La société civile témoigne du blocage de sa contribution au développement durable

Zghidi_salah-250 Par: Salah Zeghidi

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Le développement durable a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années en tant que nouveau concept et nouvelle orientation pour les questions de développement préoccupant tous les gouvernements et institutions mondiales. De nombreuses organisations et associations ont émergé par la suite pour occuper une position de premier plan dans ce domaine.

La région arabe n’est pas restée à l’abri de cette tendance, et les peuples arabes attendent avec impatience l’amélioration des conditions de transport, de santé et d’éducation en faveur des générations à venir.

Le développement durable repose sur la nécessité que les projets réalisent un équilibre acceptable entre le développement économique et le développement social et humain dès le départ …

Ces projets doivent au moins mettre un terme aux différences sociales et rejeter catégoriquement toute source de nuisance à l’environnement …

Quant à la société civile, les associations ont souvent besoin de ce genre de petits projets afin de faire preuve de leurs capacités d’une part, et pouvoir soutenir les catégories sociales marginalisées d’autre part …

En réalité, les projets de développement durable encouragent les activités intensives des organisations et associations de la société civile, qui impliquent souvent des jeunes hommes et femmes ayant l’énergie et la détermination nécessaires pour assumer leurs responsabilités …

Cependant, plusieurs obstacles persistent encore dans la région du Maghreb. Le développement de la société civile et l’élargissement de son rôle nécessitent une atmosphère positive en promouvant les libertés publiques et individuelles, en facilitant les procédures de création des associations et leur accordant subventions et primes, et en établissant des réseaux regroupant un grand nombre d’associations dans chaque pays maghrébin.

Il faut noter l’existence de remarquables différences entre les pays maghrébins. Par exemple, le Maroc dispose d’un réseau important d’associations de différentes spécialités, et travaillant dans – ou prenant part à – des projets variés ; tandis que la scène algérienne semble plus sombre, vu que le pays n’a pas réalisé de progrès significatif dans ce domaine.

Quant à la Tunisie, la situation y est encore pire car le système du parti unique impose un contrôle total sur tous les segments de la société, en particulier les militants …

Le développement durable est une occasion en or pour réaliser un développement réel dans nos pays. Les choses doivent changer puisque la société civile a toutes les qualifications et compétences qui l’habilitent – plus que quiconque – à lancer des projets réussis de développement économique, culturel et social.

Il est grand temps que les autorités maghrébines permettent aux associations de la société civile de contribuer au développement de leurs pays et à l’éducation de leurs peuples.

Vos commentaires

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Anonyme Il y a environ un an

Je partage votre point de vue sur le rôle de la société civile et ses différents degrés de blocage selon les pays. Toutefois, si le secteur associatif peut jouer un rôle revendicatif, pédagogique et expérimental, il ne saurait – faute de capitaux, de structuration et de raison d’être – assurer une politique de grande ampleur.

Car le développement durable ne devrait pas être réduit à un concept en vogue et à la marge : il est par définition le seul développement possible dans la durée, il devrait donc être au coeur des grands choix économiques présents et futurs.

Il appartient à nos états, et au secteur privé via des incitations publiques, de mettre en oeuvre un tel développement.

Au-delà des jolis discours sur l’environnement, force est de constater que nos sociétés restent bien loin des notions élémentaires de durabilité écologique, aussi bien en termes de conscience individuelle que d’organisation économique et sociale.

Le ramassage – sans parler du retraitement – des ordures, est bien souvent calamiteux. A proximité des villes les plastiques s’accumulent et souillent les meilleures terres agricoles. Et ce n’est qu’un des éléments les plus visibles.
L’accroissement constant de la pollution atmosphérique, fluviale, l’érosion des collines sous l’effet d’un surpâturage irraisonné, la déforestation, sont d’autres signes de l’urgence pour nos sociétés à prendre sérieusement en main la question écologique. Continuer à l’occulter signerait à terme une inévitable régression du niveau de vie au Maghreb. On ne peut pas vivre durablement à crédit sur le compte de la nature : un jour, elle fait payer !

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