Service de Magharebia
Par: Mohamed Mohamedou Khattat

Il est une réalité que l’on ne se cache plus dans nos pays du Maghreb, voire en Afrique subsaharienne: le chômage et le sous-emploi ont été accentués par les réformes économiques et la crise financière mondiale, le secteur public licenciant et le secteur informel n’offrant que rarement des possibilités d’emploi et de revenu décents.
Mais là n’est pas le plus désolant quand on sait que les modes de gouvernance sociale n’accordent, le plus souvent, aux travailleurs, que le minimum de santé, de sécurité au travail, de sécurité sociale, voire de dignité humaine.
Qu’il s’agisse de la Mauritanie avec les luttes, en début de l’année 2010, des « Dockers-Ville » (pour la renégociation des prix de chargement et de déchargement des marchandises), des employés de la Commune du Ksar (pour la régularisation de leurs arriérés de salaire), des contractuels et des travailleurs non permanents de l’Etat (pour savoir leur statut juridique), des ex-travailleurs d’Air Mauritanie (compagnie aérienne mise en liquidation), des fonctionnaires et agents de l’Etat (dont les revendications ne trouvent aucun écho favorable malgré leur grève générale de mars dernier), ou qu’il s’agisse plus récemment encore de la Tunisie avec la ville de Sidi Bouzid (théâtre, ces derniers jours de troubles sociaux causant le suicide d’un jeune chômeur qui s’est électrocuté du haut d’un pylône de haute tension, en criant qu’il ne voulait « plus de misère, plus de chômage »), les soucis des populations et, en particulier des travailleurs, sont les mêmes : ils réclament de meilleures conditions de vie et de travail.
Faut-il cependant noter qu’en Mauritanie, la création, en 2005, d’une Caisse Nationale d’Assurance-Maladie (CNAM) dotée d’un financement d’environ 4 milliards d’Ouguiyas, a beaucoup aidé à la prise en charge (80 à 90% des frais d’hospitalisation, évacuation à l’étranger) des malades (fonctionnaires, retraités, parlementaires …). Aussi, les pouvoirs publics mauritaniens ont-ils procédé, en 2010, à une augmentation des salaires des employés de la fonction publique à travers la généralisation des allocations de transport et de logement.
Pourtant côté centrales syndicales, on se plaint toujours et on réclame plus, sous prétexte que la reprise (même timide) économique et l’exploitation des nouvelles richesses impliquent logiquement une augmentation conséquente des salaires des travailleurs qui ne doivent pas travailler uniquement pour s’endetter.
Il est vrai que la détérioration continue du pouvoir d’achat, la flambée ininterrompue des prix et l’absence de politiques économiques et sociales capables de limiter les impacts néfastes des crises internationales successives sur la communauté des travailleurs, sont vécues au quotidien et que les efforts consentis par nos Etats pour notre bien-être et les promesses de lendemains meilleurs pour les employés ne pèsent que très peu dans la balance de confiance Etat-partenaires sociaux et par-dessus tout celle de préservation de la paix sociale.
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