Service de Magharebia
Par: Mohamed Mohamedou Khattat

Dans nos sociétés arabes et musulmanes, en particulier du Maghreb, la femme a toujours été conditionnée, l’interprétation religieuse aidant, par nos comportements traditionnels qui la confinaient dans un rôle de gardienne de nos valeurs traditionnelles, de femme au foyer soumise à son mari, toute préoccupée par la procréation et l’éducation des enfants.
Ainsi, elle a longtemps été en retrait par rapport au rôle de l’homme, chef incontesté de la famille dont il est la machine à sou, le détenteur du pouvoir et le seul responsable.
Certes, la Tunisie a été le pionnier dans la libération et l’émancipation de la femme en ce sens que, dès 1956, c’est-à-dire bien avant l’indépendance de la plupart de nos Etats maghrébins, ce pays lui a accordé autant de droits que l’homme.
Ce renversement de la vapeur a non seulement pesé sur le rapport dans la famille tunisienne qui a connu une véritable révolution, mais il a également fait des émules dans la région, l’infiltration des valeurs occidentales et les mutations sociales imposées par le progrès et la modernité finissant par bousculer les traditions même dans les foyers les plus conservateurs.
Il s’agissait alors de prendre des mesures de « discrimination positive » en faveur des femmes, en démocratisant l’enseignement, en mettant en place de programmes de santé pour la mère et l’enfant, en introduisant la politique de planification familiale, etc. Cela est d’autant plus vrai que dans nos pays du Maghreb, la femme constitue la moitié de la population (52% en Mauritanie et autant en Tunisie, au Maroc) et ne peut être mise à l’écart.
D’où les politiques volontaristes des pouvoirs ici et là avec des « Code du statut personnel » et autres « Moudawana », des stratégies pour la promotion de l’égalité à travers l’intégration et la mise en œuvre de l’approche Genre, la promotion des femmes aux postes de responsabilités (fonctions électives et nominatives).
En Mauritanie, la situation de la femme a connu une nette amélioration avec l’adoption en 2001 d’un Code du Statut Personnel offrant aux femmes de nombreuses opportunités d’émancipation, et l’émergence d’une société civile en plein développement, dans laquelle les femmes occupent une place de choix.
Cela s’est répercuté principalement sur l’éducation primaire avec l’adoption par l’Assemblée Nationale en 2002, d’une loi qui rend obligatoire l’enseignement des enfants, y compris celui des filles de 6 à 14 ans. Mais cela a également eu un impact direct sur l’emploi, la participation politique (un quota de 20% est accordée aux femmes sur les listes électives) et l’engagement social (innombrables sont les femmes engagées dans la société civile), et, grâce au Code du Statut Personnel, une justice spécialisée dans les affaires de familles a vu le jour.
C’est dire qu’au cours des deux dernières décennies, l’impact des telles mesures a été grand pour favoriser le respect de la dignité de la femme dans le cadre du respect des droits de l’Homme tels qu’universellement reconnus.
Et comme la discrimination envers les femmes est un frein majeur au développement économique et social de nos pays maghrébins, il s’agit à présent de rattraper à grands pas le temps perdu en favorisant la connaissance par les femmes de leurs droits et en leur offrant toutes les chances de participer activement, sur décision personnelle librement prise, à tous les types d’activités humaines, en dehors du cadre familial, sur un pied d’égalité avec leurs homologues de sexe masculin.
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Vos commentaires
commentsAnonyme Il y a environ un an
Je tiens par ce commentaire à me joindre à mon frére Ould Khattat pour dire qu’une société ne peut pas avancer avec l’effort de sa moitié et que la gestion des foyers est plus rigoureuse chez les femmes. Par exemple si un homme se rend au marché pour faire des amplettes il utilise beaucoup plus d’argent que la femme.
Mr Med Mahmoud votre article est excellent Machâa Allah.
SOW Mamoudou Elimane/Sélibaby /Mauritanie
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Anonyme Il y a environ un an
Merci Mr Khattat et bonne fête à tous
Je pense que nous devons tous insister sur la scolarisation de toutes les filles entre 6 et 14 ans jusqu’à la sixième année du primaire au minimum. Si cela est réalisé, nous pourrons dire que nous sommes entrain d’avancer.
Insistons sur cette scolarisation des filles. VITE VITE VITE…Car le temps file et nous sommes resté très en arrière “EBGUEINE VELHEVRA” comme dit l’adage en hassania.
Dr Mokhtar NDIOUBNANE
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