La société civile traduit les idées en actions

Abdelaziz_karraky-250 Par: Abdelaziz Karraky

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La ville d’Agadir a abrité le Forum International sur le Développement Humain, peu après le sommet international organisé par le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies pour discuter des Objectifs du Millénaire pour le Développement à New York, entre le 20 et le 22 Septembre 2010. Ces deux événements confirment que le développement est devenu un sujet de premier plan dans les relations internationales, et un mécanisme crucial susceptible d’éradiquer la pauvreté dans de nombreuses régions du monde.

Il est donc devenu nécessaire aujourd’hui d’examiner les rôles joués par les différents acteurs dans ce domaine, en particulier la société civile. Alors, comment cette dernière peut-elle contribuer au développement durable dans la région maghrébine ?

La société civile est un mécanisme qui permet aux individus d’exercer leurs libertés, et de transformer leurs idées individuelles en projets collectifs. La société civile revêt une importance particulièrement accentuée quand il s’agit du développement durable, puisque les individus unifient leurs efforts dans le but de changer leur niveau de vie et se débarrasser de la vulnérabilité en créant de la richesse. La société civile peut remplir de nombreux rôles, dont les plus importants peuvent être regroupés dans les trois catégories suivantes :

Premièrement : Encadrer la population pour mener un diagnostic social participatif qui aiderait la société civile à identifier les différents besoins et priorités de développement. Une recherche rigoureuse sur le terrain permettrait d’obtenir des données quantitatives et des indicateurs pour évaluer les efforts de développement déployés, et définir les obstacles qui entravent l’éradication définitive de la pauvreté. Cette étape est décisive car elle est consacrée à une nouvelle culture, permettant à la population de s’approprier les projets de développement au lieu de se limiter aux décisions prises au niveau central.

Deuxièmement : Agir en tant que médiateur entre la population et les autres parties. Après avoir identifié les domaines prioritaires d’intervention, les acteurs de la société civile doivent communiquer avec les élus locaux, compte tenu de la proximité de ces derniers avec la population et leur familiarité avec leurs conditions de vie. Cette initiative vise à inclure les résultats du diagnostic social dans la planification du budget local annuel, ce qui nécessite l’élaboration d’un projet de politique de proximité qui serait difficile à implémenter sans une réelle implication de la société civile dans sa planification et son activation.

Troisièmement : Promouvoir la culture de participation, étant donné que le plus grand obstacle au développement est la prédominance de la culture de soumission. La participation de la société civile au diagnostic social et à la médiation incite les gens à accepter peu à peu de s’impliquer dans tous les projets qu’elle mène. Les gens estiment que les projets menées par la société civile sont plus proches d’eux, et leur confèrent un réel sentiment d’appropriation du développement, en déclenchant ainsi une phase de changement. Par conséquent, des transitions graduelles émergent au niveau des comportements des citoyens, et la participation remplace ainsi la soumission. Cependant, tout cela ne sera pas possible tant que la société civile ne dispose pas de ressources humaines qui adoptent la démocratie en tant qu’idéologie et pratique.

Vos commentaires

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Anonyme Il y a environ un an

Personne ne doute Aujourd’hui du rôle capital de la société civile dans le domaine de développement humain, mais le manque de moyens surtout sur le plan financier, pèse lourdement sur ses différentes actions, quand au ressources humaines elles ont besoin d’un renforcement de capacité , qui aura un rôle capital dans les changements de comportement en sachant que l’action de la société civile doit passer maintenant du volontariat au stade de professionnalisme pour être capable de réaliser ce que vous avez exposer dans votre article .

