La nécessité de revoir les lois régissant les partis

Abdelaziz_karraky-250 Par: Abdelaziz Karraky

Zawaya0917

La clameur de la campagne électorale qui a duré 12 jours et dans laquelle 30 partis étaient en compétition pour 27.795 sièges est enfin terminée. Si l’on médite sur les résultats de ces élections, on va conclure un ensemble de faits, dont certains peuvent être présentés comme suit:

1 – Ces élections ont confirmé que l’approche typique du Maroc est un choix stratégique, visant à l’inauguration d’un nouveau type de développement par l’ouverture à toutes les énergies de la communauté. Les électeurs marocains ont réagi positivement à la discrimination positive en faveur des femmes, ce qui a mené à l’élection de 3406 conseillères pour un ratio de 12,3%, au lieu de 127 conseillères aux élections de 2003.

2 – Les élections de 2009 ont confirmé un respect remarquable pour la logique, vu que le parti qui a présenté le plus grand nombre de candidats – le Parti Authenticité et Modernité – est celui qui a remporté le plus grand nombre de sièges. Ce parti a adopté un nouveau discours communicatif basé sur le réalisme, et qui propose une approche participative en tant que mécanisme pour la résolution des problèmes. La direction du parti a organisé des réunions de communication dans les zones reculées que les directions des autres partis n’ont pas l’habitude d’atteindre, comme la région de Ketama où les autorités essaient depuis des années d’éliminer la culture du cannabis, et la remplacer par des cultures alternatives. Le Parti Authenticité et Modernité a remporté 16 sièges sur 25 dans cette région, ce qui confirme l’efficacité de la politique de communication qu’il a suivie et qui lui a permis de gagner 6015 places, représentant 21,7% du total des sièges.

3 – Le recul spectaculaire des partis de la gauche, vu que certaines directions n’ont pas pu obtenir même un siège dans les circonscriptions où elles ont pris leur victoire pour acquise. Même les alliances de gauche n’ont pas eu d’impact sur les résultats, et n’ont pas pu confirmer les origines de la pensée de gauche au Maroc. Le passage de l’Union Socialiste, et du parti du Progrès et du Socialisme au gouvernement, et leur ténacité à rester dans le cadre du bloc de l’alliance, ont négativement influencé les résultats de la gauche et lui ont fait perdre la crédibilité dont elle avait bénéficié dans le passé. Il est donc nécessaire, pour la gauche de réexaminer beaucoup de choses, liées à la fois à son discours et aux méthodes réalistes de réagir face aux changements qui ont lieu dans la société marocaine.

4 – Le retour de la plupart des présidents des conseils municipaux des grandes villes au premier plan, de toute évidence par le biais de leur victoire facile dans les élections, ce qui signifie que la bataille pour l’élection présidentielle qui aura lieu 15 jours après la date du scrutin aura certainement un impact sur les alliances des partis, surtout que le Parti Authenticité et Modernité qui a remporté la première place avait rejoint l’opposition avant les élections.

5 – La nécessité de revoir les lois régissant les partis politiques, vu que les élections locales ont inclus 30 partis, dont certains n’ont pas pu présenter leurs listes facilement, et d’autres qui ne se sont pas fait connaître jusqu’à la période des élections, ce qui rend leur présence modeste sur la scène politique. Cela s’est reflété dans les résultats puisque huit partis ont reçu moins de 1% des votes, ce qui les rend pratiquement incapables d’être influents.

Vos commentaires

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Anonyme Depuis plus de 2 ans il y a

Bonsoir ! Je ne comprends pas encore l’utilité de la loi sur les partis, puisque le Maroc a environ 30 partis jusqu’à présent. Je ne sais pas si le système multipartite existant reflète la réalité de la démocratie à laquelle les gens aspirent. Ne pouvons-nous pas parler de la recherche de mécanismes permettant le contrôle de la scène partisane au Maroc? Ce qui est certain c’est que les partis qui ont obtenu de faibles taux seront perdus dans les conseils municipaux, et ne seront même pas remarqués, et cela augmentera la faiblesse de tous les partis politiques et mènera à une répugnance envers la vie politique.

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Anonyme Depuis plus de 2 ans il y a

Bonjour, cher professeur. J’ai trouvé ce site par hasard, et j’ai été très heureux d’y trouver votre article. La nostalgie m’a ramené à l’époque où j’étais votre étudiant, quand vous répétiez constamment que le progrès ne peut être réalisé qu’en se basant sur la raison. Je me souviens que vous avez toujours répété que la loi seule ne peut pas changer la réalité. Vous vous demandez certainement pourquoi je reprends vos paroles maintenant, c’est tout simplement parce que vous avez appelé à reconsidérer la loi régissant les partis politiques. Alors pensez-vous, Monsieur, que la loi régissant les partis au Maroc est capable seule de contrôler la scène partisane s’il n’y a pas de volonté réelle de la part des partis?

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Anonyme Depuis plus de 2 ans il y a

Zineb: Que la paix soit avec vous, cher professeur. Après la campagne électorale et le jour du scrutin, voici les résultats définitifs des élections locales qui ont apporté des surprises et des attentes. Donner aux femmes une part de 12% des sièges leur a permis d’avoir 3406 conseillères au niveau national, ce qui est une bonne chose en soi. Et pour le second point que vous avez mentionné, à propos du parti Authenticité et Modernité ayant remporté le plus grand nombre de sièges, je pense que ce parti a été en mesure de remporter cette victoire malgré le fait qu’il est nouveau, parce que la plupart de ses membres proviennent d’autres partis anciens. Par conséquent, je ne pense pas que l’adoption d’un discours communicatif basé sur le réalisme, et l’introduction d’un grand nombre de candidats soient les raisons de la réussite du parti, autant que les soient le vote et la réussite qui ont été orientés vers le candidat lui-même et non pas vers le parti auquel il appartient. Quant à la gauche, son passage au gouvernement, sans réaliser ce que l’on attendait d’elle, lui a fait perdre une partie de sa crédibilité d’une certaine façon. En ce qui concerne la loi régissant les élections, je suis d’accord avec vous qu’elle devrait être revue, car le nombre des partis au Maroc a multiplié et doit être réexaminé. En outre, il y a le manque de participation à ces élections dans les grandes villes comme Casablanca (30%), et la communication des partis avec les habitants des zones rurales et des villages, c’est-à-dire l’exploitation des groupes vulnérables en particulier; tout cela ne sert que les intérêts des partis eux-mêmes.

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