Service de Magharebia
Par: Driss Kassouri

Il ne fait aucun doute que les élections municipales, de par leurs paris, aspirations politiques, forme de planification et de gestion, et la nature de leurs acteurs partisans et sociaux, sont très différentes des élections législatives avec leurs objectifs et grandes dispositions politiques et nationales.
Bien que la règle qui caractérise l’événement municipal de l’événement législatif s’est parfaitement perpétuée dans les élections du 12 Juin, mais elle a apporté plusieurs nouveaux faits politiques qui jettent leurs ombres sur les prochaines élections législatives, en imposant la prise de décisions politiques claires s’il y a une réelle volonté politique pour redresser la scène politique, et rationaliser la performance partisane vers une orientation qui va redonner à la culture politique marocaine la crédibilité qu’elle a perdue, et conduirait peut être à la réconciliation du citoyen marocain avec les scrutins à l’avenir quand les élections deviendront particulièrement attractives ou abandonnées à jamais.
Indépendamment des conditions politiques au cours desquelles les élections ont eu lieu, et pour lesquelles personne ne peut raffiner le dossier du ministère de l’Intérieur et ses intérêts étrangers, ces élections n’ont pas montré de différence substantielle des précédentes en termes de persistance de certaines anomalies, telles que la présence de l’argent, la distribution de fausses promesses, la nomination des barons financiers et des symboles de la corruption sociale, économique et politique, et la tenue d’élections qui ressemblent à des shows d’intimidation loin de la morale et du rationalisme. Indépendamment du fait que ministère de l’Intérieur continue à tenir tous les fils des contrôles légaux, et à renforcer sa réglementation sur les municipalités dans le cadre de la nouvelle gouvernance et des municipalités qui favorisent le projet de développement, et la mise en œuvre de la politique de proximité et de développement local; et sans se livrer à des discours inutiles sur le ratio de 52% par rapport au ratio des élections parlementaires précédentes, nous pouvons observer certaines caractéristiques spéciales de ces élections afin de créer une dynamique politique qui pourrait donner un peu d’espoir en ce qui concerne la rupture avec le passé sombre, si les responsables ont la volonté politique nécessaire.
Nous pouvons sentir cet aspect lors de l’analyse des pôles politiques, le leadership électoral partisan, la création des conseils, et le mécanisme des organisations et des médias.
Ces élections ont confirmé que, même si les grands partis n’ont pas pu couvrir toutes les circonscriptions, ils ont eu quand même des résultats positifs et ont reçu un pourcentage d’élus qui a été plus élevé que le pourcentage des candidats au niveau national. Par exemple, le parti qui a désigné 16% ou 12% des candidats a obtenu 21% ou 16% des élus, bénéficiant ainsi du seuil exigé de 6%, qui a représenté un joker des élections, et du système des listes supplémentaires qui a joué en faveur non seulement des femmes candidates, mais aussi en faveur des grands partis au détriment des petits partis dont les rôles politiques de perturber la carte des municipalités et la balkanisation des conseils a commencé à diminuer. Pour la première fois au Maroc, les caractéristiques d’une feuille de route vers la création de pôles et cercles politiques ont commencé à devenir plus claires et aussi réalistes que possible. Par conséquent, nous pouvons parler aujourd’hui de pôles partisans avec des références politiques ou idéologiques liées et unifiées. Si nous disons que la scène politique marocaine ne peut plus supporter d’embrasser les autres partis, nous pouvons au moins dire que de ces élections que:
- le pôle de la majorité est composé du parti de l’Indépendance, le Rassemblement National des Indépendants, l’Union Socialiste, le Parti du Progrès et du Socialisme, qui joue le rôle du pouvoir exécutif et qui peut se maintenir comme un pôle politique harmonieux si ses composantes se débarrassent du conflit de la supériorité et de l’amour du commandement,
- le pôle de l’opposition est composé du parti Authenticité et Modernité , le Mouvement Populaire, l’Union Constitutionnelle, et le parti de la Justice et du Développement qui pourrait maintenant adhérer à l’alliance du premier pôle en raison de son conflit avec le parti Authenticité et Modernité qui disparaîtra avec le temps, et en raison de la période romantique qu’il vient de commencer avec l’Union Socialiste. Cette polarité reste possible si le Rassemblement National des Indépendants décide – conformément au rôle qui lui est assigné – de rester avec la majorité du gouvernement en réponse aux orientations du message royal récent à l’adresse Premier ministre, qui a renouvelé la confiance royale envers Abbas Al-Fassi et le gouvernement actuel, et qui a demandé à ce dernier de poursuivre les “plus grand ateliers”; et sur la base de la réponse volontaire et immédiate du Rassemblement National des Indépendants au message royal, vu que le président du parti, Moustapha El Mansouri, a déclaré qu’il restera avec la majorité actuelle, et ne suivra pas le parti Authenticité et Modernité vers l’opposition. D’autres pôles peuvent être formés sur la base de backgrounds intellectuels, comme suit:
- Un pôle de gauche composé de l’Union Socialiste et le parti du Progrès et du Socialisme pourrait ne pas être réussi ou ne pas durer très longtemps
- un pôle islamique qui fusionne le parti de la Justice et du Développement et le parti modéré de l’Indépendance, s’ils cherchent une cohérence intellectuelle en laissant de côté les critères d’éligibilité de la supériorité de dogme ou d’hégémonie
- un pôle libéral traditionnel composé de l’Union Constitutionnelle et de Mouvement Populaire, où les responsables de la ville rencontrent ceux de la campagne,
- et un pôle libéral moderne composé du Rassemblement National des Indépendants et du parti Authenticité et Modernité, où l’argent rencontre un lobby choisi des nouveaux et futurs cadres. Toutefois, jusqu’à présent, cette polarité reste possible et caractérisée par un certain degré de flexibilité, et ouverte à plus de lignes de réglementation qui font d’elle des pôles solides, importants et stratégiques, en vue d’inciter la scène politique marocaine à s’harmoniser et rester loin des conflits.
Pour cette raison, le scrutin devrait avoir lieu en deux sessions, peu importe son coût politique et financier, puisque c’est le seul moyen de réorganiser la carte politique du Maroc sur de nouvelles bases, et de rendre les élections plus crédibles et plus efficaces. Le vote en deux sessions inciterait les petits partis à se joindre volontairement aux grands partis et consolider les votes en des majorités légitimes avec des couleurs claires, et à accéder aux conseils avec de grands titres, au lieu des municipalités avec des couleurs d’arc-en-ciel et des conflits durables.