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Anonyme Il y a environ un an

La société civile est en effet le meilleur espace pour exercer les libertés en groupe. Toutefois, dans les pays maghrébins, nous avons développé une certaine perception au sujet de la société civile comme étant uniquement un espace pour exercer les libertés, tout en oubliant qu’elle est aussi un véritable mécanisme pour le développement. Par conséquent, je pense que la plupart des lecteurs ne comprendront pas ce que vous avez abordé dans votre article, basé sur une approche de développement qui nous invite à considérer la société civile comme un véritable partenaire dans le processus de développement. Nous avons pris l’habitude de considérer la société civile comme un espace remarquable pour protester et critiquer, en ignorant tout le reste. Nous devons être courageux et admettre que la société civile est faible sur tous les niveaux, surtout en termes d’interaction et d’évaluation des politiques publiques. Al-Mahdi al-Aatwani

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Anonyme Il y a environ un an

Je ne pense pas que la société civile maghrébine soit capable de remplir les rôles que vous avez mentionnés. Il me semble que vous projetez le rôle de la société civile dans les pays développés, sur le Maghreb arabe. C’est exactement ça le problème des intellectuels arabes, vous êtes déconnectés de la réalité. Vous lisez sur les expériences des pays développés et vous pensez qu’elles sont automatiquement transférables au Maghreb arabe, comme si l’aspect culturel ne faisait pas partie de l’identité des sociétés. Mais ce n’est pas grave, vous encouragez la mondialisation partout et pensez que les accomplissements de l’Occident sont également réalisables dans les pays en voie de développement. Je tiens à vous signaler que la société civile dans les pays maghrébins n’a pas vu le jour pour défendre la liberté ; c’est les instances politiques qui lui ont permise d’exister. Par conséquent, l’émergence de la société civile a été faussée, et elle est marquée par une faiblesse permanente qui la fait courir après les autorités politiques, pour demander du financement, ou obtenir reconnaissance et légitimité. Je n’imagine pas la société civile entreprenant un diagnostic social afin d’identifier les priorités, vu que la société elle-même ne reconnaît que l’État. Par conséquent, je pense que ce que vous avez dit au sujet de la société civile n’est valable que pour les autres pays qui ne ressemblent ni de près ni de loin au Maghreb arabe.

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Anonyme Il y a environ un an

La culture est le principal frein au développement, car elle détermine et façonne les comportements des individus. Cela nous incite à mettre en question les mécanismes d’éducation, car ce sont eux qui poussent les individus à internaliser les idées, coutumes, traditions et même religions. Je pense que notre société civile est toujours inconsciente du rôle qui lui est affecté, puisqu’elle n’est pas encore parvenue à être indépendante des acteurs politiques. En ce qui concerne les expériences des pays du Maghreb arabe, elles ne sont pas similaires, puisque les pouvoirs politiques de chaque pays aspirent à réaliser leur propres projets, qui sont pour la plupart très différents de ceux des autres pays. Je pense qu’il est difficile de généraliser à ce niveau, et c’est exactement ce que vous avez fait; je vous demande donc d’envisager de ré-analyser ce sujet. Al-Mehdi al-Fassi.

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Anonyme Il y a environ un an

Personne ne conteste que la société civile occupe une place prépondérante dans le fonctionnement des sociétés contemporaines, il s’agit d’alternative réelle à la pratique gouvernementale, à condition q’elle dispose de la compétence et du professionnalisme. Et personne ne peut nier aujourd’hui le rôle que joue ou que peut jouer la société civile dans le développement durable à condition q’elle soit liée aux concepts de gouvernance, de démocratie locale et de processus participatifs, comme vous l’avez mentionné. On outre je suis tout à fait d’accord avec vous que la société civile doit agir non seulement comme médiateur, mais comme partenaire doté d’une force réelle, étant donné qu’elle représente les citoyens. Pour atteindre ce but deux objectifs doivent être pris en considération, le premier concerne l’amélioration des relations entre le gouvernement et la société civile, le deuxième nécessite le développement de cette société elle-même, car plusieurs ONG, notamment les associations, ont besoin d’orientation, de formation, de renforcement des capacités surtout locales, pour qu’elles soient à la hauteur des nouvelles missions qui leurs sont préconisées pour participer au développement efficace et durable.

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Anonyme Il y a 11 mois

Comment les organisations et associations non-gouvernementales peuvent-elles obtenir orientation et formation en matière de renforcement et développement des capacités de leurs membres, afin de leur permettre de remplir leurs fonctions correctement et ainsi obtenir des résultats satisfaisants ?

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