Service de Magharebia
Par: Said Elakhal

Les élections locales, tenues le 12 Juin 2009, représentent un arrêt pour évaluer le processus démocratique que le Maroc suit sous le règne du roi Mohammed VI qui adopte un projet social, moderne et démocratique, et qui vise à rompre avec les expériences politiques négatives qui ont été appliquées par l’État à l’époque du feu roi Hassan II, et qui ont freiné la réhabilitation du champs politique et des partis pour plus de trois décennies. Cela nous permet de tirer d’importantes leçons des élections locales récentes:
1- La neutralité positive du Ministère de l’Intérieur: L’administration ne fait plus partie de la concurrence entre les parties, et n’est plus un facteur déterminant dans l’élaboration de la carte politique. Les observateurs internationaux qui ont participé au suivi des différents processus électoraux (la campagne électorale, le scrutin, le dépouillement et l’annonce des résultats) sont unanimes sur la neutralité de l’administration; en plus des mesures disciplinaires prises par le ministère de l’Intérieur à l’égard de 505 fonctionnaires qui ont violé le principe de neutralité.
2- L’intégration de la pratique de la démocratie en donnant aux citoyens la liberté totale d’exercer leur droit de vote pour le parti qui les a convaincu avec ses idées et son programme électoral, sans aucune pression, procrastination ou fraude.
3- La volonté politique de l’État de rendre la gestion des affaires locales une responsabilité partagée entre les citoyens et les partis politiques qui ont recommandé des candidats dans ces élections. Par conséquent, ces partis sont censés contrôler leurs conseillers dans les conseils locaux, et les orienter pour activer et concrétiser les programmes électoraux qu’ils ont présentés aux électeurs.
4- Les conditions réelles pour un développement durable résident dans la bonne gouvernance, dont les principaux apports sont la participation des candidats locaux en tant qu’acteurs clés dans le développement de programmes de développement local, ce qui rendra les municipalités locales une pierre angulaire dans le processus de développement économique, social et culturel, et la principale base de la consolidation de la démocratie locale et l’implication des citoyens dans la gestion des affaires locales; permettant ainsi aux municipalités de répondre aux exigences de la population et de leur fournir des services de qualité. La charte moderne collective fournit le cadre juridique de la bonne gouvernance.
5- L’importance de la participation des femmes dans la gestion des affaires locales par le biais d’une disposition légale qui alloue 12% des sièges dans les conseils municipaux aux femmes, et oblige les parties à désigner une liste indépendante de femmes avec ce ratio dans chaque circonscription, pour que les femmes puissent occuper au moins 3406 sièges, comparés à 127 sièges en 2003, et pour que le nombre de candidates puisse atteindre 20.000 et 458 candidatures (15,7% du total) comparés à 4,8% en 2003.
6- L’importance d’impliquer les jeunes, à travers le vote et la candidature, les mener à s’intéresser aux affaires publiques, et leur donner la possibilité de participer directement à la gestion des affaires locales, étant donné que le code électoral a baissé l’âge du vote à 18 ans, et l’âge de candidature à 21 ans.
7- La faiblesse des parties en ce qui concerne la formation des citoyens, puisque les partis traditionnels et historiques n’ont pas été en mesure d’atteindre le taux de 50% de couverture de circonscriptions, ce qui exige une remise en état des parties.
8- La transformation des partis en un facteur contribuant à la corruption des élections en désignant des individus riches et puissants qui attirent les électeurs, achètent les gens, et exploitent les besoins des pauvres; ce qui nous amène à un terrible paradoxe: plus l’Etat tente de maintenir l’intégrité des élections, plus les partis cherchent à les gâcher, tandis que se sont les partis qui ont toujours exigé la neutralité de l’État.
9- La confirmation des habitants des régions du Sahara récupéré de leur appartenance au Maroc, à travers leur participation aux élections, avec des taux qui ont été plus élevés que la moyenne nationale.
10- Les marocains sont encore réticents pour se réconcilier avec les boîtes de scrutin en raison de l’accumulation d’expériences négatives, et en raison du manque de confiance dans les partis.
Vos commentaires
commentsAnonyme Depuis plus de 2 ans il y a
Said El Maghrebi – La scène politique s’est légèrement améliorée par rapport à sa situation sous le règne de Hassan II, puisque l’État ne fait plus partie du conflit politique entre les partis. Toutefois, les partis n’ont pas bénéficié de cette amélioration, car ils privilégient leurs intérêts personnels et courent après les sièges du Parlement. Cette réalité concerne tous les partis, autant ceux qui se décrivent comme progressistes que ceux qui sont décrits comme étant administratifs et qui ont été créés par l’État dans le passé afin de diluer l’action politique. La confiance ne peut pas être restaurée dans les partis, sauf s’ils concrétisent l’action politique et punissent les personnes corrompues. Les partis qui recommandent des candidats corrompus et les désignent aux élections ne peuvent jamais construire une société moderne, ni créer un véritable développement.
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