Service de Magharebia
Par: Saloua Charfi

Depuis une bonne dizaine d’années les enseignants ont commencé à alerter le gouvernement et l’opinion publique en Tunisie sur la baisse de performance de l’apprentissage de la langue française et non pas des langues étrangères en général. Car, alors que le français décline, on constate un engouement pour la langue anglaise et espagnole essentiellement.
Les parents conscients des enjeux scientifiques et inquiets des plans de carrière de leurs enfants paient de plus en plus à leurs enfants des cours privés en langue anglaise et préfèrent inscrire les plus jeunes dans des écoles privées assez chères qui dispensent la langue anglaise depuis l’enseignement de base.
Des chercheurs tunisiens attestent que depuis une dizaine d’années ils n’ont pas été amenés à utiliser la langue française même en France où dès qu’il s’agit d’un congrès scientifique international la langue de travail devient l’anglais.
Ainsi des chercheurs au seuil de la retraite et désireux de poursuivre leur carrière scientifique se sont mis à apprendre l’anglais.
D’autres enseignants préfèrent l’école anglo-saxonne à l’école française dans des matières comme le journalisme ou la sociologie politique et sont ainsi amenés à traduire de la langue anglaise vers la française.
Des hommes d’affaires tunisiens se plaignent des difficultés d’ouverture vers des marchés africains ou asiatique en raison de leurs lacunes en communication en langue anglaise. Ils exigent de plus en plus des candidats aux postes qu’ils proposent, la maîtrise de la langue anglaise.
Il est donc nécessaire de préciser qu’en Tunisie le déclin de la performance en langues étrangères concerne essentiellement la langue française. Ce déclin est en fait le résultat du déclin de cette langue elle même qui ne véhicule plus assez les sciences et les technologies modernes.
Tout apprentissage nécessitant une motivation, on peut donc se demander ce qui pourrait motiver les tunisiens à continuer à apprendre une langue étrangère morte scientifiquement ?
Le gouvernement tunisien lui-même est conscient de cette lacune. Il vient de créer cette année une école supérieure des affaires (business school) où l’enseignement est dispensé en anglais et a décidé d’introduire l’enseignement de l’anglais dès la troisième année de base dans les écoles primaires.
Cette décision n’a soulevé aucune protestation, au contraire certains estiment que cette décision aurait du être prise plus tôt et s’interrogent même sur l’utilité de continuer à apprendre aux tunisiens la langue française dès la deuxième année.
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Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a environ un an
se sont les enseignants qui sont a l’origine de la mauvaise maitrise des langues étrangères au maghrèb et ceci pour deux raisons : 1/l’enseignant d’aujourd’hui ,n’est plus celui d’avant ni pédagogiquement ni au niveau bagage,il est mal formé et il nécessite un controle continu et sérieux. 2/meme si l’enseignant est bien forme ,et possède une bonne méthode d’enseigner ,il ne veut plus faire de son mieux dans la classe pour 4 raisons: A/l’élève aussi n’est plus celui d’avant(inattentif,négligeant,…et autres.) B/le surnombre des élèves dans une meme classe ce qui peut empècher le bon déroulement de la séance C/les inspecteurs doivent controler plus serieusement le travail des enseignants. D/les enseignants ne doivent plus compter trop sur les lecons particulieres , car ce n’est pas a la portée de tout le monde.
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Anonyme Il y a environ un an
Dans l’école Sadiki, ou l’éducation Sadiki, les élèves apprenaient le français très tôt depuis l’école primaire, tout comme aujourd’hui. Le problème ne réside donc pas dans le timing de l’apprentissage d’une langue étrangère, mais plutôt dans sa méthodologie, l’efficacité des enseignants, et la conviction des élèves de l’importance des langues.
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Anonyme Il y a 4 mois
Le bilinguisme est une calamité. Pourquoi la Chine n’enseigne-t-elle pas une langue étrangère à ses enfants ?
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Anonyme Il y a environ un mois
Parmi les raisons de l’absence de maîtrise d’une langue étrangère, j’en cite trois 1/ la famille et le niveau socio-culturel, 2/ le niveau scolaire ou pédagogique des enseignants, indifférents et non qualifiés dans la plupart des cas, qui ne transmettent pas cette idée aux élèves et parfois (je parle d’une expérience personnelle) sont trop imbus d’eux-mêmes et, au lieu d’enseigner, maudissent et insultent les élèves parce qu’ils ne comprennent pas, 3/ l’élève lui-même fait preuve de négligence, ou manque de capacité de compréhension…
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Anonyme Il y a environ un mois
D’un point de vue social, pourquoi les élèves s’éloignent-ils des langues étrangères dans les écoles ?
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