Les partis politiques marocains sont incapables de suivre le rythme des aspirations des citoyens

Chaabani Par: Ali Chaabani

Zawaya0917

Comme on le sait, les élections sont une procédure démocratique appliquée par les communautés qui croient en la démocratie, l’égalité et le respect des opinions, attitudes et orientations de leurs citoyens, et qui aspirent à appliquer les principes de la justice et du respect de la loi, qui reposent sur la solide conviction qui stipule que les sociétés démocratiques modernes croient en le pluralisme et les différents points de vue et orientations politiques, intellectuels et économiques qui servent la communauté et son développement. Il est également devenu difficile de parvenir à un consensus, et une unanimité complète au sujet de la gestion des affaires publiques de tous les citoyens. Par conséquent, il est devenu nécessaire de recourir aux élections dans l’objectif d’atteindre une majorité absolue qui va surveiller et gérer les affaires publiques des citoyens, sur la base de programmes clairs et réalisables, dans un délai déterminé. Le parti politique, ou les partis politiques alliés, s’engage à mettre en œuvre ces programmes avant la fin de la période fixée par la loi, pour en être ensuite responsable.

Cela est d’une manière générale, mais pour le Maroc, la question reste posée quant à l’efficacité de l’application de ces principes dans le pays, en dépit du commencement de cette expérience depuis des années. Malgré la récurrence des expériences électorales municipales et législatives qui ont été tenues au Maroc depuis l’indépendance, la réalité continue à se détériorer et se dégrader. Ces élections n’ont pas pu, même pas une seule fois, sélectionner des forces politiques qui soient vraiment capables de gérer et servir les affaires publiques des citoyens avec intégrité, transparence et sincérité. Bien au contraire, ce qui a été observé et reproduit dans toutes les expériences précédentes, c’est de servir des intérêts personnels étroits ou les objectifs idéologiques et politiques des partis qui contrôlent les assemblées élues, tant dans les villes que dans les campagnes. Le citoyen marocain n’a pas été en mesure de tirer profit de ces expériences répétées. L’image qui prévaut aujourd’hui est celle de ses plaintes, aversion et réticence à participer à ce jeu ouvert, et qui ne sert que les intérêts de groupes auxquels il n’appartient pas. Malheureusement, la majorité des partis politiques participant aux élections municipales, et en fonction de l’expérience récente, s’est laissée emporter loin des objectifs réels et nobles des élections. Les élections sont devenues un objectif en soi, plutôt qu’un moyen de sélection de nouveaux élites capables de, et qualifiés pour, servir la nation et les citoyens, et développer la société et la pousser vers le progrès. Le but ultime de ces partis est devenu la compétition pour les sièges en vue de les obtenir par tous les moyens, même au détriment de la loi, des principes, des éthiques et de la dignité des citoyens. Pour ces raisons, ces partis ont légitimé tous les moyens – qu’ils soient licites ou non – et ont essayé d’attirer les fonctionnaires et hommes d’affaires, ce qui a conduit à l’infiltration de nombreuses pratiques aux élections, telles que la corruption, le contournement des lois, la contrefaçon, et tout ce qui pourrait les aider à obtenir un siège de plus. Tous les observateurs sont convaincus que les partis politiques marocains, sans exception, sont devenus obsolètes et n’ont pas la capacité de lire la réalité sociale et les changements en cours dans le pays, pas plus qu’ils ne peuvent les interpréter, ou les contrôler. Cela a mené à la création d’un fossé énorme entre ces partis et le peuple, à cause de l’incapacité de ces partis de suivre le rythme des aspirations des citoyens et de répondre à leurs besoins fondamentaux en matière d’emploi, éducation, santé et sécurité. Les municipalités locales sont le miroir de la société, et les personnes élues pour les municipalités sont les élites de la communauté. Quand ces élites sont au-dessous du niveau requis, les attitudes sont inévitablement déterminées à leur égard. Face à de tels aspects d’invalidité dont souffrent les partis politiques et les assemblées élues, est-il possible de s’interroger sur les leçons à tirer de ces élections? La gestion des municipalités exige une attention particulière à tous les détails des affaires quotidiennes des citoyens de la municipalité à laquelle ils appartiennent. Les municipalités ont-elles des ressources humaines avec un tel niveau? Est-ce que les lois régissant les municipalités les aident à atteindre ces objectifs? Est-ce que les gestionnaires qui sont actuellement retenus par les élections – avec la manière dont ces élections sont menées – sont en mesure de gagner la confiance des citoyens? La vérité est que ceux qui gagnent la confiance des citoyens sont très peu, le peu fait une exception, les exceptions ne peuvent pas être jugées, et bien sûr, les exceptions ne font pas la règle. La plupart des conseils précédents avaient des éléments corrompus et corrupteurs qui ont entravé le décollage du développement, ce qui a conduit au désespoir et à la méfiance des citoyens. Le jugement qui est répété par tous est que les assemblées élues, quel que soit le nombre d’élections tenues, sont comme les conseils précédents, dominés par la corruption, les détournements des fonds publics, et le service d’intérêts personnels.

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