Il n'est de richesse que d'hommes

Mahmouad_belhimer-250 Par: Mahmoud Belhimer

Zawaya090610

Si nous analysons les discours politiques dans les pays du Maghreb, nous constaterons qu’ils ne sont pas différents de ce que le président Obama a soulevé dans son discours devant le monde musulman. Toutefois, le discours ne suffit pas tout seul; s’il n’est pas accompagné par des mesures pratiques afin de créer un environnement adéquat pour l’éducation et l’innovation, il restera un simple mirage.

En discutant la question de l’existence – ou absence – d’une volonté suffisante pour s’occuper de ces domaines, nous devons examiner toutes les dispositions prises et les moyens utilisés dans ces secteurs par rapport aux possibilités existantes, sans oublier d’évaluer les résultats.

Au début, il n’était pas facile pour les pays du Maghreb arabe, y compris l’Algérie, de réussir à se débarrasser des résidus de la politique coloniale de propagation de l’ignorance, vu que le nombre de diplômés universitaires au début des années 60 a été très limité. Pendant les trois décennies suivantes, le système de formation élaboré a pu produire une élite de gestionnaires qui occupent des postes clés dans les grandes institutions, mais le niveau de ce même système a diminué aujourd’hui.

Il convient également de noter que les dirigeants marocains ont tardé à comprendre les vrais enjeux du monde d’aujourd’hui, vu que le vrai capital n’est pas les ressources naturelles, mais plutôt le capital humain. Investir dans ce facteur conduira sans aucun doute à la production de richesse et bien-être permanents. Les systèmes de formation sont restés au-dessous du niveau international dans le domaine de l’organisation, surtout avec les développements scientifique et technologique que connaît le monde aujourd’hui.

Plusieurs facteurs ont conduit à cette situation, à savoir : le surpeuplement, le manque de formateurs, la fuite des cerveaux, un système d’organisation stérile et bureaucratique, en plus de la fragilité de l’économie et l’absence d’une relation forte entre l’économie et les institutions de formation.

En Algérie par exemple, plus d’un million d’étudiants étudient dans plus de 30 universités, avec environ 400.000 diplômés chaque année, mais la surpopulation par rapport aux structures d’accueil et les possibilités de formation conduit à la baisse du niveau de formation. Les nouveaux diplômés ont également de grandes difficultés à dénicher un emploi dans leur domaine de spécialisation.

La question que les responsables de formation dans les pays maghrébins doivent se poser constamment est la suivante : Quelle est notre contribution à la production scientifique et technologique et à l’innovation en comparaison avec d’autres pays du monde ? Effectuons-nous la formation pour répondre aux besoins de notre économie en termes de main-d’œuvre et de formateurs, ou sommes-nous juste entrain d’anéantir l’analphabétisme des énormes ressources humaines que nous possédons pour les laisser face à l’inconnu par la suite ?!

Ce qui est urgent aujourd’hui est la réforme de l’économie, car une économie fragile ne peut pas contenir une nouvelle main d’œuvre, et elle jette ainsi les nouveaux diplômés à l’enfer du désespoir. Cela nécessite l’adaptation de la formation aux exigences du marché du travail, ainsi que l’accélération du rythme de la création des institutions et activités visant à accueillir un grand nombre de jeunes.

Cela ne se produira pas tant que la vision des autorités concernant la recherche scientifique ne change pas, pour en faire un secteur stratégique dans lequel ils investissent une proportion significative du produit intérieur brut, au lieu de la considérer comme une " politique sociale ". Tout dépend des discussions libres et sérieuses entre toutes les parties prenantes sur les moyens les plus efficaces pour construire un système de formation performant.

Vos commentaires

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Anonyme Il y a plus de 2 ans

N;Algerie
Je suppose que vous avez evoquè la question clè dans la concrètisation de la politique de l’innovation dans la region du grand Maghreb qui est l’investissement dans les ressources humaines .
Il est vrai que les richesses naturelles en Algerie (petrole) entre autres devraient normalement permettre de realiser une economie florissante,mais ceci a engendrè une dependence totale lieè a cette richesse et freinè l’emergence d’une strategie durable et fiable, trainant des systemes precaires qui gennent l’epannouissement du secteur privè qui malgrè les encouragements continue a souffrir d’un systeme bancaire traditionnel.
Il est vrai aussi que l’acceè a l’education est gratuit mais avec des pogammes non orientès vers l’innovation,luniversitè considerèe comme un espace de recherche et de creation devient un centre de delivrance de diplomes incompatibles aux exigences du marchè de travail,et les plus billants des dipomès servent de chercheurs potentiels aux pays offrant plus de chance ..
Pour conclure,je pense que l’adaptation des strategies importeès qui ne repondent pas aux donneès locales ,aboutissent forcèmet aux echecs repètès .

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