Poursuivre le dialogue religieux en resserrant l’étau sécuritaire

Khattat Par: Mohamed Mohamedou Khattat

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Depuis qu’elle s’est installée au Nord du Mali, la branche d’Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) s’est efforcée de recruter ses combattants parmi la jeunesse égarée des pays qu’elle a ciblés.

Une jeunesse qui souffre de chômage, de désespoir et qui est, par-dessus tout abandonnée à elle-même, devenant du coup une proie facile que les fanatiques arrivent sans trop de peine d’ailleurs à embrigader et enrôler dans une guerre perdue d’avance.

En Mauritanie, le Pouvoir en place l’a vite compris : la lutte contre le terrorisme passe d’abord par la récupération de cette frange dont la jeunesse de l’esprit et l’égarement, sont la vraie force de frappe d’AQMI, la jeunesse étant l’avenir du pays.

C’est ainsi qu’il s’est employé à ramener la raison à la maison en adoptant une loi mauritanienne sur le terrorisme disposant de largesses (jusqu’à la remise en liberté) en faveur des présumés terroristes et/ou salafistes qui annonceraient leur renoncement avant d’être arrêtés.

Il a par la suite organisé de longues séances de dialogue religieux animées, depuis la prison centrale de Nouakchott, par des figures religieuses emblématiques, des oulémas et des érudits avec la soixantaine de présumés salafistes jihadistes déjà détenus.

L’œuvre consistait à convaincre cette jeunesse perdue, non seulement de revenir à la raison et de se repentir pour réintégrer la société, mais également de renoncer, volontairement, à la violence, au fanatisme et de condamner tout recours à la violence.

Au sortir de ce dialogue, le pardon et la clémence étaient au rendez-vous pour 35 d’entre eux qui ont été les premiers à bénéficier à la fin du Ramadan, d’une grâce présidentielle, avant que ne suivent 12 autres à l’occasion de la fête du Id Al Adha. On connait la suite, les défections côté AQMI, se suivant par un, puis cinq, puis vingt-huit, cette jeunesse mauritanienne se rendant compte que son avenir était plutôt en Mauritanie que dans le désert malien.

Voilà donc qui n’a pas été vain pour les uns et pour les autres, la bataille sur le front intérieur étant bien plus difficile que celle de l’extérieur, même si l’ennemi reste, pour la plupart du temps invisible dans les deux cas, n’apparaissant que lorsqu’il a déjà fait son coup, enlevant ici des étrangers ou essayant là un attentat-suicide, les agressions militaires devenant de plus en plus difficiles, la conjugaison des efforts des armées locales et les appuis logistiques et de renseignement de leurs alliés occidentaux et européens, pouvant leur coûter cher.

Mais la Mauritanie n’a pas été le seul pays maghrébin à jouer cette carte du dialogue et de la réconciliation soutenus par un cadre juridique protégeant les repentis. Bien avant elle la Libye et l’Algérie ont tenté, avec des succès certains, de se sortir de l’emprise des fanatiques.

En effet, l’on se souvient que la Fondation Kadhafi pour le Développement (FKD), présidée par Saif al-Islam Kadhafi, le fils du guide libyen, avait lancé ce dialogue avec les prisonniers islamistes dans ce pays dont plus d’une trentaine finirent par être élargis après avoir accepté d’abandonner leurs idées extrémistes et l’usage de la violence comme approche pour s’intégrer par la suite dans la société.

En Algérie, c’est bien grâce à la loi du 13 juillet 1999 sur la concorde civile que la situation sécuritaire s’est améliorée. Une loi qui proposait aux combattants armés qui renoncent à leur combat et se présentent aux autorités soit l’exonération des poursuites, soit la mise sous probation, soit la réduction de peine.

Certes, il ne s’agit pas d’une baguette magique mais force est de constater que le travail intellectuel et spirituel, ajouté à la détermination, la fermeté et la pression militaire ont apporté des résultats.

Vos commentaires

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Anonyme Il y a environ un an

Les facteurs qui sont l’origine du terrorisme incluent : 1) L’injustice, ou un sentiment d’injustice, peut être la source la plus importante de l’extrémisme, comme le sentiment général que les musulmans ont envers l’oppression d’Israël, de l’Ouest et de leurs partisans parmi les dirigeants musulmans ; 2) L’absence de démocratie, comme c’est le cas en Algérie où l’Etat a rejeté le succès du parti islamique, 3) Le chômage et la perte d’espoir.

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