Service de Magharebia

Dans son discours adressé au monde arabo-musulman, le président américain Barack Hussein Obama a souligné que l’éducation et l’innovation seront la monnaie d’échange du XXIe siècle, et elles remplaceront les sources traditionnelles de la richesse économique, comme le pétrole par exemple. Toutefois, la question qui reste ouverte est : jusqu’à quel point les pays maghrébins vont-ils adhérer à cette tendance ? Ont-ils suffisamment de volonté pour améliorer l’éducation et l’innovation afin de fournir de nouvelles opportunités d’emploi aux jeunes ?
Avant de répondre à ces questions, il faut souligner deux points fondamentaux : premièrement, l’attitude de convergence ou de réconciliation apportée par le discours d’Obama avec le monde arabo-musulman, au moins verbalement et publiquement; et deuxièmement, la mise au point du président américain sur la centralité de l’individu et ses innovations comme une richesse économique alternative. Quant à notre principal problème, qui est de savoir s’il existe une volonté suffisante dans les pays maghrébins pour améliorer l’éducation et l’innovation, et créer de nouvelles opportunités d’emploi pour les jeunes, je pense personnellement que la volonté seule ne suffit pas, même si la plupart de ces pays l’ont, et cela est dû à plusieurs facteurs, notamment :
1 – L’inadéquation du système éducatif dans la plupart des pays du Maghreb avec les exigences actuelles.
2 – Les profondes différences dans les systèmes éducatifs de chaque pays en comparaison avec les autres.
3 – Les différences évidentes entre les systèmes politiques dans les pays de l’Union du Maghreb.
Tous ces facteurs restent sous des régimes qui ne font pas attention à l’individu, mais qui reposent généralement sur une politique de marginalisation et d’exclusion des jeunes chômeurs, et des employés de l’éducation qui reçoivent un salaire – d’environ 300 dollars américain par mois – qui peut à peine les nourrir. Alors, comment pourrait-on s’attendre à la créativité ou à l’innovation de leur part? Il y a aussi le danger de la pauvreté chez une grande partie des jeunes de ces pays, qui peut les conduire à avoir de mauvaises mœurs et les inciter à commettre des crimes, s’engager dans des aventures et embûches comme l’immigration illégale, ou adhérer à des mouvements terroristes, etc.
Je crois que s’il y a une volonté sérieuse de la part des régimes de ces pays pour réaliser les aspirations de leurs peuples d’une part, ou d’essayer de suivre le président américain dans sa nouvelle orientation d’autre part, ces pays devraient rompre complètement avec leurs politiques éducatives, et effectuer un nouveau nettoyage qui ne s’arrête pas aux frontières du changement du système éducatif seulement, mais qui atteint les corps professoral et non-professoral. Ils devraient également allouer la plus grande partie de leurs budgets à l’investissement dans la qualité et la quantité de l’éducation, et dans la création des instituts spécialisés dans la recherche scientifique ainsi que des institutions de formation professionnelle pour répondre aux préférences et volontés des étudiants, et encourager l’innovation.
Tant que ce n’est pas le cas, nous resterons en face de cette vision noire. Je dois dire que la plupart des ressources humaines dans notre région du Maghreb a été et restera l’otage de leurs programmes d’enseignement, qui diffusent l’ennui et l’imitation plutôt que l’apprentissage et l’innovation.
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Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a 11 mois
La constitutionnalisation de l’éducation et de la formation, notamment l’enseignement des droits de l’homme, de la démocratie et de la tolérance, sont l’introduction principale à toute construction démocratique et une immunité sociale et légale pour la protection des droits et libertés fondamentales des peuples, c’est aussi l’un des éléments les plus importants du système démocratique. La question de la construction démocratique que les jeunes nations après leur indépendance ne connaissaient pas jusqu’aux dernières décennies pose une question cruciale sur les circonstances et conditions pour une bonne transition démocratique réussie au delà de toute comparaison avec ses homologues qui ont accompagné la construction des anciennes démocraties. Ceci pose aussi le problème de la créativité pour la mise en place d’une base légale pour certains cas pouvant être considérés comme des questions partiellement réglementaires (à tort, bien sûr) lors d’un projet de nouvelle constitution. Le développement scientifique après la deuxième guerre mondiale et les révolutions qui s’en sont suivies dans le domaine des medias et de la communication a réduit de manière significative, de longues étapes historiques aux jeunes sociétés et aux jeunes nations, des étapes que les peuples des anciennes démocraties ont vécues et pour lesquelles ils ont fait des sacrifices énormes durant plusieurs siècles. Aussi, les transformations idéologiques qui sont nées de ces développements et révolutions ainsi que la croissance rapide du niveau de conscience des peuples qui sont aussi liées à leur liberté de contrôler leur destin et de développer leurs conditions. Elle concerne aussi le renouvellement de leur vision de leurs composantes culturelles riches et variées et l’approfondissement de leur compréhension de leurs identités. En plus de la réalité de la crise dans notre système éducatif depuis des décennies, qui vacille entre occidentalisation et arabisation, et les expériences de laboratoire, ‘les reformes’ l’impasse que la Charte nationale pour l’éducation et la formation et son compagnon le Plan d’urgence ne pouvaient traiter. La question de l’éducation dans les conditions mentionnées ci dessus dans le cadre de notre participation à un travail historique consistant à développer un document cadre pouvant devenir comme les documents de la gouvernance démocratique va la mettre face à une grande responsabilité afin de donner à l’éducation la place qu’elle mérite. Dans le cadre de tentatives pour sortir le système de l’éducation de sa crise étouffante, nous sommes supposés, bien plus que par le passé, donner à l’éducation et à la formation la place qu’elles méritent.
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