ordre économique, consiste à favoriser l’émergence à moyen et long terme d’un marché du travail des jeunes diplômés régi par la logique du marché dans le cadre de la stratégie globale de restructuration de l’économie nationale (assure la qualité des appariements, établir des relations durables de confiance avec les entreprises, avoir un contact de proximité avec les chômeurs, contrer les stratégies d’appropriation privées développées par certains acteurs…).

Au total, les gouvernements de la région ont du pain sur la planche.

Vos commentaires

comments

Anonyme Il y a environ un an

vraiment les chose s’inversent de nord ou sud.je crois que le principale problème qui touche bien l’ensemble des jeunes maghrébins c’est le manque quasiment total des poste de travail des secteurs publique, cette situation est accentuée encore par “RICHWA”.

comments

Anonyme Il y a environ un an

Ceci est dû à la privatisation des sociétés publiques. Par conséquent, les propriétaires des sociétés cherchent à accumuler le profit avec le minimum possible de main-d’œuvre dans leurs entreprises ou usines, en diminuant le nombre de travailleurs et en accroissant leur charge de travail fatigante. L’État doit intervenir pour évaluer la situation dans chaque entreprise. Chaque individu a une capacité de travail limitée à huit heures continues ; s’il est forcé de les dépasser, il pourrait périr avec le temps, tandis que les propriétaires des entreprises s’enrichissent au détriment des jeunes chômeurs. L’État doit également constituer des comités publics, impartiaux et assermentés pour réévaluer le nombre réel des travailleurs que les usines et les entreprises peuvent engager, sans préjudice ni corruption pour changer les faits ; pour que les riches ne s’enrichissent pas davantage et que les pauvres ne s’appauvrissent pas davantage non plus, et ainsi diminuer l’écart croissant entre les deux parties.

comments

Anonyme Il y a environ un an

enleve le chomaje c’est enleve tous les gouverneurs de 2010 pour crier des postes d’emploie en algerie, car ils ont occupé tous les postes

comments

Anonyme Il y a environ un an

pour rappel L’Etat n’est pas un créateur de poste de travail. l’Etat doit fournir une infrastructure, des texte de loi, et une fiscalité qui encourage les investisseur, et les porteur de capitaux a crée des entreprise (c’est le secret pour réduire le taux de chômage, comme ça la roue de la production et la consommations se met en place, et une classe moyenne émerge dans les pays du Maghreb.
Tous les commentaire parle du secteur public et du travail dans ce secteur, je rejoint l’idée du Docteur Benali, qui dit que les diplômé sont très exigent, et voici l’exemple (travaillé 8h par jours, déterminé les limite de l’être humain) se fixé ces limites est déjà un refus de bossé .Moi je vais parlé d’un autre problème c’est la qualité de l’éducation que nos université prodigue dans ses salle de cours ==> sont elles a un niveau de crée un individu capable de géré, et de crée de la richesse?
répond elle vraiment au besoin des société qui demande des diplômé et les recrute?

Publiez vos commentaires immédiatement ! Enregistrer

1800 caractères restants (1800 max)

Entrer les chiffres
Button

Autres opinions

Les infos de Magharebia